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Pour en finir avec le tabou de la prothèse pénienne

Face aux troubles de l'érection qui touchent environ 30% des hommes de plus de 40 ans, la prothèse pénienne se révèle particulièrement efficace.

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Pour en finir avec le tabou de la prothèse pénienne
Pour en finir avec le tabou de la prothèse pénienne
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L'implant pénien, un traitement mal connu par les médecins

Longtemps, l'implant pénien a été la solution de dernier recours… Egalement appelée prothèse pénienne, il reste étonnamment méconnu en dépit d'un taux de satisfaction plus élevé que les traitements médicaux de la dysfonction érectile. Celle-ci se définit par une incapacité persistante à obtenir une érection suffisante pour permettre une activité sexuelle satisfaisante (en d'autres termes, le pénis n'est pas assez rigide en dépit du désir pour pénétrer la partenaire). Ce problème doit durer depuis plus de trois mois et être associé à une souffrance et à un fort retentissement psychologique pour être considéré comme un trouble.

Explications du fonctionnement de l'implant pénien

Zoom sur l'implant pénien

L'implant est composé de deux cylindres qui sont implantés dans le pénis, à la place des corps caverneux. Ils sont reliés à une petite pompe, placée entre les 2 testicules, et reliée à un réservoir de liquide positionné dans l'abdomen. Il est interne, invisible, discret et simple d'utilisationDe plus, il est pris en charge par l'assurance maladie quand il est justifié par une maladie grave et sa durée de vie s'étend au-delà de 10 ans.

La plupart du temps, les patients souffrant d'une dysfonction érectile n'entendent pas parler de cette solution mais plutôt de comprimés ou d'injections. Même les professionnels de santé connaissent mal la prothèse pénienne. En 2011, une étude[1] estimait que la chirurgie représentait seulement 1% des solutions de prise en charge. Si le nombre de prothèses péniennes posées a doublé depuis 10 ans, cette méthode reste rarement choisie. Selon le Dr Faix, urologue-andrologue, on pose en France 5 à 10 fois moins qu'aux Etats-Unis, rapporté à la population. "Alors qu'il faudrait donner une chance aux médecins et à leurs patients de savoir que ça existe, les praticiens sont à la fois mal informés et pas assez formés." Seuls 150 urologues pratiquent cette chirurgie, sur les 1200 urologues que comptent la France… Quant aux généralistes, ils estiment souvent que l'implant relève de la chirurgie esthétique alors qu'il s'agit de réparer la fonction de l'érection. Le pénis n'est pas allongé et son aspect extérieur ne change pas.

"La pose d'un implant pénien", reportage diffusé le 15/06/2015. Attention images de chirurgie

Un retour en grâce ?

"Les implants sont tombés dans l'oubli mais l'oubli n'est plus possible", martèle le Dr Corman, sexologue, qui reconnaît avoir longtemps eu une mauvaise opinion fondée sur les premiers implants. En effet, au départ, les prothèses étaient beaucoup moins évoluées, posées chez des hommes jeunes avec une technique calamiteuse et des indications bâclées… Celles-ci se sont en effet affinées ; l'implant n'est jamais un traitement de première intention mais "il doit être proposé en cas de trouble de l'érection* ayant une cause médicale bien identifiée, répondant pas ou mal aux traitements, chez un patient qui recherche une solution permanente", rappelle le Dr Faix. Autrement dit des patients souffrant de maladies chroniques provoquant une perturbation de l'érection et de maladies cardio-vasculaires, ou ayant subi une ablation de la prostate pour un cancer. Ce qui représente au total 35% des cas selon l'évaluation du Dr Colson, sexologue. 

L'implant ou le plaisir retrouvé

"Il faut trouver les bons moments et le bon discours et y aller par étape", insiste le Dr Faix. Le deuil de la sexualité antérieure est nécessaire tout comme le fait de renoncer à avoir une érection de façon naturelle. Mais le résultat est pourtant très discret et particulièrement efficace : " On n'en parle même pas (NDLR : de l'implant), c'est naturel… " s'exclament de concert 2 couples suivi par le Dr Faix. Il offre le grand avantage de retrouver la spontanéité des rapports, dans l'insouciance et surtout dans le plaisir partagé. "Oui, on peut à nouveau avoir du plaisir avec un implant et oui, on peut en donner à sa partenaire", confirme l'urologue.

Un fort impact sur le couple

Lorsque les médicaments puis les injections ne fonctionnent pas, l'homme finit par perdre espoir de retrouver une érection suffisante pour donner du plaisir à sa partenaire. Il refuse peu à peu la tendresse de sa partenaire, de peur qu'elle ne débouche sur un rapport qui le mettra face à son érection défaillante. Sans dialogue honnête, la femme finit par douter du désir, voire de l'amour de l'homme qui partage sa vie. Les non-dits s'installent dans le couple, la crainte de perdre sa partenaire et  les larmes aussi.... Une prise en charge par un professionnel de santé (généraliste, sexologue, urologue) est donc indispensable pour éviter que le couple n'explose et retrouver une harmonie conjugale.

Une intervention suivie d'un apprentissage sexuel

La prothèse est posée durant une intervention d'environ 1 heure, sous anesthésie générale ou loco-régionale ; elle nécessite un hospitalisation d'1 à 3 nuits. Une sonde vésicale est laissée 24 heures et les douleurs post-opératoires sont jugés minimes le plus souvent, plus rarement modérées. 4 à 6 semaines sont en moyenne nécessaires pour apprivoiser l'implant. La reprise des rapports sexuels est progressive, les patients souffrant de dysfonction érectile n'en ayant pas eu depuis un certain temps, souvent 2 ou 3 ans.

L'accompagnement par l'urologue est primordial durant ce temps de "rééducation sexuelle" ; il faut entourer le couple pour donner davantage de sérénité et aider le patient à reprendre confiance dans ses capacités sexuelles. "La satisfaction sexuelle est très importante, évaluée à 85 ou 90% pour le patient comme pour la partenaire, s'enthousiasme le Dr Faix. "On mène une vie normale depuis l'implant", commente Rosy. Ce que confirme son mari Jacques, qui a retrouvé une vie "comme avant" et qui assimile l'implant à une solution confortable et anti-stress.  Pour les 10 à 15% non satisfaits, cela s'explique par l'absence de sensations à cause d'un diabète par exemple ou un gland mou (l'implant ne concerne que les corps caverneux, pas le corps spongieux qui donne sa rigidité au gland durant l'érection). Dans les complications faisant suite à l'intervention, un rejet survient dans 1 à 3% des cas, à cause d'un sepsis, une infection généralisée.

Laissons le mot de la fin à Didier : "C'était insupportable psychologiquement et depuis {la pose de l'implant}, tout va bien !"

[1] La place de la chirurgie dans la dysfonction érectile. Montaigne O. Médecine de la Reproduction, Gynécologie Endocrinologie 2011. doi:10.1684/mte.2011.0333 

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