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Quelle est la position actuelle vis-à-vis du traitement de la ménopause ?

Quelle est la position actuelle vis-à-vis du traitement de la ménopause ?

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Quelle est la position actuelle vis-à-vis du traitement de la ménopause ?

Les réponses du Pr Anne Gompel, gynécologue :

"La position actuelle de l'ANSM et les recommandations n'ont pas beaucoup changé. Mais les recommandations sont souvent mal interprétées. Ces recommandations disent qu'il faut donner le traitement hormonal de ménopause aux femmes qui en ont besoin. On est déjà loin du compte car moins de 8% des femmes se traitent en France car les médecins ne veulent plus traiter. Je vois des femmes venir de la France entière car on leur a refusé le traitement alors qu'elles n'ont pas de contre-indication. Les recommandations, c'est de dire on traite les femmes symptomatiques donc les femmes qui ont une qualité de vie altérée et ensuite on traite le moins longtemps possible.

"Le traitement de ménopause à la française est complètement différent des études américaines, il n'y a pas de risque thrombo-embolique avec nos traitements et pas de risque d'accident vasculaire cérébral. En revanche, le seul risque qui persiste, c'est le risque de cancer du sein à long terme qui est inférieur avec nos traitements que les traitements synthétiques américains mais ce risque n'est pas nul. Il faut donc être surveillée. Mais l'intérêt du traitement, c'est aussi d'avoir une consultation gynécologique ou avec un généraliste régulière, des mammographies tous les deux ans et si on a des facteurs de risque particuliers, on est davantage surveillée. C'est donc aussi une balance bénéfices-risques.

"Aujourd'hui plus personne ne veut traiter, c'est une catastrophe absolue parce que la qualité de vie des femmes est impactée. Tout le monde ne doit pas être traité. Les femmes qui ont une qualité de vie altérée, les femmes symptomatiques doivent être traitées, il n'y a pas de souci. S'il y a un risque mammaire augmenté, ce n'est pas une contre-indication formelle mais on fera plus attention et on surveillera plus."