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Les chroniques d'une geek lupique

Les chroniques d'une geek lupique

Chambre 433

Rédigé le 08/10/2011 / 0

MA chambre je pourrais dire.

3 passages en service de rhumato, 3 fois la même chambre. :-)

Bon la 1ere fois c'était au pif, celle de libre quand il y a un an pil poil on m'a hospitalisée après 6 mois vraiment pourris et une infection pulmonaire qui ne passait pas depuis un mois. C'était celle au bout du couloir, fin de visite de ma rhumato vers 11h30/12h (le nombre de chroniques de Daniel Morin qu'elle m'a fait raté sans le savoir...).

Une chambre double avec une vue déprimante où j'ai vu défiler pas mal de "co-locataires" toutes plus âgées que moi, des femmes actives qui se retrouvaient bloquées pour la première fois et qui généralement "craquaient" en 2 jours. Difficile de remonter le moral de sa voisine quand on est mal aussi, sauf que moi j'ai l'habitude, ça fait 7 ans que je me retrouve impotente de temps en temps. 
J'aurais beaucoup à raconter, mais ça sera pour plus tard. 

 

La 2eme fois c'était 5 jours après être sortie, un aller-retour express dans le monde normal, le temps que ma chatte siamoise me fasse la fête et me colle 24/24.
Un bonheur soit dit en passant les animaux quand on est pas bien, pas de reproches, pas de jugements, que de l'amour. Surtout quand j'ai une poussée dans les mains qui sont donc toutes chaudes, elle adore.
Mais quand un matin, après une nuit agitée, ma mère est venue me mettre les bas de contention (j'avais une jambre 2 fois plus grosse que l'autre) je lui ai demandé de me passer le thermomètre et que j'avais un beau 40°, on a fait ni une, ni deux, direction les urgences, un dimanche évidemment... où comment attendre 8h dans un coin qu'on s'occupe de vous trouver une chambre... en infectiologie ! Arghhh ! Mais ça va pas ça ! j'suis sous immunosuppresseurs moi !
J'y suis restée 4 jours, longs, fatigants, déprimants avec à côté de moi une gentille petite mamie qui avait fait une embolie pulmonaire (je ne connaissais pas encore, mais si en fait j'étais en train d'en faire une) et qui donc ne devait pas se lever.
Le seul tout petit problème c'est que cette vraiment très gentille dame était totalement alzheimer, pas un peu, totalement : elle ne souvenait pas de ce qu'on lui avait dit 5 minutes avant. Et devinez qui a fait le boulot des infirmières et la surveillance de la gentille dame pendant 4 jours ? moi, avec mes 39° de t°, mes nuits blanches de douleur. Je l'ai trouvé une nuit, vers 4h du mat', assise au pied de mon lit, souriante me demandant si j'étais là depuis longtemps. Je vous raconte pas le sprint que j'ai fait vers le bureau des infirmières de garde, après lui avoir dit de s'allonger sur mon lit et que je revenais. On a même fait une photo de nous :-)
Le pire jour a été celui où un matin l'on m'a fait la 3ème fibroscopie, déjà ça c'est mal passé, d'habitude je gère plutôt bien (zeeen, respire, zen, respire) mais là le con (une brute comparé aux autres docteurresses) après m'avoir presque forcé à respirer du gaz relaxant (mais non, j'en ai pas besoin je vous dis) a voulu passer par la bouche plutôt que par le nez. Evidemment avec les réflexes de déglutition and co j'ai eu des hauts le coeur, de la toux++ et ma sat à chuter en flèche...
je suis remontée dans le coltar et sous oxygène. J'ai vu personne pendant pratiquement 3h ensuite (bonjour la surveillance) et j'ai du empêcher ma co-loc de se lever toutes les 5 minutes pour aller pisser/boire/manger. Elle a même tenté de me piquer ma flotte (lol) et s'est énervée quand je lui expliquer qu'elle ne pouvait pas (elle devait rester ajeun pour un examen). Là j'ai craqué et appeler les infirmières.
Tout l'après-midi ça a continué, alors que j'étais dans un état lamentable et ne voulait qu'une chose : dormir. Mais pas possible avec ma voisine... Ma rhumato est passée en fin d'aprem et je pense qu'elle a du voir que j'en pouvais plus d'être ici, peut-être que je lui ai dit, je me souviens plus trop, elle m'a dit qu'elle allait voir ce qu'elle pouvait faire et le lendemain je fus transférée dans son service... chambre 433 ! Un hasard parait-il, mais je les crois pas...

