Les somnifères
Ch@t du 15 mars 2012 de 15h à 16h : les réponses du Dr Frédérique Aussert, médecin généraliste, spécialiste du sommeil et au Dr Marie-Françoise Vecchierini, médecin du sommeil.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Les réponses du Dr Frédérique Aussert, médecin généraliste, spécialiste du sommeil
C'est dans ces conditions que la mélatonine, dont la prescription doit être encadrée par un médecin spécialiste du sommeil, peut-être utile et particulièrement indiquée.
Tous les deux sont des médicaments inducteurs de sommeil, donc des hypnotiques, la molécule n'est simplement pas la même donc les effets secondaires, notamment à court terme, peuvent être un peu différents.
Il y a toujours un petit risque d'accoutumance avec les médicaments psychotropes, ceci étant il est probablement bien moins important qu'avec les hypnotiques et les anxiolytiques.
Oui, tous les problèmes de sommeil sont curables à condition qu'on ait bien identifié la cause de l'insomnie, ce qui permettra de bien cibler le traitement.
Le Donormyl® est un anti-histaminique donc ne fait pas partie des médicaments psychotropes, sa prise ponctuelle ne pose pas de problèmes spécifiques.
Les médecins généralistes sont, de manière générale, très peu formés à la prescription de la mélatonine, et vous serez certainement mieux pris en charge par un médecin spécialiste du sommeil.
Il va falloir se poser la question du diagnostic de cette insomnie de fin de nuit : dépression, problème de rythme de sommeil, anxiété... et y remédier pour avoir un temps total de sommeil correct.
Aucun médicament n'est recommandé chez le nourrisson, une prise en charge comportementale porte ses fruits dans l'immense majorité des cas.
Oui : les hypnotiques, les anti-histaminiques et les antidépresseurs, et la mélatonine pour les troubles de l'horloge biologique.
A priori non car le Stilnox® a une demi vie courte, en tout cas ne peut induire de somnolence sur la deuxième partie de la journée.
Il est vrai que les spécialistes du sommeil sont peu nombreux, il existe cependant des prises en charge possibles avec des délais moins importants par des centre privés, qui ont de meilleurs délais que les centres hospitaliers.
Les médicaments qui sont retirés du marché sont ceux qui ont montré le plus d'effets secondaires, il n'y a pas d'équivalent pharmacologique, il faut rediscuter l'indication d'un traitement médicamenteux au cas par cas.
Il va falloir mettre en place d'autres alternatives aux somnifères et ensuite seulement entreprendre un sevrage sur plusieurs mois.
Quelle que soit la dose initiale il y a un risque d'accoutumance et de dépendance à moyen et long terme.
Il y a des centres hospitaliers de référence pour le sommeil de l'enfant, par ailleurs si vous habitez en Ile-de-France vous pouvez vous adresser au Réseau Morphée.
Une étude oui, pas forcément un enregistrement de votre sommeil.
Tournez-vous vers la phytothérapie, notamment les médicaments à base de valériane.
C'est dans ces cas où l'horloge biologique reste décalée qu'un médecin spécialiste du sommeil peut poser l'indication d'un traitement par mélatonine.
Bien sûr qu'on est en mesure de la faire. La grande majorité des effets secondaires sont connus, notamment ceux à moyen terme, pour les effets à long terme c'est plus compliqué car il faut plus de recul et des études rétrospectives de grande envergure.
Mettre en œuvre d'autres méthodes pour trouver le sommeil et ensuite reprendre un sevrage plus progressif sur plusieurs mois.
Conseillez lui de consulter un médecin spécialiste du sommeil qui pourra lui proposer des alternatives aux traitements médicamenteux et ensuite l'aider au sevrage.
Le sevrage du Rivotril® doit se faire très progressivement sur une durée très longue si on veut qu'il se passe bien, donc passer à la posologie en goutte sera plus simple pour gérer le sevrage plus progressivement.
Si vous ne voulez plus de médicaments il faut vous tourner vers la sophrologie et la prise en charge en thérapie comportementale et cognitive pour votre dépression.
Toute prise quotidienne de médicaments n'est pas recommandée dans les troubles du sommeil, ceci étant le Donormyl® ne fait pas partie des psychotropes et donc n'a pas les mêmes effets secondaires à moyen et long terme.
Pourquoi pas, l'important est d'arrêter très progressivement le Lexomil® pour qu'il n'y ait pas de rebond d'insomnie.
