1. / Maladies
  2. / ORL

Perdre son nez : l'odorat en moins

Vous êtes devant votre assiette et vous humez son contenu. Vous réalisez soudain que vous ne percevez plus aucune odeur. Vous êtes victime d'une perte d'odorat qui peut se conjuguer à une perte du goût, également appelée anosmie. Un dysfonctionnement qui toucherait un million de personnes.

Rédigé le , mis à jour le

Perdre son nez : l'odorat en moins
Perdre son nez : l'odorat en moins
Sommaire

Comment fonctionne l'odorat ?

Benoît Thevenet et Michel Cymes vous expliquent comment fonctionne l'odorat.

Parfum de rose, odeur de transpiration… Toute la journée notre odorat est actif sans que nous en soyons vraiment conscient. Notre système olfactif nous permet de détecter d'innombrables odeurs et d'en apprendre sans cesse.

L'organe de l'odorat se situe dans la partie haute de la cavité nasale. Il est composé d'une muqueuse olfactive qui ne fait que cinq centimètres carrés, elle concentre des millions de cellules capables de reconnaître plus de 10.000 odeurs. 

Cette muqueuse est tapissée de cils et de mucus qui vont capter les molécules odorantes. Une fois diluées, ces molécules migrent dans des fentes et activent les récepteurs olfactifs. Grâce à des terminaisons nerveuses, ils transmettent l'information au niveau du bulbe olfactif. Le message électrique suit alors son chemin grâce au nerf olfactif jusqu'au centre d'analyse pour identifier l'odeur (au niveau du lobe temporal).

Les troubles de l'odorat apparaissent quand ce circuit est altéré. Il peut s'agir d'un problème de transmission. Un obstacle empêche les molécules odorantes d'atteindre la partie sensible du nez, autrement dit les récepteurs olfactifs. Il peut s'agir par exemple d'un polype ou une rhinite.

Il peut aussi s'agir d'un problème de perception. Dans ce cas, l'odeur est captée mais l'information nerveuse n'est pas transmise au cerveau. Parmi les causes, une lésion sur le trajet nerveux, entre les cellules et le centre olfactif. Traumatisme, intervention chirurgicale, intoxications médicamenteuses... peuvent en être la raison.

Quand les odeurs disparaissent…

Pour évaluer la perte d'odorat, les patients se livrent à des tests

Parfois, le système olfactif ne fonctionne pas très bien. C'est ce que l'on appelle les troubles de l'olfaction ou dysosmie qui sont essentiellement de deux types :

  • les troubles quantitatifs comme lorsque l'odorat diminue de façon importante (hyposmie) ;
  • les troubles qualitatifs, quand on perçoit une mauvaise odeur (cacosmie), ou une odeur déformée (parosmie) ou encore une odeur qui n'existe pas (phantosmie).

Et quand vous perdez totalement l'odorat il s'agit de l'anosmie. Dans 85% des cas, quand on perd l'odorat, on perd également le goût (c'est l'agueusie).

En cas de troubles de l'odorat, l'ORL peut proposer des tests d'olfactométrie afin d'évaluer l'importance de ces troubles. Ces altérations peuvent être dues à des traumatismes ou des maladies comme des allergies ou des rhumes.

L'enregistrement du potentiel évoqué olfactif

Comment se déroule l'enregistrement du potentiel évoqué olfactif ?

Quand les causes d'un trouble de l'odorat sont identifiées, il est important de réaliser des tests olfactifs pour évaluer le niveau de perception et de reconnaissance des odeurs. Un de ces tests est le potentiel évoqué. L'objectif est de s'assurer que le circuit olfactif n'est pas endommagé au niveau du cerveau.

Pour réaliser cet examen, des électrodes posées sur le patient vont enregistrer les activités électriques de son cerveau. Une canule est également posée, elle permet d'appliquer de petites bouffées d'odeurs. Le patient a alors deux boutons, un dans chaque main, pour indiquer si oui ou non il sent l'odeur.

"Avec cet examen, on teste si le signal électrique passe bien, depuis les cellules de la cavité nasale jusqu'au cerveau (…) Au moment de la perception odorante, on s'attend à une activité forte à la base du lobe frontal", explique Didier Trotier, chercheur du CNRS.

Le potentiel évoqué est un examen assez long car le patient doit répondre plusieurs dizaines de fois s'il sent ou non une odeur. Une fois les enregistrements effectués, ils sont compilés pour obtenir une sorte de profil moyen, ce qui permet de savoir si le signal olfactif est altéré au niveau du cerveau.

Les patients doivent attendre quelques jours connaître les résultats des tests. Ils détermineront l'intérêt ou pas d'une rééducation.

Des ateliers olfactifs pour stimuler la mémoire

Objectif des ateliers olfactifs : utiliser des odeurs bien connues par les patients pour les stimuler.

La perte d'odorat a plusieurs origines potentielles. Elle peut provenir de sinusites ou de rhumes (26% des cas), de polype des fosses nasales (10%), d'excès de tabac, de l'utilisation de certains médicaments comme les psychotropes. Elle peut également provenir d'une destruction des organes sensoriels à la suite d'une tumeur ou d'un traumatisme crânien...

L'odorat peut aussi être la porte d'entrée pour stimuler d'autres fonctions. L'hôpital Raymond Poincaré de Garches organise des ateliers olfactifs pour stimuler la mémoire chez les malades atteints de troubles neurologiques, en collaboration avec les orthophonistes.

À la recherche des odeurs perdues

Exploration dans les fosses nasales…

En plus d'un rhume chronique, Carole a souffert de crises d'asthme à répétition. Elle a consulté un pneumologue qui a pris très au sérieux sa perte d'odorat et lui a suggéré une consultation ORL.

L'école du nez

Comment les élèves apprennent-ils à reconnaître les odeurs ?

Dans cette école, le premier exercice est de sentir, encore et toujours, des centaines d'odeurs et de parfums.

Mais attention, si le nez est naturellement au coeur de cette formation, elle mobilise tout autant le cerveau...

Besoin d'un conseil médical ?

Service proposé par

 logo MesDocteurs

Sponsorisé par Ligatus

Voir aussi sur Allodocteurs.fr

Besoin d'un conseil médical ?

Nos médecins partenaires répondent à vos questions immédiatement 24h/24