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Grève des sages-femmes : un combat qui divise

Quinze jours après l'annonce par Marisol Touraine de la création d'un statut spécifique pour leur profession, la colère des sages-femmes n'est pas retombée. Déçues par les propositions de la ministre de la Santé, elles demandent des mesures plus concrètes pour valoriser leur place dans le système de santé.

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Comment vit-on la grève des sages-femmes dans un service ?

"Métier formidable, reconnaissance fort minable". Voilà résumé sur une banderole le message des sages-femmes en grève depuis maintenant cinq mois. Ce jeudi 20 mars 2014, elles ont décidé de signifier leur mécontentement de différentes manières : opérations escargot à Marseille, Rennes ou Toulouse, blocage des voies en gare de Nantes en tout début de matinée. À Paris, une cinquantaine d'entre elles s'est rendue à une agence de Pôle emploi pour s'y inscrire symboliquement.

500 cabinets libéraux étaient également fermés. Dans les maternités, où leur présence est obligatoire, nombreuses sont celles à avoir travaillé en noir ou en arborant sur leur blouse rose un brassard couleur de deuil. Car les propositions de la ministre de la Santé, présentées début mars, n'ont pas totalement convaincu les sages-femmes.

Il leur a été accordé un "statut médical". Jusqu'à présent, elles étaient la seule profession médicale, à bac+5, à être associée avec les paramédicaux, comme les aides-soignantes. Dorénavant, "les cadres paramédicaux n'auront plus d'autorité sur elles", a donné comme exemple Marisol Touraine. Or, certaines espéraient obtenir un statut équivalent à celui des médecins ou des dentistes.

Mais si la mobilisation continue, c'est surtout que syndicats et collectifs de sages-femmes craignent ne jamais voir venir de mesures concrètes pour la revalorisation de leurs compétences. Depuis le début, les sages-femmes proposent, par exemple, une mesure qui imposerait aux adolescentes (à l'âge de 16 ans) d'aller consulter une sage-femme ou un médecin afin d'assurer très tôt la prévention des MST ou l'information sur la contraception. Marisol Touraine n'a pas répondu à cette proposition.

De leur côté, certains syndicats de médecins, dont le Syngof (syndicat national des gynécologues obstétriciens de France) ont fait connaître leur opposition à certaines demandes des sages-femmes. "L'autonomisation des sages-femmes, portée par le climat d'effervescence actuel, ne peut se faire au péril des patientes. C'est pourtant le cas si les sages-femmes dévient vers le suivi gynécologique au-delà de la physiologie à laquelle se limitent leurs compétences", estimait le mois dernier le Syngof. En clair, le syndicat rappelait que certains domaines sont chasse-gardée.

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