Oui, il y a un risque de dépendance, la prise en charge en sophrologie pour le sommeil se passe généralement sur 5 séances d'une heure, avec possibilité de thérapies de groupe, donc ça réduit considérablement les coûts. La thérapie comportementale est une bonne alternative, mais souvent non remboursée si faite par un psychologue.
Il faut faire une étape intermédiaire : 1/4 un jour sur deux et 1/2 un jour sur 2 pendant au moins 15 jours puis poursuivre la décroissance très lentement en faisant autant de paliers que nécessaire.
Absolument pas, la mélatonine n'est pas un inducteur de sommeil mais un régulateur d'horloge biologique, ses indications sont donc très spécifiques.
Ces deux médicaments ont une action sur le sommeil c'est vrai, il faut cependant chercher les causes qui perturbent votre sommeil pour savoir si ce sont les médicaments adaptés à votre cas.
Il faut savoir à quoi elle est due : sommeil non récupérateur, de mauvaise qualité donc compensation par une longue durée de sommeil, ou syndrome dépressif avec refuge dans le sommeil ? Faites le point avec votre médecin traitant à ce sujet.
Je vous conseille de vous connecter sur le site du Réseau Morphée vous y trouverez un DVD en ligne sur le sommeil de l'enfant et un forum dédié au sommeil de l'enfant où vous trouverez les réponses à vos questions.
Il s'agit sûrement d'un problème d'horloge biologique un peu décalée, parlez-en à un spécialiste du sommeil pour discuter de l'indication de la mélatonine.
Oui il prend des risques : augmentation du risque de chute et donc de fractures, notamment col du fémur, troubles de la mémoire et de la concentration.
Il ne s'agit pas d'un retrait mais d'une modification des règles de prescription.
La mélatonine est sur ordonnance, ce n'est pas un somnifère mais un régulateur de l'horloge biologique donc pas indiqué et efficace chez tout le monde, le seul produit sans ordonnance est un anti-histaminique.
De ne pas rester au lit si vous ne vous rendormez pas dans les 25 minutes, de faire une activité calme et non stimulante et de ne vous remettre au lit qu'en présence de signaux de sommeil.
Les dysfonctionnements de la thyroïde ont une incidence sur le sommeil.
Les hypnotiques modifient l'architecture du sommeil donc ça peut être par ce biais là que le ronflement se modifie, par contre le Stilnox® n'entraîne pas en lui-même de ronflements.
Ca dépend de la cause initiale de prise du Lexomil®.
Certainement pas le matin, éventuellement vers 22h le soir pendant quelques jours. Mais vous pouvez aussi être très efficace en jouant sur l'exposition à la lumière : exposition +++ à la lumière le soir et lunettes de soleil le matin.
Si votre sommeil est fragmenté à ce point il faut voir un spécialiste du sommeil pour éliminer une étiologie organique à ces multiples éveils nocturnes.
Les études validées ont surtout porté sur la valériane, la mélisse cependant est connue pour ses vertus apaisantes.
Plus vous passez de temps au lit à ne pas dormir plus votre cerveau associe le lit à l'insomnie et non au sommeil. Rester au lit sans dormir ne repose pas, et en général est plutôt éveillant car on se focalise sur une idée fixe : se rendormir à tout prix, ce qui a souvent l'effet contraire à celui voulu !
Troubles de la concentration, de la mémoire, accoutumance et dépendance.
Sophrologie, thérapie comportementale et cognitive.
Bien sûr, ça dépend comment s'est calée votre horloge biologique. Si vous passez plus de temps à être éveillée la nuit votre horloge va se caler sur ce rythme.
En trouvant des alternatives pour gérer votre endormissement et ensuite en entamant un sevrage très progressif.
Regardez sur le site du réseau Morphée vous y trouverez des informations sur le sujet.
Les réponses du Dr Marie-Françoise Vecchierini, médecin du sommeil
Faites le point dans un centre du sommeil avec un mot de votre généraliste.
À deux mois, il est normal que votre bébé ne fasse pas ses nuits. Il ne faut surtout rien lui donner.
Il existe des courts dormeurs qui ne dorment que 5 à 6 heures par nuit.
Il n'est jamais recommandé de prendre des hypnotiques à long terme.
Il est rare mais connu que certains produits ont chez certains sujets l'effet opposé de ce qu'il est habituel d'attendre.
Il faut commencer par connaître les habitudes de veille et de sommeil de votre papa, faites lui remplir un agenda du sommeil.
Il faut commencer par déterminer la cause de ces insomnies.
