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Crampes, déchirures, élongations... : quand le muscle fait mal

Elongations, crampes ou encore claquages... arrivent souvent en plein effort, et sans signes avant-coureurs. Comment prévenir les douleurs musculaires ? Comment sont-elles prises en charge ? Faut-il laisser son muscle au repos après une lésion musculaire ? À quel moment peut-on reprendre le sport ?

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Crampes, déchirures, élongations... : quand le muscle fait mal
Crampes, déchirures, élongations... : quand le muscle fait mal
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Douleurs musculaires : comment apparaissent-elles ?

Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet expliquent comment apparaissent les douleurs musculaires.

On les malmène sans arrêt, on les contracte, on les relâche, on les étire et avec l'âge, ils ont tendance à fondre. Alors parfois, ils craquent. Contractures, claquages, élongations… Nos muscles sont mis à rude épreuve. Pour protéger et entretenir ses muscles, pratiquer une activité physique est essentiel mais l'alimentation et une prise en charge adaptée en cas de blessure ont aussi leur importance.

Dans la grande famille des muscles, il y a ceux que l'on peut contrôler et qui nous font bouger : les muscles striés. On en compte 640 et ils représentent 40% du poids de notre corps. Les muscles striés nous permettent de marcher, courir ou tout simplement de sourire et de parler. Le visage compte à lui seul environ 60 muscles et il en faut 34 pour s'embrasser.

Le reste des muscles est, quant à lui, réparti au niveau du tronc et des membres. Le plus petit d'entre eux se cache dans l'oreille, il s'agit du muscle stapédien (muscle tenseur de l'étrier). Il ne mesure que 5 millimètres. Le muscle le plus long se nomme le sartorius ou muscle couturier et se cache dans la loge antérieure de la cuisse.

Si le muscle nous permet de prendre toutes sortes de postures, c'est en raison de son incroyable architecture. Par exemple, le biceps, comme la plupart des muscles striés, est fixé au squelette par une sorte d'attache fibreuse et flexible qu'on appelle le tendon. Chaque muscle est constitué de faisceaux, chaque faisceau regroupe des fibres musculaires, elles-mêmes formées de microfibrilles qui renferment deux types de protéines : l'actine et la myosine.

Dès qu'elles reçoivent une impulsion électrique, elles se relient, s'attachent l'une à l'autre, ce qui entraîne un raccourcissement des fibres. Ce sont ces micro-mouvements qui sont à l'origine de la contraction de l'ensemble du muscle et donc de la survenue du mouvement.

Prévenir les douleurs musculaires

Pour éviter toute blessure musculaire, Florence suit un entraînement intensif avec un coach.

Pour éviter les douleurs musculaires, plusieurs règles sont à respecter. Outre une bonne hygiène de vie, il faut bien s'échauffer et s'entraîner.

Une bonne préparation physique est en effet indispensable pour prévenir les douleurs et blessures musculaires. Dans des centres spécialisés, les entraînements sportifs sont calibrés sur mesure, en fonction des objectifs des sportifs.

Pour prévenir les blessures musculaires, tout entraînement doit démarrer par un échauffement articulaire, une étape indispensable selon Aurélien Lasserre, préparateur physique : "La plupart du temps, la blessure musculaire survient à deux moments importants. Elle peut tout d'abord intervenir en début d'effort parce que l'échauffement n'a pas été suffisant donc le muscle est encore froid, il faut donc échauffer le muscle. L'échauffement de début d'activité est très important. Et la blessure musculaire peut aussi survenir en fin d'effort quand la vigilance avec la fatigue diminue, la fatigue musculaire est installée et les risques de blessures sont majorés".

Une fois les articulations échauffées, il faut réveiller son système cardiovasculaire. Pour limiter le risque de blessure, il faut augmenter la température corporelle et fournir aux muscles un sang bien oxygéné. Pour y parvenir pas de secret, il faut courir.

Il convient ensuite de travailler les muscles pour renforcer les fibres musculaires. "Si je répète une contraction, je vais être obligé de mettre en jeu le muscle qui va se fatiguer et créer des sortes de micro-lésions réparées lors de la récupération mais réparées plus fortes. Comme le muscle a été "traumatisé", il a été déséquilibré, il cherche donc à s'adapter pour que la prochaine fois ce déséquilibre n'existe plus. Il va donc se renforcer au fur et à mesure des séances d'entraînement à condition que la charge soit bien adaptée et bien spécifique à chaque personne", explique Aurélien Lasserre.

Et pour prévenir les risques de contracture, voire de déchirure, il est conseillé de réaliser chez soi des exercices dits à poids de corps, à la seule force des membres. Abdos, muscles des cuisses, lombaires… tous les muscles y passent. Les exercices d'équilibre sont également idéals pour éviter les entorses.

En fin de séance, le relâchement musculaire est également une étape importante comme le souligne le préparateur physique: "Le relâchement musculaire permet de rechercher le moment où on va sentir la tension musculaire qui va faire que naturellement on aurait tendance à se crisper. Et c'est au moment où on sent cette tension qu'il faut expirer profondément et relâcher le muscle".

La rééducation des lésions musculaires

Lorsque les muscles lâchent, la prise en charge nécessite des séances de kinésithérapie

Quand un muscle a subi un traumatisme, il faut rapidement prendre en charge la lésion. Des séances de rééducation sont souvent nécessaires. Elles permettent de mobiliser de nouveau le muscle et d'accélérer le processus de guérison.

Lutter contre la dégradation musculaire

Reportage du 27 février 2017

Alitement prolongé, sédentarité, avancée en âge… Lorsqu'ils sont peu sollicités, les muscles peuvent perdre en endurance et en puissance. Une équipe de chercheurs de Montpellier étudie notamment le bénéfice que pourraient apporter certaines molécules sur cette dégradation musculaire.

Dans un laboratoire de l'Inra, pour observer les effets de la sédentarité sur le muscle, des souris sont soumises à un entraînement. Après un échauffement, la vitesse du tapis de course est accélérée toutes les minutes jusqu'à atteindre son maximum. La souris doit ensuite courir le plus longtemps possible afin d'évaluer son endurance.

"En utilisant des tests de course, on peut diagnostiquer à la fois des troubles de la fonction musculaire et des effets bénéfiques de traitements nutritionnels, physiologiques ou pharmacologiques", explique Christelle Koechlin-Ramonatxo, maître de conférences en physiologie.

Comme chez une personne immobilisée, la sédentarité entraîne chez la souris une perte de masse musculaire : "Le but de nos recherches est de pouvoir trouver de nouvelles stratégies thérapeutiques qui vont aider à maintenir et/ou à prévenir la perte de masse musculaire que l'on rencontre dans différentes situations (sédentarité, pathologies…)", confie Anne Bonnieu, directrice du laboratoire "Dynamique musculaire et métabolisme" à l'Inra.

Une simple pilule pourra-t-elle alors un jour redonner de la force musculaire aux plus fragiles d'entre nous ? Si l'idée est attrayante, de nombreux obstacles restent encore à franchir.

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