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Fausse couche : un avortement spontané

En France, une grossesse déclarée sur cinq est interrompue brutalement par une fausse couche. Une douloureuse épreuve chargée de tabous et de culpabilité pour la plupart des femmes. Comment surmonter cette épreuve et aborder la prochaine grossesse en toute sérénité ? Les réponses, dans ce dossier.

Rédigé le , mis à jour le

Fausse couche : un avortement spontané
Fausse couche : un avortement spontané
Sommaire

Les signes d'alerte d'une fausse couche

Les signes d'alerte d'une fausse-couche

Si la fausse couche est relativement fréquente en France (une grossesse sur dix se terminerait par une fausse couche), elle n'en est pas moins un événement difficile à vivre, voire traumatisant, pour la femme comme pour le couple. Et ce, d'autant plus que les fausses couches se répètent...

On parle de fausse couche, quand un embryon ou un foetus est expulsé spontanément avant qu'il ne soit viable, c'est-à-dire avant 20 semaines de grossesse (ou 22 semaines d'aménorrhée). Au-delà, on parle d'accouchement prématuré.

L'utérus est recouvert d'une muqueuse qu'on appelle l'endomètre. C'est dans cette muqueuse que l'œuf fécondé s'implante et qu'un réseau de vaisseaux se forme de part et d'autre de l'endomètre (entre la mère et le futur bébé), c'est le placenta. Cette étape est cruciale pour le bon déroulement de la grossesse. C'est au cours des douze premières semaines que le risque de fausse couche est le plus important. Cette période englobe la fécondation, l'implantation de l'œuf puis l'apparition du placenta, ainsi qu'un début de développement.

Les fausses couches de cette période passent souvent inaperçues, car l'œuf est si petit qu'il est évacué dans les sécrétions utérines avec les règles. Les causes de fausse couche peuvent être multiples : un embryon qui n'a pas pu s'implanter dans la muqueuse utérine, ou qui s'est arrêté de se développer après l'implantation. On parle alors de mortalité embryonnaire précoce qui est due le plus souvent à des malformations chromosomiques apparues au moment de la fécondation ou au cours des divisions de l'embryon.

Mais une fausse couche peut survenir plus tardivement, après la douzième semaine d'aménorrhée environ. Il peut s'agir aussi bien de complications de développement, que de problème au niveau de l'utérus ou du col. Le placenta peut se détacher de la paroi et induire une hémorragie. Le col de l'utérus peut manquer de tonicité et s'ouvrir, il devient alors une zone de passage pour d'éventuelle infection. La sac amniotique peut lui aussi être fissuré, ce qui déclencherait également une fausse couche tardive.

Les causes de la fausse couche

Les causes de la fausse couche

Lorsque la femme fait des fausses-couches répétées, des démarches de recherche de diagnostic sont alors lancées afin de déterminer les causes possibles. Pour cela, on peut être amené à réaliser ce qu'on appelle un examen foetopathologique. Il s'agit d'observer les vestiges embryonnaires et de procéder à des analyses au microscope.

Une anomalie chromosomique. Neuf fois sur dix, la première fausse couche est due à une anomalie chromosomique. Dans 85% des cas, la grossesse suivante se déroule normalement.

Des anomalies utérines. Malformation congénitale, polypes, fibromes sont quant à elle à l'origine de fausses couches à répétition. Ces anomalies concernent environ 1% des femmes enceintes. Dans le cas des fausses couches répétitives, il est indispensable d'analyser le placenta, l'endomètre et l'embryon, pour trouver la cause de la fausse couche.

Oreillons, grippes, peuvent être à l'origine d'une fausse couche. La consommation de tabac et d'alcool peut aussi favoriser un avortement.

L'examen chromosomique

Plus de la moitié des fausses couches serait due à des malformations chromosomiques. A partir d'un échantillon du placenta, le caryotype de l'embryon va être reconstitué et analysé au microscope.

Le caryotype permet de repérer s'il s'agit d'un simple accident de fécondation, n'impliquant pas de récidives, ou s'il s'agit d'une anomalie génétique héréditaire, générant des risques de fausses couches multiples.

La technique du cerclage

Attention images de chirurgie ! L'intervention du cerclage définitif

Lorsqu'une patiente risque de faire une fausse couche, parce qu'elle présente par exemple une béance du col de l'utérus, c'est-à-dire une ouverture trop grande du col, on peut lui poser un cerclage. Le cerclage du col de l'utérus consiste à placer un fil épais non résorbable de manière à fermer le col, afin que le futur bébé reste bien en place jusqu'au terme. Le fil est ensuite retiré lors de l'accouchement.

Il permet d'éviter les fausses couches tardives (à partir du deuxième trimestre) et se pratique généralement vers le quatrième mois de grossesse. Cette intervention seule ne suffit toutefois pas à empêcher un accouchement précoce. Cela oblige la patiente au plus grand repos pendant toute la durée de sa grossesse, pour éviter les contractions.

En cas de fausses couches à répétition, une autre technique est proposée : le cerclage définitif. Contrairement au cerclage classique que l'on retire à 37 semaines de grossesse, le cerclage définitif reste en place toute la vie. Il est réservé aux cas les plus graves. "L'indication du cerclage définitif, c'est au moins deux fausses couches tardives ou un accouchement très prématuré, c'est-à-dire avant trente semaines, avec un échec du cerclage classique. Il n'y a pas d'autres indications que celles-ci", précise le Pr Hervé Fernandez, gynécologue-obstétricien. Le cerclage définitif est posé entre treize et quinze semaines de grossesse.

Conseils après une fausse couche

Le travail de deuil est plus ou moins rapide selon les femmes, et particulièrement douloureux quand les fausses-couches se répètent.

Après une fausse couche, un travail de deuil doit alors se faire. Il est plus ou moins rapide selon les femmes, et particulièrement douloureux quand les fausses couches se répètent.

Parler, se confier, trouver du réconfort. Après une ou plusieurs fausses couches, certaines femmes ressentent le besoin d'être écoutées. L'association AGAPA propose justement un accompagnement.

Conseils après une fausse couche :

  • Attendre le retour des règles avant d'être à nouveau enceinte (aucune étude n'a prouvé qu'il était nécessaire d'attendre deux ou trois cycles, après une première fausse couche).
  • Le suivi par un psychologue est parfois utile, pour pouvoir accueillir sereinement le futur bébé.
  • Sur le plan physique : il est conseillé de ne pas fumer ou boire de l'alcool. Il faut éviter les sports trop violents et surtout, l'automédication.

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