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Une mauvaise vascularisation lymphatique augmente le risque de métastases

Pourquoi certains cancers se propagent dans l'organisme (on parle de métastases), tandis que d'autres restent circonscrits à un organe ? Pour répondre à cette question, des chercheurs européens ont scruté le génome et l’environnement de plus de 800 tumeurs, métastasées ou non. Selon leur analyse, publiée ce 24 février dans Science Translational Medicine, les mutations génétiques semblent hors de cause. En revanche, une trop faible irrigation de la tumeur par le réseau lymphatique - autoroute de la réponse immunitaire - constituerait un indicateur fiable du risque de prolifération.

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Une mauvaise vascularisation lymphatique augmente le risque de métastases
Une mauvaise vascularisation lymphatique augmente le risque de métastases

Lorsqu'une tumeur se propage dans l'organisme pour former des tumeurs secondaires, on parle de métastases. Celles-ci sont généralement associées à un pronostic très défavorable pour le patient

Est-il possible d'anticiper cette évolution ? Pour répondre à cette question, des chercheurs français, britanniques, allemands et autrichiens ont étudié 838 patients atteints de cancers colorectaux, dont 662 avaient métastasé. Leurs recherches ont porté sur les mutations du génome des cellules tumorales, ainsi que sur l'environnement vasculaire des tumeurs (vaisseaux sanguins et lymphatiques).

Concernant l'analyse génomique, les données publiées concluent à une très grande disparité des cas. "Chaque patient a « son » cancer", résument dans un communiqué deux universités du réseau Sorbonne Paris Cité et l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Rien non plus du côté de l’épigénome (l’expression des gènes)…

Cependant, dans l'environnement des tumeurs source de métastases, les chercheurs ont observé que la densité des vaisseaux lymphatiques était plus faible que dans l’environnement des tumeurs stables. En outre, les premières tumeurs incorporaient moins de cellules immunitaires que les autres.

Dans un second temps, les chercheurs ont observé, parmi les patients étudiés porteurs de tumeurs initialement stables, des cas de métastases. Selon eux, une mauvaise vascularisation et une réponse immunitaire faible [1] étaient associées à un risque accru de prolifération.

Si ces observations venaient à être confirmées, ces deux paramètres indépendants pourraient constituer des marqueurs précoces du potentiel métastatique d'une tumeur, et permettre d’améliorer le pronostic médical.

Source : The tumor microenvironment and Immunoscore are critical determinants of dissemination to distant metastasis. B. Mlecnik et coll. Science Translational Medicine, 24 février 2016.

 

[1] Celle-ci est mesurée sur la base d’une méthode brevetée par une partie de l’équipe de recherche, suite à des travaux publiés dans plusieurs revues scientifiques.

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