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Staphylocoque doré : la réserve sanitaire intervient en Guyane

Cinq réservistes de l'EPRUS (établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires) viennent d'être envoyés en Guyane pour faire face à un épisode épidémique de staphylocoque doré. Cinq grands prématurés sont décédés depuis fin juin dans le service de réanimation néonatale de l'hôpital de Cayenne.

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Staphylocoque doré : la réserve sanitaire intervient en Guyane
Staphylocoque doré : la réserve sanitaire intervient en Guyane

Selon arrêté ministériel publié ce 18 octobre et signé de Marisol Touraine, la réserve sanitaire a été envoyée pour lutter contre un "épisode épidémique en cours au centre hospitalier Andrée Rosemon de Cayenne" (CHAR), "considérant le contexte de tensions sur l'offre de soins".

Face aux crises sanitaires graves, près 3.250 professionnels de santé se tiennent prêts à intervenir en France ou à l'étranger. C'est l'Eprus, l'établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires qui prend en charge ces situations difficiles. Cet organisme, rattaché au ministère de la Santé, a pour mission de gérer les stocks stratégiques de produits de santé et la mise à disposition de médecins lors de graves crises sanitaires.

Le 8 septembre 2016, l'Agence régionale de santé (ARS) annonçait le décès de "quatre nouveau-nés grands prématurés" entre "fin juin et fin août 2016" dans le service de réanimation néonatale du centre hospitalier, contaminés "par une bactérie à l'origine d’infections nosocomiales, Staphylococcus aureus". Un cinquième décès était survenu dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, dans le même service.

Mobilisés pour deux mois

"Deux cadres hygiénistes, deux infirmières diplômées d’État puéricultrices, un médecin pédiatre", sont mobilisés depuis "le 17 octobre 2016, pour une durée de deux mois", informe l'arrêté. Ils sont "affectés auprès du directeur général de l'agence régionale de santé de Guyane".

Au lendemain de l'annonce du cinquième décès, l'ARS avait affirmé que "des mesures avaient été mises en place" suite aux quatre premiers décès "sur la base d'un premier rapport d'inspection afin d'interrompre la transmission de ce germe retrouvé très fréquemment dans l’environnement". Mais "la survenue de ce nouveau cas, les premiers résultats bactériologiques du Centre national de référence ainsi que les constats préliminaires" d'une mission d’enquête "conduisent à renforcer significativement  toutes les mesures d'hygiène déjà mises en place", avait informé l'ARS.

Un hôpital déjà dans la tourmente

Cet épisode épidémique intervient dans un contexte budgétaire et humain très dégradé au CHAR, plus grand établissement de soins de la Guyane qui enregistre 3.000 naissances par an. Fin mars, pour répondre aux récriminations du personnel soignant, Marisol Touraine avait annoncé la mise en place "d'une administration provisoire immédiate" à la tête du CHAR pour six mois renouvelables.

Selon l'un des administrateurs provisoires, Pierre Lesteven, conseiller général des établissements de santé auprès du ministère, l'établissement cumule "8 millions d'euros de déficit", "30 millions d’euros" de dettes fournisseurs, et "2 millions d’euros" d'actes médicaux non payés.

 

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