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Auteur Colopathie (quasi-guérison)
Flo28
Le 30/05/2019 21:29:05

Je me permet de relater mon expérience, en espérant qu’elle puisse aider. Je souffre en effet de colopathie depuis deux ans maintenant, mais j’ai réussi à très nettement améliorer ma situation, avec une quasi disparition des symptômes.

 

J’avais souvent une légère constipation ces dernières années, mais rien de vraiment génant. Il y a deux ans cependant, alors que je traversais une période stressante (changement important au niveau professionnel), les symptômes sont devenus subitement extrêmement douleureux : alternance entre diarrhées et constipation, ballonemments douloureux, brulûres et irritations en allant aux toilettes, glaires dans les selles voir du sang, avec parfois des nuits entières à me tordre de douleur.

 

J’étais alors vegan depuis quelques années, et j’ai tout de suite pensé à un désordre du à mon alimentation (j’abusais des pates, du riz et du pain depuis une bonne année, par flemmardise, avec peu de diversité alimentaire). Je consultais cependant des médecins par précaution : analyses sanguines, radios, scanner, analyse des selles, et coloscopie. Tout était parfait, aucune allergie, aucun déficit de minéraux ou autres (je prennais des compléments depuis le début de mon alimentation végan), pas de cancer ou de Crohn, ni de candidose, et une flore digestive pas parfaite mais pas non plus pathologique. Il est important de faire ces examens, car les symptômes d’une colopathie peuvent traduire une pathologie plus grave.

 

Une fois ces examens faits, j’ai donc commencé par supprimer le gluten de mon alimentation, afin de vérifier ce qu’il en était. Pendant 2-3 mois, les symptômes ont nettement diminués, mais sont revenus progressivement, et 4-5 mois après avoir arrêté le gluten, je faisais de nouveau des crises très violentes (douleurs très fortes pendant la digestion, comme si on me passait l’intérieur du corps au lance-flamme, avec une nuit blanche à me tordre de douleur comme résultat, et des glaires dans les selles). Je repassais de nouveau des examens après avoir de nouveau consulté des médecins : analyses sanguines, coloscopie, etc. De nouveau toutes les analyses étaient bonnes.

 

J’ai alors essayé de supprimer d’autres aliments de mon alimentation, les uns après les autres : légumineuses (que j’avais beaucoup diminués, vu les gonflements qu’ils provoquent déjà naturellement), les épices, le riz, les légumes crus… Je ne mangeai déjà plus de produits laitiers ni de viande ou d’oeufs depuis des années, avec mon alimentation vegan. Mais rien n’y faisait, impossible de trouver l’aliment qui était la cause de ces douleurs, alors que le résultat avait été assez net avec la suppression du gluten.

 

En faisant des recherches sur internet, j’ai lu un certain nombre de témoignages, et j’ai également acheté un livre que je conseille : “Le charme discret de l’intestin” de Giulia Enders, étudiante en médecine, qui vulgarise de nombreuses données médicales.

 

J’ai par ce biais appris plusieurs choses : notre alimentation moderne, avec énormément de céréales sélectionnés par croisement, de sucre et de fructose, et avec peu de diversité par rapport à l’alimentation traditionnelle de l’humanité (avec toutes ses variétés de légumes et fruits), abime notre système digestif (ne parlons pas des pesticides, du plastique, etc), pouvant causer des intolérances, des inflammations, une porosité de la paroi intestinale, des déséquilibres de la flore intestinale… Le stress, des épisodes d’intoxication alimentaire, l’utilisation de certains médicaments comme les anti-biotiques, ou encore un mauvais équilibre de l’alimentation (me concernant, un mauvais équilibre de mon alimentation vegan pendant des années), peuvent créer cette colopathie dont je souffrais.

 

Le seul témoignage d’une colopathe que j’ai trouvé sur internet évoquant une guérison proposait la méthode suivante : adopter le régime FODMAP (disponible sur internet, une simple recherche google), listant les aliments ne causant pas d’inflammations, en supprimant également laitages, gluten, et ce qui cause des douleurs (me concernant, légumineuses et légumes crus, et certains autres même cuits : oignons notamment, etc). Puis une fois les douleurs disparues, réintroduire doucement d’autres aliments.

