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Les chroniques d'une geek lupique

Les chroniques d'une geek lupique

"Connue comme le loup blanc"

Rédigé le 17/11/2012 / 0

C'est ce que j'avais l'habitude de dire en parlant de moi dans le service de rhumatologie du CH de ma ville après les 9 semaines d'hospitalisation là-ba. C'était une façon de me la jouer / de dédramatiser ce qui m'était arrivé. Mais en fait c'est vrai, j'ai testé ce statut toute la semaine.

Dimanche soir dernier j'ai commencé à avoir mal en dessous des côtes avec irradiation vers l'épaule gauche et le cou. C'est monté en puissance durant la soirée et quand j'ai voulu aller me coucher, la position allongée c'est avérée impossible, malgré tous les cachetons avalés (dans la limite du raisonnable, hein, mon foie étant assez sensible). J'ai donc passé la nuit debout, assise, prostrée en tailleur, bref dans toutes les positions possibles et au petit matin (6h) je n'y tenais plus et surtout j'avais vraiment du mal à respirer. Donc j'ose aller réveiller ma mère et je lui dit "tu te souviens pourquoi tu as tenu absolument à me faire emménager avec toi ? et bien je crois que on est en plein dedans". Branle-bas de combat maternel, 10 minutes après elle était habillée et moi j'avais chopé mon chargeur à portable (on est geek ou on l'est pas). Direction un lieu bien connu : les urgences (qui sont à 5 minutes si on grille les feux).

Arrivées là-ba, pas trop de monde (ouf !) et ça commence, le docteur de garde m'a déjà réceptionné et s'en souvient. Je lui sors la feuille de mes antécédents et traitements en cours (chose très utile, surtout quand on halète). Ma mère ne connaît pas tous les détails et subtilités de mes pathologies donc j'ai préparé ce document avec ma généraliste il y a quelques mois et je l'ai toujours sur moi, ça facilite le boulot des soignants et accélère la prise en charge (genre c'est pas du flanc). Bon faut pas rêver, les urgences ne seraient pas les urgences si on attendait pas 8h dans un couloir glauque sur un brancard à côté d'un papy qui geint. Donc après m'avoir donné un antalgique, fait une prise de sang et branché un cathé d'eau salée j'ai passé la journée à attendre. A jeun. Qu'on m'emmène au scanner. C'est là qu'on est content d'avoir des smartphones, ça occupe et accessoirement ça permet de tenir les proches au courant. Vers 18h30, scanner (que je savais revenir négatif à l'avance) et à 19h on me transfère dans la nouvelle unité de médecine post urgences (une dizaine de chambres permettant d'attendre dans de bonnes conditions qu'un lit se libère dans le bon service). 

Dès mon arrivée je tombe sur une infirmière du service de rhumato d'il y a 2 ans qui me reconnaît aussi, on papote pendant les formalités, je mange enfin (ahh la fameuse soupe d'hosto lol) et c'est reparti pour une nuit hachée à demi assise/couchée. A la ronde de 3 heures l'infirmière de nuit aussi est une ancienne de rhumato, on papote encore.

C'est très agréable de tomber sur des gens qui te connaissent quand t'es mal, le stress descend et t'as pas besoin de bagarrer pour expliquer tes besoins. Il faut dire que tout le service de rhumato m'a vu dans un état vraiment lamentable.

J'ai passé 2 nuits en post urgences. Avec une mamie atteinte d'un parkinson avancé (la pauvre elle en bavait) et qui ronflait comme je n'ai jamais vu ou plutot entendu avant : quand je faisais du bruit pour la réveiller un peu et qu'elle stoppe, la locomotive désiel descendait dans les graves et montait en puissance, comme si un dragon prenait le relais et exprimait sa désapprobation, c'était à se tordre de rire et ça m'a bien occupée la 2ème nuit.

J'ai encore vu 2 autres soignantes qui me connaissaient durant ces 2 jours, en fait une bonne partie de la rhumato est partie dans ce service ce qui est bien, car elles ont toujours été très bien et c'est exactement ce dont on a besoin quand on rentre par la porte des urgences, des gens attentionnés, souriants et pro.

