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Les séquelles après un AVC

Troubles de la marche, de la mémoire ou de l’équilibre… Les séquelles des Accidents Vasculaires Cérébraux (AVC) sont fréquentes et impactent souvent la vie quotidienne. Mais il est possible de prévenir ces accidents et d’en limiter la gravité. C’est ce qu’indique une étude publiée mardi 10 janvier 2012 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’INVS (Institut National de Veille Sanitaire).

Rédigé le , mis à jour le

Entretien avec le Pr. Mathieu Zuber, chef du service de neurologie au groupe hospitalier Paris Saint-Joseph, invité dans Le Magazine de la santé du 10 janvier 2012

470.000 personnes en France auraient déjà fait un AVC et les deux tiers ont toujours des séquelles. C'est l'un des chiffres de l'étude de l'INVS. Ces attaques, qui correspondent à un arrêt de la circulation sanguine dans le cerveau, sont en France la troisième cause de mortalité chez les hommes et la première chez les femmes. Mais selon l'équipe de chercheurs, le "fardeau du handicap dû aux AVC" reste mal connu dans la population générale en France.

L'article rappelle d'abord les chiffres de la population de Dijon (qui fait référence car il existe un registre des personnes victimes d'AVC) : 41 % des survivants n'ont plus de symptômes un mois après l'AVC, 25 % présentent un handicap léger ou modéré et 34 % ne peuvent pas marcher sans assistance. L'étude évoque également l'importance du nombre de dépressions après un AVC.

La fréquence des antécédents d'AVC dans la population est de 1,2 % et celle des séquelles de 0,8 %. Les séquelles les plus fréquentes sont les troubles de l'équilibre et de la mémoire (50 et 42 % des personnes qui restent handicapées), les atteintes motrices d'un ou de plusieurs membres (37,2 %) pouvant les empêcher de parcourir une distance à pieds de 500 mètres (dans 42 % des cas). On note aussi l'importance des troubles du langage ou de l'articulation (33,9 %), troubles visuels (23,1 %), troubles sensitifs (19,6 %), incontinence urinaire (16,5 %) et troubles de la déglutition (13,3%). Enfin, plus d'une personne sur dix ayant des séquelles d'AVC habite en institution.

Comment prévenir ces accidents vasculaires cérébraux ?

Tout d'abord en prenant en charge les différents facteurs de risque : il faut correctement traiter son hypertension artérielle (principal facteur de risque), le diabète, ne pas fumer, traiter son cholestérol, avoir une activité physique régulière et une alimentation saine. Mais selon France Woimant, neurologue à l'hôpital Lariboisière et vice-présidente de l'association France-AVC, il faut sans doute  également donner un plus grand rôle aux infirmières : "Les patients se confient mieux à elles et n'ont pas trop de mal à leur dire qu’ils observent mal leur traitement. Peut-être faudrait-il créer des consultations multidisciplinaires, que les infirmières puissent suivre des patients, dans le cadre du transfert de compétences, et que ces patients puissent ensuite être redirigés vers le médecin".

L'étude indique également que la gravité des symptômes peut être amoindrie. Mais pour cela, encore faut-il arriver rapidement au bon endroit, c'est-à-dire dans des unités neurovasculaires. Et chaque minute compte : "On sait qu'un patient traité 1h30 après les premiers symptômes aura moins de séquelles que si on le traite à 4h30". 

En matière d'AVC, c’est la brutalité de la survenue des symptômes qui doit alerter : un manque de force d'un côté du corps (bras et jambe gauche ou droite), brutalement une difficulté à parler (bafouillement par exemple), un trouble visuel (difficulté pour voir sur la moitié d’un champ visuel, ou un œil avec lequel on ne voit plus rien).

Ces trois symptômes doivent alerter même s'ils régressent en quelques minutes car ils risquent de se reproduire. Autre symptôme qui n'est pas forcément concomitant, mais qui doit alerter s'il survient par ailleurs : la survenue de maux de tête brutaux intenses inhabituels. Dans ces cas là, il faut appeler le 15 qui vous dirigera dans le service hospitalier de proximité le plus expérimenté.

 

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