 

C’est donc ce que j’ai fait : pendant environ 2-3 mois, je ne me nourrissais plus que de patates cuites, avocat, un peu de tofu (je le tolère s’il reste occasionnel), et des fruits (sauf pommes et poires que je ne tolérais pas). Inutile de vous dire que ce fut frugal, que j’ai perdu une poignée de kilos (alors que je n’étais déjà pas bien gros), et que j’étais sans cesse épuisé par le manque d’apport calorique. Mais au moins les douleurs ont rapidement très nettement diminuées.

 

Les mois suivants, j’ai essayé de réintroduire peu à peu d’autres aliments : riz, tofu en plus grande quantité, légumes crus, légumineuses… Mais impossible, les symptômes revenaient très rapidement. J’ai vite compris que je devais trouver une autre solution, car je continuais à mincir…

 

Giulia Enders dans son livre insiste sur l’aspect psycho-somatique de cette pathologie : notre cerveau n’est sans doute pas à l’origine de la colopathie, mais le stress, la dépression, aggravent très nettement les symptômes, et empêchent d’en sortir. C’est d’autant plus un cercle vicieux qu’elle précise que selon les dernières recherches médicales, notre système digestif est responsable en partie de la synthèse de la sérotonine, l’hormone du bonheur : outre une dépression somme toute naturelle lorsqu’on souffre en permanence, une dépression induite par un déséquilibre chimique survient chez les colopathes, dont la production de sérotonine est affaiblie.

 

J’ai donc pris deux décisions : la première, c’est de cesser mon régime vegan tant que je serai malade en mangeant désormais des oeufs. J’ai ainsi pu cesser de maigrir, reprendre quelques kilos, et je pense que mon système digestif a apprécié cet aliment riche et facile à digérer.

 

La deuxième, c’est de m’attaquer au volet psycho-somatique. Giulia Enders conseillait l’hypnose surtout, et éventuellement une psychanalyse, les études montrant une amélioration des symptômes chez les colopathes y recourant. Ayant déjà fait de la psychanalyse dans ma vie, je ne voulais pas m’y replonger, j’optais donc pour l’hypnose. J’ai avant cela réfléchit à ce qui avait pu m’arriver dans les années précédant ma maladie : de gros problèmes de couple qui ont créé une dépression un peu dissimulée, des difficultés professionnelles avec beaucoup de stress au travail, une discipline me poussant à intérioriser tous ces soucis “car ce n’est pas non plus le bagne”, un changement radical d’alimentation avec le véganisme, et une intoxication alimentaire assez grave pour me conduire à l’hôpital pendant une semaine et être bombardé d’un mélange d’antibiotiques.

 

Avec tout cela en tête, j’ai été voir un hypnotiseur pendant deux séances. Elles ont été très bénéfiques : j’ai pu évacuer beaucoup de mauvais souvenirs liées à ces années noires, de stress et d’angoisses résiduelles. Ces souvenirs étant à mon avis intimement liés à la dégradation de ma santé, je pense que cela a un peu aidé au niveau de ma colopathie. Je pouvais alors remanger des légumes crus, de temps en temps un peu de légumineuses comme des pois chiches.

 

Mais il était toujours impossible de remanger des céréales, et certains légumes ou légumineuses (oignons, lentilles…). Consommant par inadvertance un cocktail contenant un peu de bière (donc du gluten), je passais une nuit à me tordre de douleur comme jamais, comme si m’être passé de gluten pendant une année avait conduit mon organisme a y être virtuellement allergique (bien qu’aucune allergie n’était détectable avec les analyses). Les douleurs digestives continuaient, mon moral était bas avec de temps en temps de véritables crises dépressives incontrôlables… C’était mieux qu’il y a un an où je ne pouvais manger que des patates et de l’avocat, mais c’était encore très handicapant.

