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Tout ce que vous devez savoir sur la morve et les crottes de nez

Il existe sûrement des questions que vous avez toujours eu envie de poser à votre médecin, mais vous n'avez jamais osé, par pudeur, crainte, voire même honte. Notre journaliste, Mélanie Morin, se pose ces questions à votre place. Et pour cette chronique, il est question d'un fluide du corps humain : la morve. Est-il dangereux de manger sa morve ? Qu'est-ce que la mucophagie ? Les explications avec Mélanie Morin.

Rédigé le , mis à jour le

Tout ce que vous devez savoir sur la morve et les crottes de nez - Chronique de Mélanie Morin, du 19 mars 2014

Les mangeurs de morve seraient relativement nombreux en France. On les appelle aussi les "mucophages". "Mucophage" signifie littéralement "celui qui mange le mucus nasal", le nom scientifique de la morve.

À quoi sert le mucus nasal ?

La morve ou mucus nasal est en fait sécrété par la muqueuse qui tapisse les fosses nasales. Ce mucus nous est très utile puisqu'il humidifie et réchauffe en permanence l'air inspiré. À la manière d'un filtre, il piège aussi les microparticules présentes dans l'air pour protéger nos poumons. En cas de rhume, la muqueuse nasale gonfle et la production de mucus augmente pour évacuer un maximum de virus hors de la cavité nasale. Cela explique pourquoi on a le nez qui coule quand on est enrhumé. La morve est donc notre amie, car elle nous rend service.

Près d'un litre de morve ingéré par jour

Il faut savoir que l'on avale près d'un litre de morve à longueur de journée sans même s'en rendre compte ! Un ORL a expliqué ce phénomène. La morve est transportée par les petits cils présents dans le nez vers la gorge pour être avalée. Elle se mélange ensuite à la salive, puis est digérée dans l'estomac par le suc gastrique.

Si la morve était nocive, notre estomac nous le ferait comprendre. Or, il ne se passe rien, elle est simplement évacuée. Le seul petit désagrément, d'après l'ORL contacté, c'est que si elle est très chargée en germes ou en protéines inflammatoires, elle peut être irritante et générer des maux de gorge. Plutôt que de renifler sans cesse ou d'avaler sa morve, mieux vaut se moucher.

Pourquoi les enfants sont-ils fascinés par leur morve ?

Un peu comme avec leurs excréments, les enfants sont fascinés par ce que leur corps est capable de produire. La morve a quand même une saveur particulière, ils peuvent donc être curieux et la goûter. À l'état normal, elle contient près de 95% d'eau mais aussi du chlorure de sodium, d'où son goût salé, du potassium, des particules inhalées comme la poussière par exemple... Cela crée un mélange, pas forcément bon mais au goût prononcé d'où la curiosité qu'elle suscite.

Quid des crottes de nez ?

Dans la grande famille du nez, outre la morve, on trouve aussi les crottes de nez dont les enfants sont aussi friands. La crotte de nez est le fruit de l'agglomération du mucus avec les poussières inspirées et les microbes capturés par la morve. C'est littéralement du mucus séché. Les enfants en sont friands et passent leur temps à mettre leurs doigts dans le nez, ce qui exaspère les parents.

En tout cas, de nombreux parents discutent sur Internet de cette habitude peu ragoûtante. Par exemple, sur le blog de "Mes doudoux et compagnie", une maman cite une très jolie formule de sa petite fille : "Mon doigt est la clé ! Ma bouche est le paillasson et mon nez est la porte… j'essuie mes pieds sur le paillasson et je mets la clé dans la serrure".

Les crottes de nez, véritable objet de recherches

La crotte de nez n'est pas que le goûter préféré des enfants, c'est aussi devenu un objet de recherches. Le Pr Scott Napper, chercheur dans une université canadienne a émis une hypothèse après avoir observé ses deux filles manger leurs crottes de nez. Il suppose que manger ses crottes de nez pourrait stimuler le système immunitaire en produisant des anticorps. Pour sa recherche, il souhaite introduire dans le nez des participants une molécule contre laquelle réagira le système immunitaire. Un groupe d'étudiants mangera ses crottes de nez et le groupe contrôle sera épargné.

Si l'hypothèse de Scott Napper se confirme, le groupe des mangeurs de crottes de nez développera une réponse immunitaire plus importante que le groupe contrôle. J'ai contacté ce chercheur pour savoir s'il a pu mener à bien son projet et s'il a obtenu de premiers résultats mais pour l'instant, je n'ai pas eu de réponse.

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