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À l’écoute de l’enfance en danger… sauf la nuit ?

Le service chargé du numéro vert "Allô enfance en danger", le 119, qui recueille des signalements de maltraitance, tire la sonnette d'alarme sur une possible baisse de leur budget en 2019. 

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À l’écoute de l’enfance en danger… sauf la nuit ?
À l’écoute de l’enfance en danger… sauf la nuit ?

"Aidez-nous à empêcher l'État de maltraiter l'enfance en danger ! […] La protection de l'enfance ne doit pas souffrir de coupes budgétaires", se sont indignés ce 18 septembre, dans un communiqué, les syndicats représentants les équipes d’Enfance en danger (Giped) [1].

Lancé en janvier 1990 pour participer à la prévention des mauvais traitements des mineurs, le numéro gratuit Allô enfance en danger a reçu près de 470.000 appels en 2016, dont près de 33.000 ont donné lieu à un traitement, soit environ 90 par jour. Dans 11% des cas, c'est l'enfant en danger lui-même qui décroche son téléphone.

Selon l'intersyndicale et la direction de la structure, cette coupe budgétaire – envisagée par l'État, contre l'avis des départements – pourrait se traduire par des suppressions de postes parmi les 45 écoutants qui se relaient 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 au numéro 119 (gratuit, anonyme, et notamment conçu pour ne pas apparaître dans les relevés téléphoniques).

"On devrait perdre quatre ou cinq postes", s'est alarmée Céline Redon, porte-parole de l'intersyndicale. Une situation qui, selon elle, pourrait avoir des conséquences notamment sur l'organisation du service la nuit, où les écoutants travaillent actuellement "toujours à deux, au moins".

Voir également : Que faire en cas de soupçon de maltraitance envers un enfant ?

450.000 euros de déficit

"On ne peut pas laisser un écoutant seul la nuit, pour gérer des situations parfois très lourdes", s'est inquiétée Martine Brousse, présidente de l'association "La voix de l'enfant", et vice-présidente du Giped. Selon Mme Brousse et Mme Redon, les représentants de l'État au conseil d'administration "ont manifesté leur intention de maintenir le budget 2019 du Giped à son niveau de 2018", c'est-à-dire en baisse de 7% par rapport à 2017.

"Cette année, c'est une situation exceptionnelle car nous avions un fonds de roulement qui a permis d'absorber la baisse de 7%", détaille Mme Redon. "Mais à présent nous n'avons plus de trésorerie, donc si le budget 2019 est du même montant qu'en 2018, nous aurons au minimum 450.000 euros de déficit et ça devrait se traduire par des suppressions de postes".

avec AFP


[1] Enfance en danger (Giped) est un groupement d’intérêt public, financé à parité par l'État et les départements. Le communiqué émane de l'intersyndicale CGT-CFDT-Sud.

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