Durant ce temps, j'ai été suivi par une des collègues de ma rhumato (chef de service, overbookée) qui connaissait un peu mon cas vu qu'elle était là durant mes aventures précédentes, le feeling est bien passé et rapidement par le pneumo qui m'avait aussi suivi. Mais comme il n'y avait rien sur le scanner ni sur les radios, ils ne savaient pas sur quel pied danser, vu que mes embolies étaient distales et n'ont été visibles qu'avec une scinti. Ce qui a changé la donne et mon emplacement physique dans l'hôpital c'est mon taux de CRP qui a fait un bond à 150 en 24h et une poussée de fièvre à 38,5 (je ne fais jamais de t°). Là ma rhumato a dit "je la veux dans le service" (genre ça sent le bordel qui arrive). Zou direction la rhumatologie au 4eme le mardi soir. J'en menais pas large...

Bon arrivée là-ba ça a été festival de "oh vous ici ? on vous manquait ?" etc. Très familier, c'était rigolo de voir la tête des autres personnels qui me connaissaient pas et nous voyaient dire des bêtises (je suis toujours très souriante et blaggeuse même quand j'en bave, c'est ma façon de gérer la douleur).  Comme je connaissais bien l'aide soignante qui m'a installé (une de celles avec qui j'avais le plus discuté de tout et de rien) j'ai pu demander directement un traversin (objet rare et uniquement trouvable en rhumato) et les formalités ont été faites tranquillement. La soirée s'est passée à faire connaissance avec ma voisine de chambre et à bouffer mon forfait data.

Le mercredi, ma rhumato entre enfin en scène, pardon, dans ma chambre, vers 11h (le nombre de chronique de Didier Porte qu'elle m'a fait raté à l'époque...), hilare. Ben vi, hilare, car j'avais RdV dans un peu moins d'un mois donc évidemment sa 1ère phrase a été "alors z'étiez pressée de venir me voir ?" (2 fois je me suis pointée par les urgences alors que j'avais un RdV de routine programmé quelques jours plus tard, voir le jour même lol). On discute de ce qui m'arrive, toutes les 2 d'accord sur le fait que étant un cas rempli de surprise on va surveiller et s'attendre au pire comme au mieux. Elle me prévient que jeudi elle est pas là mais qu'elle laisse des consignes. Observation le jeudi, radio et PdS vendredi et on avise. OK.

Le jeudi se passe, j'ai de moins en moins mal et peut même dormir allongée. Je renvoies dans les cordes la brancardière venu m'emmener pour des radios "ah non, c'est demain, aller demander".

Vendredi, examens donc, grosse prise de sang qui m'explose ma dernière veine accessible (c'est ma laborantine habituelle qui va faire la tête lundi) et je passe la journée à attendre (vive le Master Mind). Jusqu'au soir. J'ai commencé à douter de la relation particulière que je pense entretenir avec ma rhumato, mais bon, une cheffe de service, absente la veille, c'est booké quand arrive le vendredi. En fait elle m'avait gardé pour la fin, pour qu'on soit plus tranquilles. Radio OK, PCR redescendue, plus trop de douleurs à part mes habituelles, même si je sentais toujours une gène côté poumon gauche. Bref je suis bonne pour sortir le lendemain. Youhou ! Moi j'avais envisagé une permission de WE au cas où. Pas envie de revenir passer par la case urgences si ça repart en live (ce qui est dejà arrivé). Elle me rassure en me disant que le pneumo s'est engagé à me prendre directe dans son service si c'est le cas (j'avais fait un BOOP il y a 2 ans). Après on a papoté, je lui ai donné un ferrero (elle est accro au chocolat) et ma voisine de chambre en a aussi profité pour poser quelques questions sur sa hernie dont une qui tue. "Il va falloir que je vois un spécialiste du dos en sortant ?" On s'est regardé avec ma rhumato et on a explosé de rire !

Voila l'aventure de la semaine. Maintenant le challenge, c'est de continuer à arrêter de fumer (lol) et que mon corps fasse pas de connerie avant le 25 décembre. Pourquoi ?

Parce que j'ai un site à finir et que j'ai bien l'intention :
- d'assister à la non fin du monde le 21 décembre
- de voir le spectacle d'Alexandre Astier à Lyon le 22 avec mes potes
- et de m'auto-offrir un iPad mini pour Nowêl.

 

 Légendes des images
1 - Ma chambre était la 433 il y a 2 ans, je m'éttais juré de graver une connerie genre "Annoh was here" si j'y retournais
2 - Mes chaussettes spéciales hosto, où comment entamer une conversation décontractée avec le personnel soignant (qui ne voient que des pieds quand ils rentrent dans une chambre). J'en ai toute une collection maintenant
3 - Mon reccord au Master Mind le jeudi. La tête allait bien même si le corps suivait pas.

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