La 3eme fois, ça a été quand j'ai fait mon embolie "officielle".
J'étais pas très en forme la veille, mais ça allait, j'étais contente, le lendemain je devais commencer le nouveau traitement par transfusion pour ma PR.
Puis durant la soirée une douleur s'est installée, dans les côtes et le dos. Je ne me suis pas inquiétée outre-mesure, ayant deja eu pas mal de contractures musculaires ou de problèmes d'oesophage, j'ai pris mes p'tites pillules et passé la soirée à regarder des dvix. Mais la douleur n'a pas cédée et est montée en puissance. Vers minuit, je me suis dit que je devrais peut-être me faire un sac spécial hosto au cas où, ça faciliterait la vie de la mam si jamais j'y retournais - Chemise de nuit, sous-vêtements, minimum pour la toilette, un bouquin, mon iPhone chargé à bloc de films et de podcast non écoutés, le chargeur et mes chaussettes qui font rire les infirmières - J'ai vérifié que j'avais mes ordonnances dans mon porte-feuilles, j'ai regobé des cachetons, morphine cette fois-ci avec en plus le ptit tétrazepam du soir et tenté de trouver une position "antalgique" comme on dit.
Rien à faire, nuit totalement blanche, assise pliée en 2 sur mon canapé avec les coudes relevés sur des coussins et me tenant la tête, à respirer comme je le pouvais, j'ai regardé passé les minutes, les heures, puis ça a été l'aube... téléphone toujours à portée de la main j'ai finalement appelé ma mère vers 9h pour qu'elle vienne (elle habitait à 2 minutes) car j'avais peur de pas pouvoir ouvrir aux pompiers si je les appelais. Ce qu'elle a fait quand elle a vu dans quel état j'étais.
Maintenant je peux vous dire, que plus jamais j'hésiterais à les appeler avant d'en être incapable.
Donc je me suis retrouvée aux urgences, assise dans un coin, j'ai attendu 2h je crois avant d'être prise en charge (ma tension était bonne), j'étais lucide, càd que j'ai pu expliquer mon cas et une partie de mes antécédents entre deux respirations difficiles. J'ai eu droit à 2 dolipranes (waaaaaaaaa trop gentil) et j'ai re-attendu 2h pour voir un vrai médecin qui a demandé une prise de sang normale et un gaz des sang, ayant des veines pourries ça a été un peu de la boucherie mais passons, et aussi une perf d'antalgiques (celle-là c'était de la bonne) et la classique d'hydratation. Puis attente, encore, dans un bloc d'abord, assise sur une chaise de base, car couchée c'était intenable. L'après midi on m'a transférée dans le couloir sur un brancard, manque de place et j'étais "stable". j'ai somnolé. On m'a donné une compote.
Ca a duré jusqu'à vers 18h où j'ai entendu une voix familière (on peut le dire) dans mon dos. "Ah la voila ! Alors on vous manquait ?" C'était ma rhumato et son (charmant) interne qui descendaient me voir, j'avais signalé à mon entrée que j'avais RdV avec elle à 14h le jour même. Ca a été un plaisir de les voir, je les aurais presque embrassé, enfin des têtes connues et qui me prennent au sérieux, plaisir redoublé quand elle m'a dit qu'il y avait une chambre qui m'attendait dans son service.
Vers 21h on m'a fait monté et là surprise ! Les infirmières avec qui j'avais donc déjà passé 6 semaines en 3 mois avait transféré deux papys dans une autre et m'avaient préparé MA CHAMBRE et en solo en plus ! Trop gentilles !

Je jure que si j'y retourne un jour, je graverais un truc du genre "annoh was here" dans un coin ;-)

 

Steve Jobs 1955-2011

Rédigé le 06/10/2011 / 0

Me voila, à presque 4h du mat' à pas pouvoir dormir... comme d'habitude
je vais à mon iMac qui charge tranquillement des épisodes de séries américaines en VOstFR... Ah le nouveau House est prêt, super.
J'ouvre FB, normal, je suis pas mal de pages en anglais et je vois que "rage against the machine" partage une page sur Steve Jobs
Je clique pour voir et mon cerveau met un certain temps à comprendre le 1955-2011...
Et maintenant en plus d'avoir tout le côté droit énervé (comme un SDJSR) j'ai les boules et je m'en allume même une clope...
Merci à toi, Steve, d'avoir eu cette vision de ce que devait être l'ordinateur : plus simple, plus beau et pour tous.

Saloperie de cancer...
R.I.P.

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