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Les chroniques d'une geek lupique

Les chroniques d'une geek lupique

Et sur une échelle de 1 à 10 ?

Rédigé le 20/12/2012 / 1

C'est la question que l'on pose maintenant tout le temps à propos de la douleur à l'hôpital. Et elle m'énerve !

Pourquoi ? Parce que rien n'est plus subjectif.

Un simple exemple.
Lors de mon dernier passage à l'hosto (cf billet précédent), ma voisine de chambre souffrait d'arthrose cervicale et au matin estimait sa souffrance à 7. Sauf que quand elle se déplaçait dans la chambre avant la venue de l'infirmière elle cavalait sans problèmes et que la nuit elle a dormi comme un bébé. Moi j'étais à "7" aussi mais je ne bougeais pas, la nuque dans un étau, j'avais pas dormi et j'étais presque désagréable.

Alors quoi ? 

Etait-ce elle qui est douillette, est-elle plus résistante, elle voulait sa dose de drogue matinale ?
Ou est-ce que c'est moi qui suis trop sensible malgré ou à cause de ce que j'ai déjà subi avant.
Franchement comment savoir quand on ne connaît pas la personne, comment l'infirmière chargée des médocs peut vraiment estimer si il y a besoin ou non d'antalgique plus ou moins puissant. On a eu droit à nos 10 mg de morphine chacune. Elle s'est endormi (shootée) et moi j'ai pu enfin respirer et bouger.

Après tout dépend des pathologies. Quand j'ai eu ma 1ère pleurésie, j'ai lu sur le net que la douleur était équivalente à un coup de poignard. Pour l'embolie, on pouvait ne rien ressentir (la bonne blague). De même, lorsqu'un kyste ovarien a cédé j'ai douillé.

Je pense aussi que la localisation est très importante. Lorsque j'étais PR, mes genoux et mes mains/poignets étaient très souvent gonflés et douloureux, j'étais très handicapée mais c'était plus "viable" que les douleurs actuelles qui sont situées plus haut dans le corps qui elles me prennent la tête vu qu'elles en sont plus proches. Avoir mal d'une épaule à l'autre, à la cage thoracique, au cou ça empêche de respirer, de penser et suivant les jours de s'allonger ou au contraire de rester verticale. Et cerise sur le gâteau ça stresse plus (légère paranoïa due aux douleurs thoraciques).

La douleur, sujet vraiment pas évident. Qui a déjà bien avancé (on la prend en considération) mais qui à mon avis n'est pas réglé avec leur règlette (lol)

David Guetta sort de cette machine !

Rédigé le 10/12/2012 / 0

(Encore un roman je vous préviens, mais ça me fait du bien de mettre par écrit, c'est ma catharsis à moi)

Mardi dernier j'ai reçu un coup de fil du service de rhumato : "Vous pouvez être hospitalisée demain pour passer l'IRM jeudi ?" Euh oui, pourquoi pas.

L'IRM initial étant prévu le 26 décembre à 12h, mes paresthésies, douleurs dans les épaules et le haut de la cage thoracique étant de plus en plus présentes, l'idée me plaisait. 24h la-ba sans que ça soit parce que je suis en pleine crise, à me reposer, je prends.

Je prépare donc mon packaging (de survie en milieu hospitalier), avec quand même de quoi assurer 2-3 jours de change (j'ai un instinct balèse je vous dis), je charge mon aPhone de vidéos, le mercredi la TV c'est pourri, payer pour ça non merci et évidemment je choisi une nouvelle paire de chaussettes attrape-soignants ;-)

Mercredi vers 16h je me présente dans le service, je salue tout le monde, décontractée. L'aide-soignante qui m'installe est une de celle avec laquelle j'ai le plus papoter il y a 2 ans, j'en profite pour lui demander directement un traversin. On fait les papiers, prise de constantes (nickelles), une infirmière vient récupérer les médocs que j'avais apporté, sauf l'alprazolam 0,25 que je planque comme d'hab, je préfère gérer ça moi-même mais vous inquiétez pas, j'abuse pas du tout, ya des jours où j'en prends même pas. Petit info pas sympa : l'IRM est prévu à 17h le lendemain, la journée va être lonnnngue mais petit détail sympa : je suis seule dans ma chambre, trop cool.

Jeudi matin, 8h une bonne grosse prise de sang (6 tubes) faite par une infirmière que je ne connais pas et tellement pressée qu'elle passe direct sur le dessus de la main (groumpf un bleu de plus). Ptit dej classique (café degueu et biscottes). Là j'hésite, je me mets en civil ou je reste en pyjama ? Je préfère le civil (j'suis pas malade hein ? ;-)) et c'est plus discret quand je descends ensuite me prendre un vrai café à la machine à l'entrée et fumer une p'tite clope. Il faisait beau, une demi-lune était visible, c'était bien. J'aurais du plus apprécier ce moment de paix si j'avais su.

Je remonte dans ma chambre, m'installe et écoute France Inter (je suis très service public). Là une infirmière passe et me dit que l'examen est avancé à 11h30. Ah bien ça, avec du pot je sors en début d'aprem. Vers 10h30 je commence à avoir mal au bide. Une bonne douleur au côté gauche et qui remonte un peu sous les côtes, ça m'arrive de temps en temps, je gère donc comme à mon habitude, respiration, calme, etc. Je tente d'aller au WC mais rien. A 11h15 ma rhumato préférée passe me voir, je lui dit que j'ai un peu mal au ventre (j'aime pas me plaindre mais je préfère la tenir au courant de tout) mais que ça va, on discute, je lui apprends que je passe à 11h30, elle aussi trouve ça bien et à ce moment là le brancardier arrive justement avec mon dossier sous le bras. Donc hop hop on y va.