 

J’ai également pris une dose de L-glutamine tous les matins : c’est une sorte de complément pour sportif, la L-glutamin étant naturellement présente en nous, et est chargée de réparer nos muscles endommagés. En en prenant le matin à jeun une cuillière (avec de l’eau froide et ½ heure avant de manger quoi que ce soit), c’est censé réparer peu à peu notre système digestif (je ne sais pas à quel degrès cela a aidé à ma guérison, mais je le mentionne tout de même)

 

Sur les conseils de mon meilleur ami, psychiatre, qui venait de faire sa thèse sur les liens entre psycho-somatique et douleurs chroniques, je décidais de suivre un traitement de légers antidépresseurs. Selon lui, sur le long terme, c’était le meilleur moyen de sortir du cercle vicieux des pathologies avec douleurs chroniques : au bout d’un moment de souffrance continue à un endroit, notre cerveau est conditionné de manière pavlovienne à souffrir à cet endroit. C’est comme être piqué sur le même doigt par une aiguille pendant des mois : une simple caresse provoque alors des sensations de douleurs, notre cerveau ayant été formaté à souffrir à cet endroit. Les anti-dépresseurs permettent de casser ce conditionnement, et en outre, permettent de rééquilibrer le déséquilibre en sérotonine dont je parlais plus haut.

 

Les anti-dépresseurs ont mis environ 2 mois à agir, au début en “bloquant” mes accès dépressif (c’est assez étrange, c’est comme être en même temps heureux et déprimé. Ou comme si quelque chose bloquait notre chute d’humeur, on sent “qu’on devrait être plus déprimé que ça”, mais ça n’arrive pas car “quelque chose bloque la dépression”). Puis peu à peu, j’ai cessé de penser aux douleurs, à ma digestion. J’ai cessé de m’inquiéter, j’ai appris à relativiser les quelques moments embêtants dans la journée (un peu de ballonements, de constipation...). N’étant plus stressé ou déprimé, le moral remontant, la digestion s’est faite de plus en plus facilement, j’ai presque totalement cessé d’être constipé. Les anti-dépresseurs ont réellement été une étape décisive dans l’amélioration de ma santé. Comme beaucoup, j’avais refusé pendant des mois d’y recourir, “car cette maladie est réelle ce n’est pas dans ma tête”, sans compter la stigmatisation sociale liée à la consommation d’anti-dépresseur. Mais j’encourage aujourd’hui vraiment à franchir le pas en cas de douleurs chroniques, il faut vous dire qu’ils ne s’agit pas de soigner une dépression qui aurait causé votre maladie, mais au contraire de soigner une dépression/des mécanismes psychologiques causés par la maladie et qui empêchent d’en sortir/aggravent les symptômes. Ce n’est pas la même chose.

 

Aujourd’hui, je ne peux toujours pas remanger de céréales, à part de temps en temps un peu de tofu. De simples feuilles de riz me causent ballonnements, et un peu de douleurs (avec dans les selles un peu de glaires). Mais par contre, les légumes crus, les fruits, ne posent plus de soucis, et tous les symptômes légers dont je souffrais toujours ont disparus. Ou plutôt mon cerveau a cessé de mécaniquement aggaver toute sensation de digestion en douleur. Mon humeur est bonne, et le traitement anti-dépresseur est très léger (ce n’est pas la dose minimale, mais la dose juste au dessus, c’est à dire vraiment pas grand chose), ce qui évite tout effet indésirable secondaire (la paranoia ou les phases maniaques lorsque les antidépresseurs sont trop forts). Bref, j’espère bien remanger des céréales comme du riz, des légumineuses comme des lentilles, dans les prochains mois, mais je préfère prendre mon temps maintenant : mon moral est bon, j’ai une digestion pas terrible me conduisant 2 fois aux toilettes par jour mais rien de grave (contre parfois 6-7 fois par jour il y a un an), et je peux manger suffisamment d’aliments différents pour me faire plaisir (légumes, fruits, olagineux, oeufs… Je limite le chocolat et les bananes, connus pour constiper).

 

Voilà, j’espère que mon témoignage pourra être utile à certains !

 

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