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Des arrêts maladie trop longs ?

L'Assurance-maladie préparerait un plan d'action pour enrayer "l'augmentation des indemnités journalières", essentiellement liées à l'allongement de la durée des arrêts maladie, selon un document interne consulté ce 2 juin par l'Agence France Presse (AFP). Un reportage sera consacré à cette question dans le Magazine de la santé ce mercredi 3 juin à 13h40 sur France 5.

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Des arrêts maladie trop longs ?

Au cours des dix premiers mois de 2014, alors que le nombre de bénéficiaires d'indemnités maladie a baissé (-2,7%) par rapport à l'année précédente, le nombre de jours indemnisés a en revanche augmenté de 2,8%, de même que le le nombre de jours indemnisés par arrêt (+5,1%).

Au total, 12,8 milliards d'euros d'indemnités journalières ont été versés en 2013 en comptant les arrêts maladie, les congés maternité et les accidents du travail.

En 2013, plus de 203,6 millions de journées ont été indemnisées pour maladie au bénéfice de 4,7 millions de personnes et pour un coût de 7 milliards, est-il rappelé dans le document. Les arrêts de moins de 30 jours, très majoritaires (76%), ne sont à l'origine que de 20% des dépenses. En revanche, les arrêts maladie d'un à six mois représentent 19% du volume, mais 41% des dépenses. Et les arrêts dits "longs", au-delà de six mois, 5% du volume mais 39% des dépenses

Les troubles musculo-squelettiques (TMS, dos, épaule, hernies discales...) et les troubles mentaux, essentiellement des "épisodes dépressifs", "représentent à eux seuls 55% du nombre de journées indemnisées pour ces arrêts longs, les tumeurs 14% et les traumatismes 9%". 

Dans le document consulté par l'AFP, la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) préconise d'identifier les médecins qui prescrivent "à la fois plus d'arrêts et des arrêts plus longs que leurs confrères, à patientèle comparable", pour les rappeler à l'ordre ou leur proposer un accompagnement "renforcé" dès juin 2015. 

"Si ces médecins baissent d'une journée la durée de prescription d'indemnités journalières de leurs patients, cela représente 33 millions d'euros d'économies", souligne la Cnamts. 

Autre piste évoquée pour lutter contre l'augmentation des indemnités journalières : la prévention de la désinsertion professionnelle. L'objectif est d'éviter le cercle vicieux engendré par de longs arrêts de travail. Un "agent faciliateur" pourrait ainsi accompagner les patients vers la reprise d'activité, et améliorer la coordination entre les multiples intervenants de leurs parcours de soins (médecin traitant, médecin du travail, service social,...).

"Une expérimentation va être menée dans les prochains mois" localement avant une éventuelle généralisation. 

La hausse des indemnités journalières peut s'expliquer par divers facteurs structurels, comme le vieillissement de la population active, plus touchée par les maladies chroniques, ou conjoncturels, comme les épidémies de grippe, rappelle la Cnamts. "Mais elle doit être mieux maîtrisée", comme l'a réclamé la semaine dernière le comité d'alerte sur les dépenses d'assurance maladie. 

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