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Ménopause : pour 40% des femmes, c'est plus de sept ans de galère

Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes... Près de quatre femmes sur cinq présentent, de façon fréquente, des symptômes vasomoteurs liés à la ménopause (SVM). Or, chez la moitié des femmes présentant ces SVM fréquents (soit 40% de la population féminine), ceux-ci persistent au-delà de 7 ans et 5 mois, selon des travaux publiés le 16 février dans JAMA Internal Medicine. Cette recherche plaide en faveur de recherches sur des traitements supportables sur le long terme.

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Ménopause : pour 40% des femmes, c'est plus de sept ans de galère
Ménopause : pour 40% des femmes, c'est plus de sept ans de galère

Des chercheurs nord-américains ont analysé des données recueillies sur 17 ans, portant sur 1.449 femmes présentant des symptômes vasomoteurs liés à la ménopause (SVM) de façon fréquente(1).

Résultat : il existe 50% de chances pour que les SVM fréquents durent moins de 7 ans et 5 mois (50% pour qu'ils durent plus). Mais de grandes disparités sont observées : les femmes chez qui les SVM fréquents ont débuté avant la ménopause les subissent, pour moitié, plus de 12 ans. A l'inverse, 50% de celles qui étaient déjà ménopausées lorsque les SVM sont apparus ne les ont subi que 3 ans et demi. Des différences ethniques ont également été observées(2).

Les chercheurs observent que les SVM fréquents semblent durer d'autant plus longtemps qu'ils survenaient initialement chez des participantes stressées, anxieuse ou dépressives, ou d'un faible niveau de formation professionnelle.

"Ces résultats peuvent aider patientes et soignants à évaluer la pertinence d'un traitement, en fonction de la probabilité de la persistance des SVM fréquents", soulignent les chercheurs dans un communiqué. Ils observent que les recommandations actuelles du traitement des SVM, à savoir le recours à l'hormonothérapie sur le court terme, sont inadéquates si la durée médiane des symptômes est de plus de sept ans. "Cela met l'accent sur la nécessité d'identifier des thérapies sûres(3) à long terme pour le traitement des SVM", concluent les auteurs.

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(1) Les SVM ont été considérés comme "fréquents" dès lors qu'ils étaient survenus au moins six jours sur les quatorze précédant l'entretien avec les médecins recueillant les données.
(2) Selon l'étude, qui a étudié les différences existantes selon l'origine ethnique des participantes, les afro-américaines souffrent plus longtemps de VMS (médiane de 10,1 ans) que les autres groupes (5 ans pour les femmes d'origine asiatique, 9 ans pour les latino-américaines, 6,5 ans pour les "femmes blanches non hispaniques").
(3) Une méta-analyse publiée le 13 février 2015 dans The Lancet rappelait que le traitement hormonal de la ménopause (THM), même prescrit sur peu d'années, entraînait un risque accru de cancer de l'ovaire. Selon cette synthèse de 52 études épidémiologiques (réalisées depuis une dizaine d'années) les femmes ayant reçu des THM ont un risque "globalement augmenté de 40% d'avoir un cancer de l'ovaire que les femmes n'ayant jamais reçu de tels traitements". L'accroissement du risque de cancer de l'ovaire est "significatif" pendant toute la durée du traitement; il disparaît progressivement après son arrêt, mais subsiste d'autant plus longtemps que le traitement a été long.

 

Source : Duration of Menopausal Vasomotor Symptoms Over the Menopause Transition. N.E. Avis et coll. JAMA Intern Med. 16 février 2015. doi:10.1001/jamainternmed.2014.8063

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