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Pénurie de dons de sperme : les Anglais ont besoin d'un coup de main

Le Royaume-Uni fait face à une pénurie de donneurs de sperme : la banque nationale du sperme britannique ne totalise que neuf donneurs. Les conditions pour être autorisé à donner son sperme, drastiques, limitent le nombre de nouveaux donneurs acceptés.

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Pénurie de dons de sperme : les Anglais ont besoin d'un coup de main
Au Royaume-Uni, mieux vaut avoir des spermatozoïdes de compétition pour espérer devenir donneur.

Un an après sa création, la banque nationale du sperme britannique ne compte que neuf donneurs, a déploré mardi sa directrice, Laura Witjens. L'organisme indépendant mais financé par des fonds publics a été ouvert en 2014 seulement à Birmingham pour répondre à la pénurie de dons.

Qu'en est-il en France ?

- En France, le don repose sur le volontariat, la gratuité et l'anonymat. Le donneur, obligatoirement majeur et âgé de moins de 45 ans, doit être en bonne santé et avoir déjà au moins un enfant.

- Il subit des examens médicaux (recherche d'infections, enquête généalogique, examen des chromosomes) avant d'effectuer un premier prélèvement qui permet d'étudier son sperme et sa résistance à la congélation. Les critères de sélection sont cependant moins impitoyables qu'en Grande-Bretagne, en partie parce qu'un tri est déjà effectué par la gratuité du don et la nécessité d'être papa : un tiers des candidats environ sont recalés (abandon, risque de maladie génétique).

- Un même donneur fera 4 à 5 recueils, mais 10 enfants maximum pourront être conçus à partir de sa semence. Le couple qui bénéficiera du don ne peut pas obtenir des informations sur le donneur. Cependant les médecins font en sorte qu'il y ait une certaine harmonisation (même couleur de peau, de cheveux, même groupe sanguin).

- La France est également touchée par la pénurie de donneurs : 268 hommes ont donné leur sperme en 2013, alors qu'il en faudrait au moins 300. Contrairement au Royaume Uni, il est interdit d'importer du sperme de l'étranger.

Après quelques mois d'activité, le bilan est donc plutôt mitigé. Si bien que l'établissement a décidé de lancer courant septembre une campagne de communication pour attirer la gent masculine britannique, a expliqué Laura Witjens dans le quotidien The Guardian. Objectif de l'opération : atteindre un nombre satisfaisant de donneurs d'ici trois à cinq ans.

Pour stimuler la générosité des hommes, la banque a donc décidé de prendre exemple sur la fructueuse méthode danoise, qui consiste simplement à flatter l'ego masculin. "Si nous affichions : "Messieurs, prouvez votre valeur, montrez à quel point vous êtes bons", j'aurais des centaines de donneurs", estime Laura Witjens. Au Danemark, ils peuvent dire "c'est l'invasion Viking, les exportations danoises sont les bières, les Lego et le sperme. C'est une source de fierté", raconte-t-elle au journal The Guardian.

Parvenir à donner son sperme relève de l'exploit

Un thème de campagne très "superman", selon les termes de Laura Witjens, à destination des superhommes donc. Le message, clair, cache l'obstacle majeur qui attend le donneur potentiel : la sélection drastique des candidats.

Ces derniers, âgés de 18 à 40 ans, doivent partager avec leurs spermatozoïdes une forme olympique. La qualité et la mobilité des gamètes doivent être irréprochables, mais il leur faut surtout passer avec succès l'étape de la congélation/décongélation qui peut altérer la mobilité des spermatozoïdes, voire les tuer. Ils sont rares : d'après Laura Witjens, "si 100 hommes se renseignent, 10 seront testés mais un seul deviendra peut-être donneur ".

Après son exploit, l'heureux élu est cependant loin d'être au bout de ses peines : il devra se rendre à la clinique deux fois par semaine durant quatre mois, en respectant une période d'abstinence sexuelle deux jours avant chaque visite. Puis, il subira à nouveau une batterie de tests au bout de six mois.

À cela s'ajoute le fait qu'au Royaume-Uni on frôle parfois l'eugénisme : il est possible de choisir son donneur selon ses caractéristiques physiques, son métier ou encore sa religion. Or, les futurs parents souhaitent bien souvent des donneurs dépassant 1 mètre 80, si possible médecins ou avocats, ce qui exclut bon nombre de donneurs, souligne la directrice de la banque du sperme.

Le don de sperme n'est pas anonyme au Royaume-Uni

De plus, la suppression en 2005 de l'anonymat des donneurs par les autorités britanniques, pourrait en avoir effrayé quelques-uns. Une fois majeurs, les enfants conçus à l'aide d'un don de sperme (dix maximum par donneur) ont la possibilité de connaître l'identité de leur père biologique, bien qu'ils n'aient légalement aucun lien avec lui. "Mais cela ne veut pas dire qu'à 18 ans, ils vont frapper à votre porte et vous appeler Papa", tempère Laura Witjens, au micro de la BBC.

En échange de leur contribution, les donneurs touchent 35 livres (48 euros) par don. Augmenter cette somme pour attirer les donneurs n'est cependant pas envisageable. "Nous aurions certes davantage de donneurs en payant 50 ou 100 livres par don. Mais l'argent corrompt... si vous savez que vous pouvez vous faire 200 livres par semaine pendant quatre mois, vous pouvez être tenté de dissimuler des informations sur votre santé ", justifie Laura Witjens.

Fort heureusement, le Royaume-Uni compte de nombreuses autres cliniques habilitées à recruter des donneurs de sperme. En 2013, 586 nouveaux donneurs se sont inscrits selon The Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA). Mais ce chiffre, bien en dessous des 1.000 donneurs que requiert le Royaume-Uni pour couvrir ses besoins annuels, oblige le pays à importer du sperme danois notamment, amplifiant ce que la BBC appelle le "phénomène des bébés vikings".

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