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Le blog de garde de Gérald Kierzek

Le blog de garde de Gérald Kierzek

Message à l'attention de mes jeunes confrères (ou moins jeunes) sur la confraternité

Rédigé le 29/05/2013 / 0

J'ai pu tester la semaine dernière deux exemples de ce qu'on appelle la "confraternité". Plus exactement un exemple et un contre-exemple !

Premier exemple vécu en tant que patient (et oui, ca arrive aussi !) : dos bloqué, je consulte en urgence une consoeur installée en libéral pour qu'elle me prenne en charge. Antalgiques, kiné, arrêt de travail de quelques jours,... et au moment de régler: elle mentionne "acte gratuit" sur les ordonnances. Ne pas faire payer ses confrères/soeurs est en effet une tradition confraternelle, maigre "privilège" des temps anciens diront certains. Cette attention me touche et j'essaye toujours de la perpétuer de mon côté. D'aucuns disent qu'elle est dans le serment d'Hippocrate ; je vous avoue que je ne l'ai trouvée inscrite nulle part. Tout au plus peut-on interpréter de manière extensive certaines formules:

- "Respectueux et reconnaissant envers mes Maîtres, je rendrai à leurs enfants l'instruction que j'ai reçue de leurs pères."

- "J'apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu'à leurs familles dans l'adversité."

- "Je donnerai mes soins gratuits à l'indigent"

Toujours est-il que faciliter la prise en charge des collègues me semble en ce monde d'adversité la minimum des choses. Nous faisons la même chose aux urgences quand un(e) collègue médecin, IDE ou aide-soignant(e) ou personnel de santé s'y présente. Et tant pis si certains pensent qu'il s'agit de passe-droits ! Après tout, c'est aussi pour que ces collègues soient plus vite disponibles pour soigner en retour leurs patients ;-) Win-win donc !

Deuxième exemple ou plutôt contre-exemple : mon collègue psychiatre vient de faire opérer sa fille par un confrère chirurgien, mi-temps hospitalier mi-temps libéral. Il est outré du montant exorbitant du dépassement d'honoraires. Attitude doublement choquante de ce praticien au scalpel: le montant de son dépassement, et la facturation "plein pot" à un collègue. Preuve que le tact et mesure et la confraternité, qui sont deux piliers du Code de déontologie, méritent d'être rappelés fermement. Et ne nous étonnons pas que des initiatives comme cet Observatoire citoyen des restes à charge créé récemment voient le jour.

 

 


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