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Dix idées reçues sur l'épilepsie

L'épilepsie souffre d'une image erronée et elle véhicule de nombreuses idées reçues. Allodocteurs.fr en a sélectionné dix pour leur tordre le cou définitivement.

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Dix idées reçues sur l'épilepsie
Article du 1er février 2017, mis à jour le 8 février 2017.
  • L'épilepsie est une maladie mentale

L'épilepsie n'a rien à voir avec une maladie mentale ! Il s'agit d'une maladie neurologique, liée à un fonctionnement anormal et temporaire du cerveau durant la crise (voir encadré).  Mais au décours de celle-ci, il peut  y avoir des troubles du comportement et une confusion, qui peuvent induire en erreur les personnes assistant à la crise et faire croire, à tort, à une maladie mentale.

Zoom sur l'épilepsie

Cette maladie neurologique se caractérise par des crises aux manifestations variées. Les convulsions sont les plus connues mais les moins fréquentes ; des absences (la personne est "déconnectée" du moment présent) ou des troubles du langage, des troubles moteurs, sensitifs ou de la mémoire. Elle touche près de 600 000 Français, ce qui en fait la deuxième affection neurologique après la maladie d'Alzheimer. Elle se soigne par des médicaments antiépileptiques, radio chirurgie (gamma knife) ou chirurgie. 

  • Elle ne se guérit pas

Vrai et faux. La majorité des épilepsies sont soignées avec des médicaments, de la radiochirurgie ou une intervention chirurgicale quand cela est possible. Toutefois, certaines formes survenant dans l'enfance guérissent spontanément ; d'autres peuvent être opérées et donc guéries définitivement.

  • Elle est provoquée par le stress

Faux. Le stress ne cause pas la maladie. En revanche, il peut être un facteur déclenchant de crise, tout comme le manque de sommeil, les émotions violentes, la consommation excessive d'alcool ou la prise de toxiques comme la cocaïne. Dans 5% des cas, les stimulations sensorielles provoquées par la télévision ou les jeux vidéos peuvent provoquer une crise chez les patients sensibles à la lumière.

  • C'est une maladie contagieuse

Faux. La maladie n'est pas provoquée ni par une infection, ni par une bactérie ou un virus ; elle n'est donc pas contagieuse. Le plus souvent, elle est dite idiopathique, sans cause connue. D'autres sont secondaires à une lésion du cerveau, faisant suite à un traumatisme crânien, une tumeur, un accident vasculaire cérébral, un effet secondaire de médicament, etc.

  • Une personne épileptique ne peut pas conduire

Vrai et faux. "Le permis de conduire est possible en l'absence de crises depuis plus d'un an, commente Emmanuelle Allonneau-Roubertie, directrice de la Fondation Française pour la Recherche sur l'Epilepsie qui a réalisé une enquête sur l'image de l'épilepsie en septembre 2016. C'est le type de crises persistant ou non qui va influencer l'autorisation ou pas de la conduite automobile." En pratique, le patient fait la demande à la commission préfectorale du permis de conduire. Il devra se présenter avec un certificat descriptif de son neurologue traitant et éventuellement un EEG récent, d'après la directrice.

  • On ne peut pas travailler

Vrai et Faux. 75 à 90% des personnes épileptiques travaillent. Mais l'activité professionnelle doit prendre en compte la maladie et les facteurs de risque. "Certains métiers sont interdits, comme le personnel navigant, les commandants de bord, les policiers et les pompiers", détaille Emmanuelle Allonneau-Roubertie. Si l'épilepsie n'est pas équilibrée sur une très longue période, d'autres sont déconseillés lorsque le travail comporte une dangerosité pour le patient ou son entourage. "Dans tous les cas, le médecin du travail est seul juge de l'aptitude au poste, estime-t-elle. Il joue, comme l'employeur, un rôle essentiel pour favoriser l'accès ou le maintien dans l'emploi d'une personne épileptique."

  • Une vie normale est impossible

Faux. Avec un traitement bien suivi et une bonne hygiène de vie, une personne épileptique peut tout à fait mener une vie épanouie, aussi bien dans son couple que sur le plan professionnel et social. Un certain nombre de personnalités souffraient d'épilepsie et la maladie ne les a pas empêchées de marquer leur domaine : Alfred Nobel, Jules César, Alexandre le Grand, Napoléon Bonaparte, Lénine, Gustave Flaubert, M Dostoïevski, Prince quand il était enfant… Oui, une maladie chronique pousse parfois à se dépasser, que ce soit par l'écriture, la musique, le génie politique ou la science !

  • Une femme épileptique ne peut pas avoir d'enfant

Faux. Une grossesse est possible et elle se déroule bien dans 92 à 96% [1]des cas ! "Mais le point crucial est qu'elle doit être planifiée avec le neurologue, pour adapter le traitement", rappelle la directrice. Comme certains médicaments augmentent le risque de malformation du fœtus, le médecin évalue le traitement le plus indiqué. Si aucune crise n'est survenue depuis plusieurs années, il est possible d'arrêter le traitement. Si ce n'est pas le cas, le neurologue optera pour une molécule, compatible avec la grossesse, à la posologie la plus faible possible. La surveillance est primordiale durant ces neufs mois. Elément important à connaître, le risque de transmission à l'enfant n'existe qu'en cas d'épilepsie héréditaire, ce qui reste un cas rare. 

  • Le sport est interdit

Faux. Bien au contraire, le sport est désormais recommandé aux patients pour ses bienfaits psychologiques et physiques. Il peut contribuer à diminuer la fréquence des crises et leur sévérité. En pratique, la Ligue internationale contre l'épilepsie a publié des recommandations suivant le type de sport et la fréquence des crises.

  • Durant une crise, la langue peut être sectionnée.

Faux. La langue ne peut être ni sectionnée ni avalée. Cette idée reçue a pourtant la vie dure et pousse certaines personnes à introduire leurs doigts dans la bouche du patient pour retenir la langue et à risquer une morsure. En cas de crise, on recommande de vérifier que le malade ne risque pas de se blesser, de retirer ses lunettes s'il en porte, de placer un coussin sous sa tête si possible. Noter l'heure de début est important pour le médecin et appeler les secours est primordial. A la fin de la crise, le patient est mis en position latérale de sécurité. Tous les gestes à effectuer sont à lire dans cet article.


[1] Intervention du Dr Franck Semah, Recherche et perspectives, FFRE 

 

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