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Auteur Syndrome sérotoninergique
Anti-barbe
Le 01/09/2015 08:40:16

Salut,

Pour résumer vite fait, je suis une femme de 27 ans, avec antécédents d'anxiété sociale pour laquelle j'ai déjà pris de l'escitalopram® 10 mg qui a été efficace (c'était en 2009 et en 2012).

J'ai depuis mi juin plusieurs attaques de panique par jour, que j'ai essayé de gérer seule car j'allaite et je préfère éviter un maximum de prendre des médicaments. Vers fin juillet, n'arrivant plus à gérer, j'ai décidé de reprendre de l'escitalopram®. J'ai pris 10 mg, la dose que je prenais avant, et j'ai eu une très mauvaise réaction, comme une grosse grippe & gueule de bois combinées: fièvre à 39°C, nausée, diarrhée, tachycardie (160+), vertiges, akathisie, agitation, chaud/froid, tremblements... 

J'ai pris pas mal de médicaments pour essayer de contrôler tout ça (propranolol®, lopéramide®, métoclopramide® etc), ça m'a assez paniquée. Je ne suis pas quelqu'un qui va facilement aux urgences donc je suis restée chez moi suite à ça, les symptômes se sont passés en 3 à 4 heures je dirais. 

Inutile de dire que je n'ai jamais repris d'escitalopram® depuis. 

J'ai 2 petites questions:

1) Pourquoi? pourquoi je n'ai pas toléré le médicament alors que je l'ai pris par 2 fois pendant 1 an sans aucun problème?

2) Y a t-il une alternative aux ISRS pour traiter l'anxiété chez les femmes allaitantes? Je refuse de prendre des BZD, et l'hydroxyzine me fait dormir toute la journée. Est-ce qu'un autre ISRS aurait systématiquement le même effet?

Merci et bonne journée !

Message modifié le 01/09/2015 08:46:54, par Modérateur Allodocteurs.fr
Adrien Franceschino, externe CHU de Montpellier
Modérateur
Le 05/09/2015 21:46:16

Bonjour,

Il est en effet possible que vous ayez subi un syndrome sérotoninergique, les symptômes que vous avez eu correspondent. Dans ce cas il faut imédiatement arrêter l'ISRS, éventuellement prendre des traitements symptomatiques mais surtout arrêter le médicament en cause. Par contre en effet je ne saurais pas dire pourquoi c'est survenu alors que vous l'aviez bien toléré pendant longtemps, surtout si la dose était identique, à moins que la dose ait été augmentée progressivement initialement et qu'une reprise à 10 mg était trop brutale. 

Pour la possibilité ou non de réintroduire un autre ISRS je n'arrive pas à trouver des sources fiables, en tout cas plusieurs choses : consultez impérativement votre psychiatre pour faire le point sur cet épisode et évaluer la possibilité de réintroduire un ISRS, si la réintroduction est possible elle devra se faire très progressivement et en débutant à des doses faibles, et enfin le médicament le mieux adapté à un trouble panique est la paroxétine (ISRS aussi, et qui ne pose pas de problème pour l'allaitement) au long cours, éventuellement associée à des benzodiazépines (mais ce n'est pas indispensable si vous ne le souhaitez pas, et pour l'hydroxyzine c'est une alternative mais elle a en effet l'inconvénient d'être assez sédative...), et idéalement en association à une thérapie cognitivo-comportementale.

En espérant vous avoir éclairé,

Cordialement.

