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La chronique du handicap

La chronique du handicap

Les progrès en matière de prothèse et de mains myoélectriques

Rédigé le 21/10/2013 / 0

Avec sa sensibilité, ses 20 axes de mouvements, sa complexité et ses capacités fonctionnelles extraordinaires, la main humaine restera toujours un modèle inégalé par l'appareillage prothétique. Mais pour combien de temps encore ?

C'est en voulant se rapprocher le mieux possible de cette référence que de grandes sociétés se sont lancées dans une course effrénée pour développer différentes solutions prothétiques susceptibles d'apporter aux patients des réponses à leurs besoins quotidiens, esthétiques et fonctionnels.

Qu'est-ce qu’on appelle une prothèse myoélectrique et comment ça fonctionne ?

La technologie myoélectrique fonctionne par le biais de capteurs placés sur le moignon qui transforment les contractions musculaires en commande pour contrôler la prothèse. L'intensité électrique dégagée par un muscle est enregistrée par le capteur amplifié à l'aide d'une batterie et envoyé vers le moteur d'ouverture et de fermeture de la main et rotation du poignet. Pour faire un comparatif avec ses merveilles de technologie et celles aujourd’hui remboursées par l’assurance-maladie :

Les prothèses prises en charge par la sécurité sociale ne permettent qu’un seul geste, qu’un seul type de préhension, elles ne sont pas articulées au niveau des phalanges, elles sont surpuissantes et de ce fait non adaptées aux tâches délicates, et enfin elles ne ressemblent que très sommairement à une main anatomique. Le coût de remboursement par l'assurance-maladie et de 17 à 20 000 €.

Le principe de fonctionnement de ses superbes mains aujourd'hui est toujours le même deux électrodes placées sur les muscles. Ce qui a changé en revanche, c’est la mécanique et l'électronique de ces mains nouvelles générations, elles sont révolutionnaires. Ce sont des mains myoélectriques multiarticulées.

Le prix de ses mains varie entre 40 et  60 000 € selon les options de garantie et la difficulté d'appareillage.

A noter que tous les fabricants ont déposé auprès des autorités de santé, une demande afin que ce matériel soit pris en charge. Ce remboursement pourra entrainer une baisse des prix par un effet volume évident.

L’avenir c’est demain…

Qui se souvient du premier homme bionique ? L’homme qui valait 3 milliards, le colonel Steve Austin (la première fiction sur un super homme bionique paru pour la première fois en France en 1975) je me souviens dans les cours de récréation on courait tous au ralenti pour faire comprendre à tout le monde qu'on était comme Steve Austin.

L'homme bionique n'est pas encore là mais on s'en approche de plus en plus…

La science, s'oriente vers la prothèse de demain, la main artificielle qui se comporte comme la naturelle. Avec des systèmes sensoriels, des microprocesseurs capables de reconnaître les objets, des mains à reconnaissance vocale, Aujourd'hui les axes de recherche se concentrent sur la prothèse de bras et de mains Commandées par la pensée.

Certains ont déjà commencé les tests en laboratoire, avec la chirurgie ils ont détourné des nerfs, pour les conduire vers des capteurs. Le premier prototype  a été développé avec succès. Elles permettront d'accomplir des mouvements simultanés de manière intuitive et naturelle.

Quelle accessibilité pour les personnes handicapées ?

Rédigé le 16/10/2013 / 0

"Lorsque je me trouvais dans le détroit de Béring, à une centaine de kilomètres du cercle polaire, nous étions dans le petit village de Walles où vivent environ 150 Inuits. Dans ce village, la maison commune est adaptée aux personnes en situation de handicap, l'école est adaptée aux personnes en situation de handicap avec une rampe d'accès, des toilettes et douches adaptées. Même le petit bureau de poste était adapté aux personnes en situation de handicap. Pourtant parmi ces 150 habitants, aucun n'était en situation de handicap."

L'accessibilité des personnes handicapées en France

"En France, un peu plus de 10% de la population vit avec une déficience. À cela il faut ajouter le nombre de personnes âgées, qui est en forte progression démographique dans notre pays, les parents avec poussettes et tous les blessés temporaires. Cela représente une partie importante, même considérable de personnes qui aspirent à l'accessibilité.

"En France, on est loin du paradis Inuit. Il y a eu la loi du 5 février 2005. L'Etat s'est donné dix ans pour rendre notre pays "accessible", faire en sorte que tous les ERP (établissements recevant du public) deviennent accessibles qu'ils soient publics ou privés, les services publics, l'école, l'hôpital, Pôle emploi, les bibliothèques, les mairies...Tous sans exception.

