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Antitussifs : quelle efficacité ?

Il existe en pharmacie quantité de traitements antitussifs, délivrés sans ordonnance. A l'approche de l'hiver, le magazine 60 millions de consommateurs a passé en revue 37 de ces médicaments pour adultes, revendiquant une efficacité soit contre la toux sèche, soit contre la toux grasse. Les conclusions de ce comparatif sont sans appel : tous ces produits ont au mieux une efficacité limitée, quand ils ne sont pas carrément inutiles, voire dangereux.

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Antitussifs : quelle efficacité ?

Elle fait partie des petits maux de l'hiver, irritants mais la plupart du temps sans gravité… La toux, souvent due à une infection virale des voies respiratoires, peut disparaître spontanément en quelques jours. Pourtant, l'un de nos réflexes de l'hiver est bien d'aller chercher à la pharmacie un sirop pour lutter contre cette toux. Un mauvais réflexe, selon l'enquête de 60 millions de consommateurs. Elle souligne l'inefficacité de ces traitements, et surtout leurs éventuels dangers. Car certains contiennent, par exemple, de la codéine.

"La codéine est un dérivé de la morphine", rappelle le Dr Marine Crest, médecin généraliste. "L'un de ses effets secondaires c'est la somnolence au niveau du système nerveux, ainsi qu'une inhibition des centres respiratoires. Si le patient a des problèmes antérieurs à cette toux, comme de l'asthme ou une insuffisance respiratoire, la codéine va potentiellement aggraver l’état du patient et même provoquer des détresses respiratoires sévères", explique-t-elle.

L'alcool, ingrédient problématique

D'autres ingrédients sont problématiques, comme l'alcool. Surtout quand il est associé à un anti-histaminique, c'est-à-dire un anti-allergique aux effets secondaires importants.

"L'anti-histaminique, conjugué à l'alcool, cela peut entraîner des somnolences très importantes", poursuit le Dr Crest. "Si l'on prend l’exemple de ce sirop (Rhinatiol®, NDLR), on voit qu’il est indiqué « pour les toux sèches et irritantes, en particulier nocturnes ». Il est en plus indiqué chez les adultes et les enfants dès 2 ans. Vous imaginez l’effet sur l’enfant : il va être shooté, avec des effets secondaires que l’on ne maîtrise pas forcément. Cela peut être des cauchemars la nuit, des chutes, ou un endormissement trop important qui peut empêcher l’enfant de tousser, alors que justement il doit expectorer ses sécrétions bronchiques !"

Une menace aggravée par la cuillère vendue avec ce sirop. Peu précise, elle crée d’importants risques de surdosage. 

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