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Après Ebola, la mortalité maternelle devrait exploser

L'épidémie d'Ebola a décimé les soignants d'Afrique de l'Ouest. Une perte qui met en danger la santé de la population locale et notamment celles des femmes enceintes. Selon la Banque mondiale, la mortalité maternelle devrait largement augmenter cette année, faute de médecins et d'infirmiers.

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Après Ebola, la mortalité maternelle devrait exploser
Au Libéria, Ebola a tué 0,1% de la population générale, contre 8% des soignants (Image d'illustration)

"La perte de personnels de santé liée à Ebola pourrait porter la mortalité maternelle à des taux qui n'ont plus été vus dans ces pays depuis 15 à 20 ans" explique Markus Goldstein, l'un des auteurs du rapport publié dans The Lancet. En Guinée, Sierra Leone et Liberia, la perte de personnels de santé tués par Ebola risque fortement d'engendrer une flambée de mortalité maternelle lors de grossesses et d'accouchements. Au total, 4.022 femmes risquent de mourir chaque année dans ces trois pays, exclusivement du fait de "l'héritage" de l'épidémie d'Ebola qui a tué plus de 11.000 personnes dont de nombreux médecins et infirmières, affirme la Banque mondiale, à l'initiative du rapport.

La mortalité des femmes lors de grossesses ou d'accouchements pourrait augmenter de 111% au Liberia, de 74% en Sierra Leone et de 38% en Guinée. Et ce même si ces pays étaient déclarés débarrassés d'Ebola. L'épidémie a été critique pour les soignants, les premiers en contact avec les malades. Au Liberia, le virus a tué 0,1% de la population globale mais 8% de ses médecins et infirmières, soit 80 fois plus.

Le virus a affaibli des systèmes de santé déjà précaires, privant une grande partie de la population de soins. 240 infirmières et docteurs devraient "immédiatement" être recrutés dans ces trois pays, selon la Banque mondiale qui appelle à un recrutement bien plus massif dans les années à venir.

Avec AFP

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