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Ebola : des volontaires testent un vaccin

Si l’épidémie de fièvre Ebola, débutée sur le continent africain en décembre 2013, a été jugulée, la recherche sur le virus et les moyens de l’éliminer continue. L'Inserm coordonne le projet EBOVAC2, consacré à évaluer l'efficacité́ de la réponse immunitaire déclenchée par une vaccination préventive. Des centres de recherche clinique en vaccination recrutent désormais près de 300 volontaires en bonne santé, afin de "déterminer le profil le plus efficace de la stratégie vaccinale pour stimuler le système immunitaire".

Rédigé le , mis à jour le

Vaccin contre le virus Ebola : l'Inserm recrute des volontaires pour un essai clinique

Le projet EBOVAC2 est actuellement l'un des plus prometteurs en terme de développement d'un vaccin contre le virus Ebola. Des essais de phase 1 - destinés à évaluer la tolérance des substances injectées par l'organisme, sans évaluation d'efficacité - ont débuté il y a plusieurs mois en Afrique, en Angleterre et aux Etats-Unis. Selon les résultats préliminaires, cette tolérance serait très bonne. Aussi, est-il temps d'évaluer si les effets du médicament sont suffisamment puissants pour protéger durablement contre le virus : c'est la phase 2 des essais, à laquelle toute personne en bonne santé âgée de 18 à 65 ans affilié à la Sécurité sociale peut participer [1].

Logo du projet ebovac2

Le recrutement de 630 volontaires est en cours en Angleterre et en France (où un site Internet et un numéro Vert  - 0800 156 156 - dédiés ont été mis en place pour faciliter les démarches).

Dans un second temps, un autre essai de phase 2 sera réalisé sur 1.188 volontaires dans plusieurs pays d’Afrique.

Une vaccination en deux temps

Selon le protocole retenu par les chercheurs, deux vaccins (ou deux placebo [2]) seront administrés aux participants à 28, 56 ou 84 jours d'intervalle. L'objectif est de déterminer quel délai est associé à la production d'anticorps chez les participants.

"Le premier vaccin, appelé « prime », stimule les défenses immunitaires", détaillent les responsables du projet dans un communiqué. "Le second, appelé « boost », renforce [cette] la réponse immunitaire"

Chaque participant sera suivi pendant une année par un médecin (il recevra entre neuf et quinze visites). Chacun peut interrompre sa participation à l'essai "à tout moment".

Rodolphe Thiébaut, coordinateur du projet EBOVAC2, veut désamorcer toutes craintes : "les participants à cet essai n’ont aucun risque d’être infecté par le virus Ebola", insiste-t-il. "Seules des protéines [synthétisées en laboratoire] sont utilisés dans les différents vaccins testés : ces protéines ne peuvent en aucun cas entraîner une contamination. Il s'agit du même principe que pour la plupart des autres vaccins existants."

Une compensation financière est prévue pour les participants.


[1] Les participants doivent toutefois résider à proximité d'un des centres participant à l'essai à Paris (75), Créteil (94), Lyon (69), Marseille (13), Rennes (35), Saint Etienne (42), ou Strasbourg (67). Les femmes volontaires ne doivent ni être enceintes, ni allaitantes, et doivent "utiliser une contraception efficace".

[2] L'administration de placebo à des patients permettra d'évaluer la part d'effets secondaires liés au vaccin, et celle liée à une réaction psychologique (effet "nocebo").

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