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Décès au CHU de Nantes : le lymphome et ses traitements

Suite aux décès de trois patients soignés pour des lymphomes au CHU de Nantes, tous les projecteurs sont braqués sur ce cancer du sang qui touche 200.000 personnes en France.

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Le lymphome touche 200.000 personnes en France

Que s’est-il passé au CHU de Nantes ? Une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) est ouverte depuis le décès de trois patients traités avec une chimiothérapie de remplacement, pour un lymphome, début novembre. Un quatrième patient ayant suivi le même traitement est toujours hospitalisé. Le lymphome est un cancer du sang qui peut prendre plus de 80 formes différentes. Chaque année, 14.000 nouveau cas sont répertoriés en France.

Ganglions, essoufflement, épuisement, amaigrissement… Les symptômes du lymphome sont très variables et dépendent également de la forme de la maladie. Si ses origines restent floues, certains facteurs de risques, comme les traitements immunosuppresseurs ou le VIH, peuvent favoriser sa survenue. Le lymphome est par ailleurs le premier cancer chez l’adolescent.

Quels sont les traitements du lymphome ?

Depuis une vingtaine d’années, les traitements sont de mieux en mieux maîtrisés. Ils sont généralement basés sur des chimiothérapies, associées à des thérapies ciblées qui permettent de bloquer les mécanismes de la tumeur, précise à l’AFP le Pr Catherine Thiéblemont, chef du service d'hémato-oncologie de l'hôpital Saint-Louis à Paris.

Le cyclophospamide (ou Endoxan) utilisé à Nantes est une chimiothérapie "classique" pour traiter le lymphome, mais également des cancers solides comme ceux du sein et des ovaires. Il est en principe associé à "d'autres produits de chimiothérapie" ajoute-t-elle.

Comme à Nantes, le changement de traitement au cours du protocole, pour rupture de stock, est commun. Le remplacement du melphalan, le traitement prévu à l'origine pour les patients de Nantais, par le cyclophosphamide est "un protocole parfaitement validé par la communauté internationale" note le Pr Thiéblemont

Que faire si le traitement fonctionne mal ?

Chez des patients qui rechutent, de fortes doses de chimiothérapies, 2 à 3 fois plus importantes que les doses normales, sont utilisées. Et dans ce cas, une autogreffe peut être réalisée.

L’autogreffe consiste à prélever des cellules souches sanguines sur le patient avant la chimiothérapie à haute dose - qui dure cinq jours - et à les réinjecter ensuite pour éviter une trop grande toxicité du traitement sur les globules blancs.

Quels sont les risques du traitement ?

Comme toutes les chimiothérapies, le traitement du lymphome peut être toxique pour le cœur. Les fonctions cardiaques doivent donc être surveillées de près. La chimiothérapie intensive peut de surcroît entraîner des risques d'infection pulmonaire et digestive. Le patient peut s'infecter avec ses propres bactéries, alors même qu'il est en chambre stérile.

Les quatre patients nantais avaient présenté une myocardite, accompagnée d’une insuffisance cardiaque aigüe. Pour l’heure, rien ne permet de savoir si cette inflammation du cœur est liée à la chimiothérapie.

Quelles sont les principales hypothèses qui pourraient expliquer les décès ?

Défaut de fabrication, conditions de préparation, d’administration, surdosage, contamination… Les inspecteurs de l’Igas devraient explorer de nombreuses pistes, au-delà des effets secondaires des produits de chimiothérapie.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a indiqué le 18 novembre qu'à ce stade, "rien ne permet d'accuser la cyclophosphamide". "Le spectre des causes potentielles est large, il ne faut ni en écarter, ni en privilégier aucune", a-t-elle souligné.

Avec AFP

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