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Que faire en cas d'arrêt cardiaque ?

En cas d'arrêt cardiaque, il n'y a pas une minute à perdre. Face à quelqu'un qui perd connaissance et ne respire plus, chaque seconde compte. La première chose à faire est donc d'appeler les pompiers (18) ou le Samu (15). En attendant les secours, le massage cardiaque s'impose. Un geste simple qu'il faut pratiquer sans hésiter. Les explications avec le Dr Gérald Kierzek, urgentiste.

Rédigé le , mis à jour le

Que faire en cas d'arrêt cardiaque ?

- Chronique du Dr Gérald Kierzek, urgentiste, du 18 avril 2012 -

  • Qu'est-ce qu'un arrêt cardiaque ?

L'arrêt cardiaque comme son nom l'indique est un arrêt brutal, inopiné, du fonctionnement du cœur. Ces arrêts cardiaques autrement appelés mort subite entraînent chaque année en France près de 50 000 décès (une centaine par jour). L'arrêt cardiaque peut toucher n'importe qui, même s'il est plus fréquent chez les hommes de plus de 55 ans et il est souvent une complication d'un accident cardiaque comme l'infarctus du myocarde. L'arrêt cardiaque peut aussi être causé par d'autres anomalies cardiaques.

Plus de 70 % de ces accidents surviennent à domicile, le reste sur la voie publique ou dans des lieux publics. Une grande partie d'entre eux a lieu devant des témoins qui le plus souvent ne savent pas pratiquer les gestes adaptés. Du coup, le sang qui transporte l'oxygène ne circule plus, en particulier au niveau du cerveau et du cœur et les lésions du cerveau deviennent irréversibles en quelques minutes. Si on agit vite, en pratiquant les gestes qui sauvent (massage, défibrillation), le cœur peut repartir évitant ainsi de lourdes séquelles, voire la mort. C'est la réanimation cardio-pulmonaire (RCP).

  • Comment reconnaître un arrêt cardiaque ?

La personne s'effondre ou vient de s'effondrer brutalement. Elle est inerte et le plus souvent allongée sur le sol. Comme dans toute situation de porter secours, il faut s'assurer qu'il n'existe aucun danger environnant : si tel est le cas il faut s'en protéger (débrancher le courant,…). On constate immédiatement l'absence des signes de vie :

  1. La victime est inconsciente : elle ne répond pas quand on lui parle, n'émet aucun son et ne réagit pas quand on lui demande par exemple de serrer la main. Il faut alors demander de l'aide et crier "à l'aide".
     
  2. On vérifie ensuite sa respiration. En cas d'arrêt cardiaque, la victime ne respire pas : ni le ventre, ni la poitrine ne se soulève. Au besoin vérifier l'absence de mouvements en posant la main sur le ventre, au-dessus du nombril. Une victime inconsciente qui ne respire pas, est en arrêt cardiaque. Elle a besoin immédiatement d'une réanimation cardio-pulmonaire ou RCP.
  •  Pouvons-nous ensuite appeler les secours ?

Il y a trois gestes à faire : appeler, masser et défibriller :

  1. Appeler : pour déclencher très rapidement les secours spécialisés et gagner du temps dans la prise en charge, demandez aux témoins d'alerter ou si vous êtes seul faites le vous-même. 15, 18 ou 112 en disant "arrêt cardiaque" et commencez la réanimation. Profitez-en pour demander à la personne qui alerte de revenir avec un défibrillateur.
     
  2. Masser : il faut débuter immédiatement le massage cardiaque en attendant la mise en place d'un défibrillateur. Le massage cardiaque consiste à appuyer régulièrement et fermement sur le thorax d'une victime. Ces compressions thoraciques font circuler le sang dans le corps lorsque le cœur ne peut plus le faire lui-même.

- Victime allongée sur le dos, par terre, on se place à genoux auprès de la victime.
- On place le talon d'une main au centre de la poitrine, strictement sur la ligne médiane, jamais sur les côtés et l'autre main au-dessus de la première et on appuie de 4 à 5 cm bras tendus, coudes non fléchis.
- On relâche immédiatement la pression pour que la paroi remonte (décompression). La poitrine doit reprendre sa dimension initiale après chaque compression.
- On réalise le geste 100 fois par minute selon le rythme de la chanson "Staying alive" des Bee Gees.

  • Comment utiliser un défibrillateur ?

Lorsqu'une personne est victime d'un arrêt cardiaque de survenue brutale, le cœur peut être relancé par un choc électrique délivré par un défibrillateur que l'on trouve maintenant partout (train, avion, lieux publics…). L'objectif est de détecter une fibrillation, c'est-à-dire une contraction anarchique du cœur.

- On ouvre le défibrillateur et on suit les instructions vocales.
- Coller les électrodes : une sous la clavicule et l'autre sous le sein gauche.
- Connecter le câble.
- Une fois connecté, le défibrillateur indique qu'il réalise une analyse du rythme cardiaque et qu'il ne faut pas toucher la victime. Cette analyse dure quelques secondes. Il est important de ne pas toucher la victime pour ne pas perturber l'analyse.

Ensuite deux possibilités :

- Choc recommandé : l'appareil choque ou propose de choquer (suivant qu'il est entièrement automatique ou semi-automatique) ; on appuie alors sur le bouton qui clignote. Ne pas toucher la victime.
- Choc non recommandé : on reprend le massage cardiaque.

  • Jusqu'à quand faut-il poursuivre ?

Jusqu'à l'arrivée des secours ou une réaction de la victime. Donc pour résumer, il faut reconnaître l'arrêt cardiaque : la victime s'effondre, ne répond pas, ne respire pas.

Trois gestes simples indispensables :

  1. Appeler ou faire appeler le 15, 18 ou 112 en prononçant "arrêt cardiaque".
  2. Masser 100 fois par minutes : appuyer et relâcher alternativement en mettant les mains l'une sur l'autre au milieu de la poitrine.
  3. Défibriller : les électrodes sont collées sur la poitrine nue de la victime.

 

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