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Arrêt du tabac : pourquoi pas la cigarette électronique ?

Il y aurait en France au moins 500.000 "vapoteurs", des utilisateurs de cigarettes électroniques. Ces cigarettes électroniques font d'ailleurs de plus en plus d'adeptes et soulèvent de nombreuses questions chez les spécialistes : sont-elles un bon substitut au tabac et doivent-elles être considérées comme un véritable produit de sevrage ? 

Rédigé le , mis à jour le

Arrêt du tabac : pourquoi pas la cigarette électronique ?
Arrêt du tabac : pourquoi pas la cigarette électronique ?
Sommaire

Qu'est-ce qu'une cigarette électronique ?

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent la composition d'une cigarette électronique.

Aujourd'hui, en France, on compte près de trois millions de vapoteurs, dont 1,5 million de vapoteurs quotidiens. De nombreux fumeurs ont adopté la cigarette électronique ces dernières années, généralement dans le but de réduire ou d'arrêter leur consommation de tabac. Alors que la e-cigarette n'est ni un médicament, ni un dispositif médical - comme les patchs ou les gommes à mâcher - ce marché a explosé avec plus de 2.000 boutiques spécialisées à travers la France.

Composition d'une cigarette électronique. Les cigarettes électroniques sont toujours composées de trois parties :

- Une pile ou une batterie rechargeable : la plupart du temps, elle correspond à la plus grande partie de l'e-cigarette sur les produits jetables. Sur les cigarettes réutilisables, il s'agit d'une batterie basse tension qu'on recharge avec un câble USB ou un chargeur.

- Un dispositif qui contient le fameux "e-liquide". Il peut s'agir d'une cartouche ou d'un réservoir. Le liquide contient du propylène glycol ou du glycérol, des arômes, parfois des colorants… La nicotine n'est pas toujours présente.

- Un atomiseur. C'est une résistance chauffante qui permet de convertir le liquide en brouillard simulant la fumée. L'atomiseur est surmonté d'une micro-valve.

- Eventuellement une diode.

Le liquide, aussi appelé e-liquide, est composé de propylène glycol et de glycérol végétal (des solvants qui permettent de générer de la vapeur), éventuellement d'arôme et de nicotine à différentes concentrations.

À ce sujet, des analyses menées par la FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) et l'université Queen Mary de Londres ont démontré qu'à peine 20% des cigarettes électroniques testées présentaient une teneur en nicotine égale à celle annoncée. Difficile donc de savoir ce qu'on inhale vraiment.

Cigarette électronique : un marché florissant

Quelles sont les différences entre la cigarette achetée en boutique et la cigarette vendue par le pharmacien ?

Le but des cigarettes électroniques est de simuler l'acte de fumer du tabac, puisque ces petits appareils produisent de la vapeur, mais ne font pas de fumée.

Il existe plusieurs sortes de cigarettes électroniques mais la plupart ressemble à une cigarette, avec un petit réservoir dans lequel on glisse une recharge qui contient ou non de la nicotine et qui peut aussi contenir des arômes.

Pour se procurer une cigarette électronique, plusieurs solutions : des boutiques spécialisées, des sites Internet, ou encore certaines pharmacies. On compte environ 150 boutiques spécialisées dans la vente de cigarettes électroniques en France. Elles ne connaissent pas la crise mais peuvent craindre une concurrente de poids : la pharmacie. Sur les étals, entre l'aspirine et les pastilles pour la gorge, on trouve depuis quelques mois un inhaleur. Cet inhaleur est produit par un poids lourd de l'électronique médical, qui donne aussi dans le biberon, le thermomètre ou le mouche-bébé.

Si on trouve cette cigarette électronique en pharmacie, elle n'a pas encore été validée en tant que dispositif médical par l'ANSM. Elle présente un marquage CE, ne contient pas de propylène glycol, un émulsifiant très répandu mais de la glycérine végétale. En l'absence de contrôle sur ce marché, il n'en faut pas plus pour convaincre certains pharmaciens comme le confirme Johannes Heiderijk, pharmacien : "le fait de l'acheter en pharmacie garantit un sérieux du produit. Et si vous achetez la cigarette électronique dans d'autres magasins, vous n'avez pas la garantie d'un produit bien élaboré".

Cette cigarette n'est pas considérée comme une aide au sevrage tabagique mais nuance, comme une aide au sevrage de la gestuelle tabagique. Elle a fait l'objet d'une étude clinique sur 150 personnes dans trois pays. Dans 70% des cas, la cigarette électronique a été jugée efficace dans cette indication. En France, le club des vapoteurs ne cesse de grandir, près de 50.000 personnes ont craqué pour la cigarette électronique.

Cigarette électronique : des composants sous surveillance

Les e-liquides contenus dans la cigarette électronique sont-ils sans danger ?

Nicotine, propylène glycol, arômes... La cigarette électronique contient différents éléments dont on ne connaît pas toujours bien les propriétés et la toxicité éventuelle. Que sait-on de l'effet des ingrédients de la cigarette électronique ?

Des boutiques qui s'implantent à tous les coins de rue, des argumentaires de vente accrocheurs, et un produit en plein essor… Un Français sur cinq a déjà testé la cigarette électronique.

Les arômes sont attractifs mais la cigarette électronique n'est pas anodine. Pour générer la vapeur, elle contient des solvants comme l'explique Rachel Gafsou, conseillère de vente : "Un e-liquide est principalement composé de propylène glycol, de glycérine végétale, d'arômes alimentaires et de l'eau. Certains fabricants rajoutent de temps en temps de l'alcool pour préserver les arômes". Le vapoteur peut ensuite choisir d'y ajouter ou non de la nicotine en fonction de ses besoins.