Il est possible de s'aider par la lumière, la mélatonine, voire dans certains cas d'un hypnotique sur quelques jours...
Il faut choisir le bon moment, diminuer très progressivement la dose de Séresta® (c'est long) et vous faire aider par une technique non médicamenteuse.
Regardez sur Internet dans le cadre de l'APHP ou téléphonez à l'INSV (Institut national de la Veille et du sommeil) ou à la Société de recherche et de médecine du sommeil qui vous donnera des adresses.
Le Rivotril® n'est pas un hypnotique.
Non, les somnifères n'ont pas d'indication dans ce cas.
Oui c'est possible mais il faut être patient...
Il n'y a pas de contre-indication pharmacologique à cette association mais il faut se poser la question de l'utilité d'associer plusieurs molécules.
Non, ce sont deux catégories de molécules différentes.
Voyez un médecin du travail et connaissant les rythmes de sommeil, il pourra vous aider au moins partiellement.
S'il s'agit d'une insomnie psycho-physiologique, il y a des moyens pour vous aider.
Peut-être faut-il revoir votre traitement du SJSR ?
Les effets sont différents selon les molécules en cause.
Il est important de savoir à quelle heure ont lieu vos cours de chant. Si c'est le soir, il est normal que vous ayez plus de mal à trouver le sommeil.
Non, la relation prise de Lexomil® - maladie de Parkinson n'a pas été décrite à ma connaissance.
Sagesse.
Voyez un médecin compétent dans le stress post-traumatique. Certains psychiatres connaissent bien la question.
Votre fille est adolescente et souvent à l'adolescence il existe un retard physiologique à l'endormissement. Il faut voir si elle réalise des activités éveillantes le soir...et être rigoureux dans la régularité des horaires...Ni TV, ni écran d'ordinateur...
Il ne semble pas.
La sophrologie n'est pas remboursée par la Sécurité sociale. Tout dépend aussi de la qualification de la personne qui la réalise.
SJSR signifie syndrome des jambes sans repos.
Certains médecins utilisent certains antidépresseurs habituellement sédatifs pour traiter l'insomnie.
Quel est votre besoin de sommeil ? Combien de temps dormez-vous ? Quelles que soient les horaires, une sieste dans la journée ne doit pas excéder 20 minutes de sommeil, autrement vous altérez le sommeil de nuit.
L'exercice physique est une bonne chose pour le sommeil mais plus tôt dans la journée et pas dans la soirée.
Le Veratran® est une benzodiazépine, anxiolytique.
Ce SJSR induit-il des mouvements périodiques de jambes qui peuvent fragmenter le sommeil. Intermittent ? Il faut préciser. C'est possible mais on ne peut répondre formellement à cette question.
Tout hypnotique a des inconvénients à long terme. Il faut s'entendre sur le "très dangereux".
On peut seulement dire que quand un médicament n'a pas d'effet, il n'est pas souhaitable de continuer à le prendre.
Le problème n'est pas la durée du sommeil en soi mais la forme dans la journée.
Quels acides aminés ?
Si vous réduisez votre temps de sommeil, il y aura un rebond de sommeil la nuit suivante. Dans quel but ?
En savoir plus
Les somnifères peuvent être utilisés en cas d'anxiété, de stress, d'insomnie…Ils peuvent apporter une solution temporaire pour surmonter une période difficile, ils soulagent les symptômes, mais ne guérissent pas ! Les somnifères ont révolutionné le traitement de l'insomnie. Utilisés depuis la nuit des temps, ils sont certainement parmi les plus anciens médicaments. Barbituriques, benzodiazépines... des plus doux aux plus sédatifs, plusieurs familles existent, chacune avec ses propriétés et ses effets indésirables. Les Français en usent beaucoup voire en abusent.
Les somnifères ont de nombreux effets secondaires ! Quelques recommandations sont impératives quant à la prise de ces médicaments : le risque d'accoutumance, le respect des posologies, la prise au moment du coucher, pas d'alcool avec ces médicaments, la baisse de la vigilance et donc pas de conduite après, le risque de troubles de la mémoire, les chutes de tension, les possibles interactions avec d'autres médicaments… Pour toutes ces raisons, il ne faut pas hésiter à consulter. Un traitement de somnifères ne doit pas être pris non plus sur une période trop longue.
En savoir plus :
Le Point.fr
- "Les Français aiment toujours les tranquillisants", par Anne Jeanblanc, 17 janvier 2012.