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Expérimentation animale : peut-on s'en passer ?

Ce mardi 24 avril a lieu la Journée mondiale des animaux dans les laboratoires. De nombreuses découvertes médicales ont été possibles grâce à l'expérimentation animale. Si elles est utile, elle pose néanmoins des questions éthiques et divise l'opinon publique. L'expérimentation animale européenne est très réglementée. Que deviennent les animaux de laboratoire ? Quelles sont les méthodes alternatives à l'expérimentation animale ? Pourra-t-on un jour se passer de l'expérimentation animale ?

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Expérimentation animale : peut-on s'en passer ?
Expérimentation animale : peut-on s'en passer ?
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Expérimentation animale : que deviennent les animaux de laboratoire ?

La réhabilitation des animaux de laboratoire

En Europe, les animaux les plus utilisés sont les rongeurs et les lapins, ils représentent plus de 80% des animaux de laboratoire. Les chiens, les chats et les primates réunis en représentent moins de 1%.

Que deviennent les animaux de laboratoire ? La plupart sont euthanasiés en fin d'étude. Mais depuis 1997, l'association le Graal milite pour encourager et réhabiliter les animaux de laboratoire au sein de zoos ou dans des familles adoptantes.

Tous les animaux participant à des expérimentations ne peuvent pas bénéficier de la réhabilitation comme l'explique Camille Dorn, éthologue qui accompagne l'association le Graal : "Tous les animaux ne peuvent pas être réhabilités. Il y a un certain nombre de critères à respecter qui sont définis par la loi. Les animaux doivent être en bonne santé, cela est certifié par une attestation vétérinaire. Ils ne doivent pas représenter de danger autant sanitaire que comportemental pour les autres animaux, pour l'homme, pour l'environnement. C'est important quand on a des individus qui ont eu des protocoles de radioactivité par exemple ou de virus. Enfin, le laboratoire doit aussi avoir mis en place des mesures en amont qui permettent sa réhabilitation, c'est-à-dire enrichir son milieu de vie, commencer la socialisation et faire en sorte que cette transition du laboratoire à la vie future se passe le mieux possible".

Dans les zoos ou chez des particuliers, tous les ans l'association réhabilite environ 400 animaux. Primates, chiens, chats, oiseaux, mais aussi des chevaux… Aujourd'hui, une quinzaine de laboratoires collaborent volontairement avec l'association. Reste à convaincre tous les autres de la nécessité d'offrir une deuxième vie à leurs cobayes.

Il n'est pas obligatoire de passer par une association pour la réhabilitation des animaux, mais beaucoup de laboratoires préfèrent rester anonymes auprès des accueillants et utilisent donc cet intermédiaire associatif.

Les méthodes alternatives à l'expérimentation animale

Les laboratoires doivent respecter de nombreuses règles et appliquer la règle des trois "R" :

  • réduire au maximum le nombre d'animaux utilisés ;
  • réduire l'angoisse, l'inconfort et les douleurs potentielles induites par les procédures expérimentales ;
  • remplacer dès que possible l'utilisation des animaux par des méthodes de recherches alternatives.

Pour tester la toxicité potentielle de produits ou de médicaments sur la cornée, on utilise le plus souvent des lapins. Mais pour réduire l'usage de ces tests sur les animaux, certains laboratoires ont trouvé des alternatives. Ils ont réussi à recréer une cornée à partir d'une culture cellulaire issue d'un cheveu.

Partir d'un cheveu pour créer une cornée, c'est l'aventure cellulaire incroyable réussie par une équipe de chercheurs français. Une recherche dont le point de départ semble assez simple : nos cheveux poussent grâce à la présence à leur base d'une sorte de petite usine capillaire.

En mettant quelques millimètres de cheveu (gaine contenant des cellules souches capables de régénérer le cheveu tout au long de la vie) dans un milieu de culture particulier, les cellules souches de la gaine sortent de la gaine du cheveu, migrent à l'extérieur pour se diviser et former des colonies. Les chercheurs vont alors récupérer ces cellules et les reprogrammer, c'est-à-dire les faire remonter dans le temps au plus près de leur origine embryonnaire pour les rendre capables non seulement de produire des cheveux mais n'importe quel type de cellules. On parle alors de cellules souches pluripotentes.

Grâce à ces cellules, l'équipe de chercheurs a déjà reconstitué une cornée identique à une cornée naturelle. Des cornées qui pourront être greffées pour pallier à la pénurie de manque de greffes et de cornées. Mais également dans des cas très particuliers de maladies, il sera possible de produire à partir des cheveux d'un patient des cornées compatibles avec ce malade.

Un des avantages de cette technologie reste que les chercheurs disposent désormais d'un modèle en culture qui leur permet d'apporter une alternative à l'utilisation des animaux pour les essais de toxicologie oculaire. Mais il faudra encore attendre quelques années pour faire valider ce nouveau modèle de tests et surtout convaincre les industriels de changer leurs habitudes.

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