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Vaccin et autisme : l'absence de lien confirmée

Une fois de plus, l'absence de corrélation entre le vaccin contre la rougeole et l'autisme est confirmée par des nouvelles recherches portant sur plus de 95.000 enfants. Depuis plus de 15 ans, aucune étude n'a réussi à reproduire les résultats des recherches falsifiées de 1998, à l'origine de cette fausse croyance.

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Vaccin et autisme : l'absence de lien confirmée
Vaccin et autisme : l'absence de lien confirmée

La conclusion de l'étude tient en quatre lignes : il n'y a aucune relation entre développement de troubles autistiques et le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole). Ces travaux américains, portant sur plus de 95.000 enfants, décrédibilisent ce très controversé lien et viennent corroborer plus de 15 ans de recherches. Néanmoins, malgré ces multiples preuves scientifiques, un certain nombre de parents anglo-saxons continuent de penser qu'il existe une corrélation entre le triple vaccin ROR et un risque accru des troubles du spectre autistique (TSA). Des enquêtes auprès de parents ayant un enfant souffrant d'autisme suggèrent même qu'un grand nombre d'entre eux semblent penser que ce vaccin y a contribué.

La controverse sur le vaccin ROR date de 1998, lorsqu'une étude publiée dans la revue médicale The Lancet avait semé la panique en faisant un lien entre ce vaccin et l'apparition de troubles autistiques.

Rédigée par le Dr Wakefield (désormais interdit d'exercer), l'étude ne portait que sur 12 patients et jamais aucune autre équipe n'a réussi à reproduire ces résultats. L'article avait été retiré par la suite, en raison "d'irrégularités".

Une enquête avait notamment mis à jour de nombreuses fraudes, des conflits d'intérêts et des résultats falsifiés. Un journaliste britannique révéla, par exemple, l'existence de liens d'intérêts non déclarés entre Wakefield et une organisation d'avocats anti-vaccination, qui avait sponsorisé l'étude.

Pourtant, une fois de plus, l'étude publiée le 21 avril 2015 dans la revue JAMA décrédibilise cette croyance, basée sur une publication truquée (voir encadré). Les chercheurs ont analysé, de 1997 à 2012, les demandes de remboursements de plus de 96.000 enfants, dont certains avaient des frères et sœurs ainés autistes. Résultat : quelque soit l'âge, les antécédents familiaux ou la dose de vaccin ROR reçue (absence de vaccin, une ou deux injections), il n'y a aucune preuve qui suggère que le vaccin favorise l'apparition de troubles autistiques (1).

Une étude qui démonte les arguments des "anti-vaccinations"

Avec de telles conclusions, les chercheurs espèrent mettre fin aux réticences de certains parents. Ils ont d'ailleurs noté que les parents qui avaient déjà un enfant autiste faisaient moins vacciner leurs cadets (2), preuve que ces peurs existent toujours.

Depuis la parution de l'étude falsifiée, des milliers de parents américains ont renoncé à vacciner leurs enfants. En 15 ans, les cas de rougeoles ont fortement augmenté aux Etats-Unis, alors que cette maladie était en passe d'être éradiquée.

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(1) Le risque relatif (RR) d'autisme à 2 ans pour les enfants avec des antécédents familiaux pour une dose de ROR vs aucun vaccin est de 0,76 (marge d'erreur entre 0,49 et 1,18). A 5 ans, ce risque est de 0,56 (erreur comprise entre 0,31 et 1,01). RR à 2 ans, pour les enfants sans antécédents : 0,91 (entre 0,67 et 1,20) à 2 ans et de 1,12 (entre 0,78 et 1,59) à 5 ans. Statistiquement, il n'y donc pas de différence notable.
(2) 82% des enfants sans antécédent sont vaccinés à 2 ans, contre 73% de ceux ayant un frère ou une sœur autiste.

Source : Autism Occurrence by MMR Vaccine Status Among US Children With Older Siblings With and Without Autism. A. Jain et al. JAMA , avril 2015. doi:10.1001/jama.2015.3077

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