Vaincre ses phobies grâce à la réalité virtuelle

Chez certains grands anxieux, la peur peut aller jusqu’à la phobie. Aujourd’hui, des solutions existent grâce à la réalité virtuelle.

Marie Guyot
Rédigé le , mis à jour le

Audrey 34 ans, supporte les bruits, la foule, l’agitation du métro...  : 
"Le métro, je n'ai pas dû le prendre pendant 15 ans à peu près. Je passais le portique du métro, je sentais l’odeur et j’avais envie de vomir. Si on me faisait monter les escaliers, je vomissais. Maintenant je suis dans un métro, je suis en train de vous parler, il y a plein de gens qui me regardent, je suis encore en train de vous parler et je parle normalement. Je pense que cela veut à peu près tout dire".

Une victoire pour Audrey qui a réussi à surmonter ses attaques de panique dans le métro. Certaines situations restent pourtant encore difficiles. Sa phobie réside dans la peur de ne pas pouvoir s’échapper d’un lieu où d’une situation, elle se sent enfermée.  

Bloquée dans sa vie

"La foule, ça enferme, une porte fermée ça enferme, une interdiction de bouger ça enferme, une interdiction de se lever, ça veut dire que si vous allez à l’opéra, vous n'allez pas vous lever au milieu d’un ballet pour sortir donc vous n'allez plus à l’opéra. Petit à petit cela a grapillé énormément d’endroits de ma vie jusqu’à ce que je sois quasiment enfermée chez moi la plupart du temps" explique Audrey Irastorza, 34 ans.

Elle décide de consulter des psychiatres et psychologues. Ce sont les séances de thérapies cognitivo-comportementales qui l’aident à progresser. Chaque semaine, Audrey voit sa psychiatre qui lui donne des exercices à faire dans la vie quotidienne, comme se confronter à la foule. 

Se confronter à sa peur

Audrey fait en plus des exercices de simulations en réalité virtuelle. Aujourd’hui, elle va passer une IRM fictive, un examen médical pour lequel elle a rendez-vous prochainement et qui l’angoisse. 
 
L’IRM, est un long tube dans lequel il faut s’allonger et rester immobile plusieurs minutes, tout ce que déteste Audrey. Grâce à un casque, elle ressent toutes les sensations visuelles et auditives, comme si elle y était.  

Audrey Irastorza, 34 ans : "C’est le fait d’être coincée, d’être enfermée, c’est étroit quand même une IRM, même en réalité virtuelle. On a le sentiment que le plafond du tunnel est à ça de notre nez, donc ça donne vraiment un sentiment d’oppression. Au début c’était quasiment insupportable et j’avais envie de fuir".  

Le phénomène d'habituation

Dr Fanny Levy, psychiatre, au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière : "Il s’agit de se confronter de manière progressive à l’objet de sa peur jusqu’à ce qu’on en ait plus peur. On parle de phénomène d’habituation, un peu comme une désensibilisation à une allergie si vous voulez. Ce que montre très clairement la littérature scientifique, c’est que c’est aussi efficace de se confronter en réalité, qu’en réalité virtuelle". 

Aujourd’hui, grâce à ces séances, Audrey a repris espoir. Elle a même réussi à passer un entretien d’embauche, une étape importante qui lui permet de se projeter dans l’avenir.

Selon les études, la réalité virtuelle permettrait de diminuer de 70% les symptômes liés à certaines phobies.