De nombreux utilisateurs aimeraient toutefois se voir dissiper le brouillard autour de la cigarette électronique. Des laboratoires analysent les cigarettes électroniques à la demande de fabricants, de revendeurs et d'organismes indépendants. En récupérant les vapeurs générées par le dispositif, les chercheurs peuvent analyser les produits qui se forment lors du chauffage.

Le chauffage génère un phénomène d'oxydation et l'apparition de molécules. Selon une analyse commandée par le magazine 60 millions de consommateurs, certaines sont cancérigènes à long terme, mais dans des proportions moindres que les cigarettes classiques.

Une autre analyse permet de mesurer le taux de nicotine quand la cigarette est censée en contenir : "Il peut y avoir des cas où il y a des écarts, explique Laurent Dutertre, responsable de l'unité tabacs et produits connexes au laboratoire national de métrologie et d'essais (LNE). Il peut y avoir des produits pour lesquels on retrouve de la nicotine lors des analyses alors que la nicotine n'est pas mentionnée sur l'emballage. Il peut aussi y avoir des quantités de nicotine plus fortes ou plus faibles que ce qui est indiqué sur les conditionnements".

En l'absence d'une réglementation claire, il est compliqué de contrôler drastiquement tous les modèles d'e-cigarette et leurs liquides dont les effets à long terme sont encore mal connus. Selon le Pr Narbonne, toxicologue, "la cigarette électronique est d'abord un substitut à la cigarette qui évite d'avoir tous les goudrons cancérigènes qui sont d'ailleurs la source principale d'effet sanitaire car c'est le cancer du poumon qui "tue" le plus les fumeurs de tabac".

Le Pr Narbonne précise toutefois que ce produit contient "une infinité d'associations de composés différents", qui réclame d'avoir "une réglementation, une clarification sur les produits autorisés pour les cigarettes électroniques".

Ni produit du tabac, ni dispositif médical, la cigarette électronique manque encore d'encadrement même si les professionnels du secteur souhaitent l'instauration d'un label pour que les vapoteurs s'y retrouvent.

De son côté, la Direction générale de la santé a commandé une étude sur la composition de la cigarette électronique. Ses conclusions permettront peut-être d'y voir plus clair.

Cigarette électronique : des normes pour une meilleure sécurité

Les normes actuelles et à venir...

Des e-liquides aux saveurs variées, différents modèles de vapoteuses… Pas toujours facile de s'y retrouver pour les consommateurs. En avril 2015, des normes sont venues encadrer ce nouveau marché.

Menthe ou café pour les traditionnels, crumble ou barbe à papa pour les plus gourmands… Au total, plusieurs milliers de saveurs de e-liquide sont disponibles. Des saveurs très variées mais aussi des modèles de cigarettes électroniques très différents. La sécurité et la qualité de ces produits sont-elles garanties pour le consommateur ? Pour y répondre, les différents acteurs du marché ont souhaité la mise en place de normes.

"Ces normes résultent d'une volonté partagée de sécuriser les produits mis sur le marché et d'apporter toutes les garanties de qualité aux consommateurs. La cigarette électronique est un produit nouveau et il y a encore beaucoup de questions quant à son impact en terme de santé", explique Rémy Parola, coordinateur de la Fédération interprofessionnelle de la vape. Pour mettre en place ces normes, plusieurs tests ont été nécessaires. Dans des laboratoires, des cigarettes électroniques et leurs liquides ont été contrôlés.

Risque de surchauffe et d'explosion, toxicité des liquides… tout a été passé au crible. Résultat : deux normes ont vu le jour en avril 2015. "La première norme concerne le matériel donc la cigarette électronique, notamment sur le fait que la batterie réponde à toutes les normes existantes, sur le fait qu'il n'y ait pas de bord coupant, tranchant. Lorsqu'il y a une chute, que cette chute n'occasionne pas de dommage ou qu'il y ait ensuite une vérification. Et enfin un réglage par rapport à la puissance, le fait d'informer le consommateur sur les conditions d'utilisation", précise Rémy Parola.

La deuxième norme concerne, elle, le liquide : "Nous avons déterminé par exemple une liste d'ingrédients, de composants ou de métaux qui ne devaient pas être utilisés à la fois dans le e-liquide et son contenant".

À l'automne 2015, c'est la quantité et la composition de la vapeur qui feront l'objet d'une nouvelle norme. Des normes dont l'application reste sur la base du volontariat. Pour aiguiller le consommateur, un label NF devrait prochainement figurer sur les étiquettes des produits normalisés. Ainsi, pour savoir si le produit respecte les normes, vérifiez qu'il comporte bien sur l'étiquette la norme NF.

Cigarette électronique : un sevrage en douceur

Arrêter de fumer avec la cigarette électronique

Pour arrêter de fumer, jusqu'alors on pensait aux patchs, aux gommes ou à divers traitements… Mais aujourd'hui, bien qu'elle n'ait rien d'un médicament, la cigarette électronique est souvent utilisée pour favoriser une réduction progressive de la consommation de tabac. Pour se sevrer en douceur, la cigarette électronique peut être associée avec tous les substituts nicotiniques (patchs, gommes...).

Même si elle est très accessible, il peut être pertinent de consulter un tabacologue lorsqu'on l'utilise. Les échecs étant nombreux, il est important de prendre conseil auprès de vapoteurs ou de tabacologues qui connaissent bien la cigarette électronique.

Selon une récente étude, le sevrage tabagique totale reste la première motivation des fumeurs qui testent la cigarette électronique.

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