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Faut-il détruire le virus de la variole ?

La variole, appelée aussi petite vérole, était une maladie virale très contagieuse, reconnaissable à ses pustules sur le visage et sur le corps. "Était", car cette pathologie à été totalement éradiquée à la fin des années 1970, grâce aux campagnes de vaccination massives lancées par l'OMS. L'Assemblée mondiale de la Santé - l'organe dirigeant de l'OMS - doit proposer, lors de sa prochaine réunion, la destruction des derniers virus vivants de la variole. Dans une lettre publiée le 2 mai 2014 dans la revue PLOS Pathogens, trois virologues appellent à la préservation de l'agent viral.

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Faut-il détruire le virus de la variole ?
Enfant atteint de la variole (Crédit photo : CDC)

Depuis que l'éradication de cette maladie infectieuse a été déclarée en 1980, des recherches limitées concentrées sur le développement de tests de diagnostic, d'antiviraux et de nouveaux vaccins se sont poursuivies sous un étroit contrôle, dans seulement deux laboratoires sous haute sécurité, un en Russie et un autre aux Etats-Unis, les deux seuls endroits où se trouvent des virus vivants de la variole.

En 1980, les trois directeurs successifs du Programme d'éradication globale de la variole, lors de l'annonce officielle du succès de l'entreprise. (Crédit photo : CDC)

Ces recherches sont motivées par le risque que la variole puisse réapparaître à la suite d'une réintroduction intentionnelle du virus dans la population.

De fait, selon les virologues signataires de la tribune de PLOS Pathogens, poursuivre la recherche sur des virus vivants de la variole "est essentiel".

"Le travail n'est pas terminé"

Au cours des dernières décennies, les recherches sur le virus de la variole ont permis de produire de nouveaux vaccins antivarioliques plus sûrs et deux antiviraux expérimentaux prometteurs contre cet agent pathogène.

"Malgré ces avancées considérables, le travail sur le virus de la variole n'est pas terminé", insiste le docteur Inger Damon, chercheur au CDC (Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies), cosignataire de l'article.

"Le virus de la variole reste largement méconnu malgré ces progrès", précisent les auteurs de la tribune. "Une [meilleure] exploitation des technologies actuelles pourrait aboutir à des thérapies plus efficaces en cas d'urgence sanitaire qui résulterait d'une résurgence de la variole".

Les virologues questionnent enfin sur la possibilité même et sur l'utilité réelle d'une destruction irrémédiable des derniers virus vivants de la variole. En effet, le génome de ce pathogène a été séquencé et les récentes avancées en biologie synthétique rendent - en théorie - possible la création de virus en laboratoire.

Source : Are We There Yet? The Smallpox Research Agenda Using Variola Virus. Inger K. Damon, Clarissa R. Damaso, Grant McFadden, PLOS Pathogens, 1er mai 2014 doi: 10.1371/journal.ppat.1004108

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