Service de l'IRM, en attendant mon tour, j'essaie une nouvelle fois d'aller aux WC, nada, bon on verra après.
C'est à moi, on m'installe après m'avoir demandé si je connaissais, "oui, oui, c'est bon, depuis le temps". Ils me calent la tête avec des trucs en mousse, je rentre dans le tube et je demande à enlever la lumière : autant ça me dérange pas d'être enfermée la-dedans autant de voir la paroie à 5 cm du nez je trouve ça très désagréable. Quoique en fait je m'en fout vu que je ferme les yeux. Le boucan/bordel commence. Mon bide continue à me faire mal, je zenise le plus possible, caaalme.

45 minutes de boum boum, avec le ventre vrillé et la nuque complètement bloquée, le pied.

En sortant, premiers mots de la manipulatrice "désolée si ça a été long mais vous avez vraiment une colonne toute tordue (de merde) et ça a été compliqué de tout visualiser correctement", je m'en doute, pas de problèmes je lui sors le titre de ce billet pour la faire rire et j'ajoute que là je voudrais bien aller aux WC en attendant de remonter, toujours rien...

Je remonte en solo, ça va pas mal. J'arrive dans ma chambre vers 12h45, "les filles" m'attendent avec mon plateau repas, tout sourire. Je retente un essai WC avant de manger et là c'est le drame... je sais pas si c'est le fait d'être resté bloquée du cou durant l'examen, le fait d'avoir "pousser" trop fort, le stress de tout ça mais je me retrouve foudroyée par une douleur dans le cou derrière l'oreille droite extrêmement forte en même temps que mes sels coulent totalement liquides. Complètement scotchée, le coeur qui s'emballe et la tête qui explose et tout ça sur le trône. Une des filles arrive au moment où j'allais appeler avec le petit bouton qui va bien. Elle rameute l'infirmière, qui m'installe sur le fauteuil, prise de tension 18/10 (record perso battu), elle file chercher l'interne. Je reste seule totalement prostrée mais l'esprit bien éveillé.

Là, petit interlude et remerciement à notre émission préférée : je me suis auto-testée pour voir si je faisais pas un AVC, coordination motrice parfaite, élocution aussi et réflexion itou, ouf !

L'interne arrive, m'interroge et me fait justement les tests pour les AVC. Je voyais dans ses yeux qu'elle pensait à ça elle aussi, vu la soudaineté et la puissance de la douleur.

Après je ne sais plus trop, je suis restée prostrée sur le fauteuil, cherchant LA position qui soulage mais sans la trouver. Les yeux fermés pour me couper du monde. Je ne sais pas si vous avez déjà eu vraiment très mal, mais il arrive un moment où ce qu'il y a autour devient insupportable, où il devient nécessaire de couper avec l'extérieur et le temps sinon c'est l'enfer. En tout cas moi c'est comme ça que je fonctionne.

Je me souviens qu'on a du me donner du tramadol (effet pipi de chat), que ma rhumato (le regard inquiet) est passée entre 2 consults pour me dire qu'elle allait revenir. J'ai vu/entendu débouler ma voisine de chambre, bla bla bla, trop de bruits, je lui aurait bien d'aller se faire voir mais bon, je suis quelqu'un de poli... 

Ma rhumato est finalement revenue, m'a auscultée allongée (oh punaise ça fait mal), tension redescendue à 13/9 (ouf !) mais vrillage du crâne toujours là, un joli 10/10 sur leur putain d'échelle de la douleur. J'ai, comme d'habitude (essayé de) parlé beaucoup, j'ai même du faire 1 ou 2 tentatives d'humour avant de lui dire que j'allais arrêté de dire des bêtises et ça c'est un signe caractéristique chez moi que ça va pas du tout et elle le sait. 

Donc elle m'a dit qu'elle me gardait (non ? c'est vrai ?) et prescrit direct de la morphine (que je supporte sans problèmes) et heureusement, ça, ça a fait effet. De quoi supporter ma voisine, grosse ronfleuse (oh une nuit blanche) et fan de TF1 dès le matin (arghhh). 
Le vendredi matin ça allait comme un "mauvais jour normal", ventre OK et tête un peu lourde mais sans plus et constantes bonnes. Je n'avais qu'une envie rentrer chez moi, gober mes cachetons de morphine et dormir, ce qu'on m'a autorisé à faire bien gentiment. J'ai roupillé tout l'aprem le visage fourré dans le dos de mon chat qui ronronnait. Bonheur. 

La moralité de cette histoire est qu'il faut vraiment que je fasse attention à tous mes gestes maintenant. J'avais déjà arrêté de me laver les cheveux moi-même, je ne porte plus les courses (quand j'y vais) et j'évite tout ce qui peut contrarié mes cervicales, les épaules et le dos. On a remonté la cortisone à 10mg et j'ai maintenant de l'aktiskenan quand ça va pas. Mais comme mes cervicales, malgré leurs déformations, ne sont pas la raison directes des paresthésies (pas d'atteinte du canal rachidien à l'IRM) ce genre d'aventure peut m'arriver n'importe quand, on peut juste gérer les symptômes à coup de myorelaxants et d'antalgique. Va falloir que je diminue drastiquement mes heures devant l'ordi et ça vu mon boulot ça va pas être facile, j'ai dejà 1 mois de retard sur le planning du site que je fais...