"Un plan sur 10 ans et donc un objectif à atteindre en 2015, soit dans un an et demi. On devrait donc être tout près du but si cette loi ambitieuse avait été appliquée. Problème : elle n'a malheureusement pas été suivie d'un accompagnement ou d'un engagement politique à la hauteur. Sur le terrain le texte n'a donc pas été appliqué réellement ou très partiellement."

Le baromètre de l'accessibilité

"Selon les villes, l'accessibilité est très inégale. L'APF, l'association des paralysés de France, a mis en place un "baromètre de l'accessibilité". Ainsi, aux cinq premières places, on retrouve dans l'ordre Grenoble, suivie de Nantes, Belfort, Caen, Lille. En queue de peloton, on trouve Alençon, Digne-les-Bains, Évreux, Moulins et enfin avec une note catastrophique de 7,4 sur 20, la ville de Chaumont. Vous pouvez consulter le classement de votre ville sur le site de l'APF.

"Quand on voit des villes comme Grenoble, Nantes, etc., qui ont une politique volontariste, cela démontre bien que c'est possible. L'excuse de la crise, mise en avant par de nombreuses municipalités, ne peut donc pas tenir la route."

L'exemple de l'étranger

"Des pays étrangers nous montrent l'exemple. Parmi les pays leaders en termes d'accessibilité, on a coutume de parler de la Suède et plus généralement de la Scandinavie, mais dans ces pays, l'accessibilité des personnes handicapées c'est culturel. La Scandinavie a depuis toujours une politique d'intégration. Au Japon, il y a le respect des aînés, le respect de l'individu en difficulté, donc l'accessibilité n'est pas une contrainte, c'est tout simplement naturel. On peut également parler des États-Unis et plus généralement des pays anglo-saxons, pour d'autres différences culturelles, c'est vraiment la philosophie libérale des droits de l'homme. En clair, on sera toujours intransigeant chez eux dans la lutte contre toute forme de discrimination, tout le monde doit participer sans exception.

"On voit bien les différentes approches entre la conception anglo-saxonne, le sens des traditions nippones lié aux aînés, le mode de fonctionnement des pays scandinaves et puis enfin l'approche française, latine, où la loi est plutôt vécue comme une contrainte.

"En France, il y a encore un gros travail de pédagogie à faire car la loi souffre cruellement d'une incompréhension, il y a un amalgame fréquent entre accessibilité et handicap. C'est pour cette raison qu'il est important aujourd'hui, de mettre en place une campagne d'information qui participerait aux changements des mentalités sur cette question."

Mon rêve

"Il y a plein d'exemples positifs sur l'accessibilité en France. La preuve, Les Trophées de l'accessibilité créés en 2010, par l'association "Accès pour tous", (et plein de partenaires qui soutiennent cette cause) récompensent des démarches et des initiatives qui doivent s'inscrire dans la durée.

"L'objectif est de faire découvrir des attitudes, des bonnes pratiques et des réalisations exemplaires. Par exemple, un trophée a été remis en 2012 à des jeunes collégiens de la ville d'Echirolles (38). En voyant leur collège inaccessible à un de leur camarade en situation de handicap qui souhaitait intégrer leur collège, ils se sont mis en action pour faire bâtir une rampe d'accès… Ce qui est remarquable dans cette histoire, c'est qu'ils ont conduit le projet du début à la fin. Et ça a marché ! Ce sont les jeunes qui préparent la cité de demain, et qui peuvent changer la société. Et ce sont les jeunes qui peuvent m'aider à réaliser mon rêve...

"Mon rêve, c'est une société où la personne en situation de handicap, ne se posera plus ces questions : Est-ce que je peux aller au cinéma ? Est-ce que je peux aller faire mes courses ? Est-ce que je peux prendre le métro ? Est-ce que je peux trouver un travail ? Et la liste est longue….

"Je rêve que la personne en situation de handicap dise : Je vais au cinéma, je vais faire mes courses, je vais prendre le métro, je travaille grâce aux compétences acquises pendant toute ma formation scolaire sans aucune crainte puisqu'égal de tous !

"Je rêve que sur ces sujets, mon pays soit montré en exemple dans le monde entier comme il l'est pour les droits de l'Homme. Je rêve, ou plutôt nous rêvons de cette société. Mais il ne tient qu'à nous tous que ce rêve devienne tout simplement une réalité."