 

Anti-barbe
Le 08/09/2015 12:53:37

Bonjour et merci pour votre réponse. J'ai refait un essai ce matin en prenant un quart d'escitalopram® 10, soit environ 2,5 mg (probablement un peu moins, puisque j'ai pris la plus petite moitié de la plus petite moitié). J'ai pris du propranolol® en même temps, et de la dompéridone®.  Environ 2 heures après, j'ai commencé à avoir des grosses bouffées de chaleur et une diarrhée. Les symptômes sont tout de même beaucoup plus supportables qu'avec 10 mg. Je me demande si ça vaut le coup de continuer, d'autant plus que je suis dans un état d'hypervigilance permanente ce qui accentue le moindre symptôme. Finalement je crois que je vais le tenter avec une benzo® ou switcher avec la paroxétine® qui a plus d'effets anticholinergiques il me semble. Ca m'éviterait de perdre trop de poids en début de traitement.  J'espère juste que cette réaction exagérée à une si petite dose ne révèle pas une patho plus grave genre syndrôme carcinoide (mais c'est sûrement mon côté anxieuse/hypocondriaque qui me fait penser ça). En tous les cas j'en parlerai à mon psy vendredi.   Merci encore pour votre réponse et bon courage pour l'externat.

Message modifié le 08/09/2015 13:22:50, par Modérateur Allodocteurs.fr
Adrien Franceschino, externe CHU de Montpellier
Modérateur
Le 12/09/2015 20:49:43

Bonjour,

Non n'en prenez plus, c'est visiblement ça qui est en cause et il est inutile de vous mettre en danger. Par ailleurs, la dompéridone en traitement symptomatique pourquoi pas, mais ne prenez pas de propranolol sans avis médical, ça peut être dangereux. 

En effet le mieux me semble aussi de switcher pour de la paroxétine en l'introduisant très progressivement, voire éventuellement une benzodiazépine au début si besoin (mais qui ne devra pas être poursuivie plus de 12 semaines), si votre psychiatre juge que c'est pertinent et indiqué bien sûr. Pour une éventuelle pathologie, rassurez-vous, devant la chronologie très évocatrice des troubles ça ne peut vraisemblablement être lié qu'à l'escitalopram. 

N'hésitez pas à me tenir au courant, bonne journée !

Cordialement. 

(NB aux modérateurs qui mettent des ® partout : les molécules citées en dénomination commune internationale ne sont pas de noms commerciaux de marques enregistrées !)

Message modifié le 26/09/2015 12:39:34, par Adrien Franceschino, externe CHU de Montpellier
Anti-barbe
Le 24/09/2015 09:19:31
Bonjour, Je viens donner quelques nouvelles. Donc j'ai vu ma psy, je n'ai pas pu lui parler autant que je le pensais, c'est un peu chaud d'aborder le sujet quand on est soi-même du "milieu", et de choisir les termes adéquats. Du coup j'ai un peu minimisé mes symptômes, elle m'a conseillée tes techniques de relaxation/sophro et une TCC (que je n'ai pas les moyens de faire), ayant déjà essayé la relaxation et toutes les techniques "soft" en vain, j'ai repris de moi-même du seroplex® (je mets le petit registered trade-mark pour éviter au modo d'éditer mon post). À ne pas faire, je sais, mais je suis dans une situation dans laquelle je n'ai pas d'autre choix que de modifier la chimie de mon cerveau. J'ai un peu compris d'où viennent mes angoisses et il m'est absolument impossible de modifier quoi que ce soit dans ma situation actuelle. J'ai donc repris à 2,5 mg, puis à 5 mg, j'ai eu les pires attaques de panique de ma vie, des bouffées de chaleur insupportables, vertiges, nausées, diarrhée, perte de poids, idées suicidaires etc. Au bout de 2 semaines environ j'ai upé à 7,5 mg, puis à 10 mg (de toute façon les effets secondaires ne pouvaient pas être pires).  Donc là à 3 jours de 10 mg, ça va beaucoup mieux, je n'ai plus d'angoisse, je dors mieux, et j'ai un moral un peu moins en berne, avec toujours quelques effets secondaires supportables. Mais si quelqu'un d'autre me lit, je ne conseille pas l'auto-médication (mes études et mon expérience me font gérer, je ne fais pas ça à l'aveugle). Quant à ma question initiale, j'ai trouvé 2 explications potentielles, je posterai tout à l'heure pour détailler au cas où ça t'intéresserait.  (Je pige pas comment on gère la mise en forme, faut mettre des balises? désolée pour le gros pavé)
Message modifié le 24/09/2015 19:17:04, par Anti-barbe

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