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Quand le cancer affecte la vie intime et le retour à l'emploi

L’Institut national du cancer publie une vaste enquête sur les conditions de vie des Français cinq ans après un diagnostic de cancer.

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Cinq ans après le diagnostic, 29,1% des personnes ont été gênées par leur apparence

"Les cancers et leurs traitements ont un retentissement majeur sur l’état de santé des personnes touchées, et leurs effets sont persistants 5 ans après", déclare l’Institut national du cancer (Inca) à l'occasion de la sortie de leur étude Vicancinq. Les chiffres de l’Inca, qui a suivi 4 174 personnes âgées de 18 à 82 ans pendant 5 ans à compter de leur diagnostic, sont impressionnants. 5 ans après leur diagnostic en effet, deux personnes sur trois estiment avoir des séquelles physiques, comme une grande fatigue ou des douleurs chroniques. Mais la nouveauté de cette enquête, c’est de s’intéresser à la vie intime et professionnelle des participants, fortement affectée par la maladie plusieurs années après la fin des traitements.

Une gêne sociale et un difficile retour à l’emploi

Cinq ans après le diagnostic, "29,1% des personnes ont été gênées par leur apparence, et 14,9% ont évité les contacts avec autrui pour cette raison, au cours des 7 derniers jours", indique l’Inca. En cause notamment, certaines cicatrices et les effets des traitements. Les premières concernées sont les femmes, précise l’enquête. Elles seraient plus nombreuses que les hommes à se sentir moins attirantes. Par ailleurs, 56,8% des personnes suivies ont indiqué ressentir une baisse de libido. Autre élément intéressant observé par l’organisme : le refuge dans la foi, fréquent après le diagnostic. "42,3 % des personnes jugent que leurs croyances religieuses ou spirituelles sont une source de réconfort", note l’Inca. Là encore, ce sentiment est plus souvent observé chez les femmes.

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L’enquête s’attarde en outre sur le retour à la vie professionnelle. Les nouvelles ne sont pas bonnes, puisque 20% des personnes de 18 à 54 ans qui travaillaient à l’époque du diagnostic ont arrêté leur activité 5 ans après. 26,3% des personnes ont par ailleurs constaté une baisse de revenus, selon l’Inca, qui note que "les personnes les plus concernées sont celles qui ont perdu leur emploi depuis le diagnostic, celles qui exerçaient un métier d’exécution ou étaient travailleurs indépendants". Ces résultats montrent une exacerbation des inégalités sociales due à la maladie. Les personnes les plus touchées sont en effet celles qui étaient déjà vulnérables sur le plan social et économique.

Ces données viennent confirmer la direction prise par l’Inca dans son plan cancer 2014-2019, qui a décidé de mettre l’accent sur la réduction des inégalités et des "pertes de chance face aux cancers".

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