1. / Blogs
  2. / Jamais sans chapeau

Jamais sans chapeau

Jamais sans chapeau

Lettre à Sandrine Hurel : Troisième piste pour améliorer la couverture vaccinale en France

Rédigé le 20/10/2015 / 0

À l’attention personnelle de Sandrine Hurel chargée de mission sur la vaccination auprès du Premier ministre

Chère Madame,

La troisième piste pour augmenter la couverture vaccinale en France est la mise à disposition d’une information sur les vaccinations auprès des professionnels de santé. Cette information, à partager avec l’usager, son entourage ou le grand public, inspire également le professionnel dans sa relation thérapeutique.

(autrement dit, mettre à disposition des professionnels une information médicale de qualité sur la vaccination à transmettre aux usagers et au grand public).

Le constat :

En France, les professionnels de santé ne disposent pas d’un modèle d’information indépendante sur les vaccinations à partager avec l’usager ou son entourage. Professionnels de la vaccination, nous n’avons pas l’outil nécessaire pour répondre avec précision et pédagogie aux questions du public (et laisser une trace écrite) concernant notamment :

–            l’histoire de la vaccination et ses grand principes ;

–            la description de chaque vaccin ;

–            l’explication du carnet vaccinal ;

–            les adjuvants présents dans les vaccins et l’étude de leurs effets supposés (myofasciites à macrophages…) ;

–            les effets potentiellement indésirables de certains vaccins ;

–             la description précise, les effets et l’histoire des maladies évitées par la vaccination ;

–            les bénéfices de la vaccination ;

–            les contre-indications à certaines vaccination ;

–            ce qu’est la médecine par les preuves, l’expérimentation médicale, les études statistiques (essais en double aveugle, études de cohorte…).

 

Une étude récente de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees)  destinée à évaluer les attitudes et pratiques des médecins généralistes en matière de vaccination révèle notamment que « […] un tiers d’entre eux préfèrent se fier à leur propre jugement, et les médecins ne se sentent pas toujours en confiance pour informer leurs patients sur certains aspects des vaccins, comme les adjuvants. Au total, près d’un quart d’entre eux émettent des doutes à l’égard des risques et de l’utilité de certains vaccins. Ce scepticisme, conséquence notamment des récentes controverses sur les vaccins comme celle liée à la pandémie A/H1N1, est susceptible de contribuer à l’insuffisance de certaines couvertures vaccinales en France. L’enquête montre ainsi que le fait d’exprimer des doutes à l’égard des vaccins est associé à des comportements de recommandations de différents vaccins moins réguliers[…] ».

http://www.drees.sante.gouv.fr/vaccinations-attitudes-et-pratiques-des-medecins,11422.html

Les informations dont le médecin dispose pour partager avec le public sont essentiellement :

–            des brochures réalisées par l’industrie pharmaceutique ce qui n’est pas une information indépendante ;

–            des brochures gouvernementales de l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (Inpes) qui s’apparentent à de la propagande unilatérale et ne répondent pas de manière argumentée aux questions du public (adjuvants, relations entre le vaccin contre l’hépatite B et sclérose en plaques, etc.) ;

http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/resultatsTPSP.asp

–            des documents issus du site Infovac, destinés aux parents qui sont quelque peu touffus, sans illustration, assez compliqués à lire et qui ne répondent pas complètement aux questions les plus couramment posées par les usagers (à titre d’exemple la fiche sur la vaccination contre l’hépatite B destinée au patient parle insuffisamment d’adjuvant et d’aluminium ou de sclérose en plaques. Elle ne décrit pas les études qui disculpent la vaccination contre l’hépatite B. Elle n’a pas été réactualisée, semble-t-il depuis 2007). Ce n’est pas une critique de l’action d’Infovac qui a le mérite d’exister, d’être animée par des professionnels compétents et dont l’action pourrait bien s’intégrer à ce que nous décrivons dans la piste 4 ;

http://www.infovac.fr/

–            tous les autres documents que nous connaissons présentent des défauts similaires. Certains sont mêmes des documents de désinformation produits par des organismes à tendance sectaire.

 

Le besoin :

Nous avons besoin de disposer d’une information qui réponde à nos critères de qualité minimum (qui sont par ailleurs nettement plus exigeants que ceux de l’Inpes ou de la Haute autorité de Santé (HAS).

 

Fiabilité des contenus

–            rédigés par des experts reconnus issus de sociétés savantes ou d’associations de patients ou d'usagers, et par des personnalités qualifiées ;

–            cautionnés par les sociétés savantes, les associations de patients ou d'usagers, les agences d’état, les fondations, les organisations non gouvernementales, les organismes internationaux…

–            déclaration d’éventuels conflits d’intérêts des auteurs et des cautions ;

–            relus et corrigés selon les normes les plus exigeantes de l’édition française ;

–            régulièrement mis à jour en fonction de l’actualité scientifique, médicale et sociale ainsi que des remarques des utilisateurs ;

–            richement illustrés, avec des photographies, dessins, schémas, tableaux ou vidéos réalisés par des illustrateurs spécialisés ou des artistes reconnus.

 

Intelligibilité

–            chaque article est rédigé dans un souci d’exigence pédagogique maximale et doit être compris par un enfant en classe de 5e ;

–            les textes sont écrits au présent dans un langage simple et compréhensible par tous ;

–            les phrases sont courtes et explicites ;

–            le « on » est banni pour éviter la perte d’information ;

–            les termes techniques sont expliqués (à l’aide d’exemples, de schémas ou sous forme d’un pop-up). Ils peuvent être retrouvés dans un glossaire.

 

Attentions particulières qui augmentent la richesse des contenus

–            la diversité ethnique de la République française est respectée ;

–            les textes sont transformables en caractères spéciaux adaptés aux basses visions ;

–            les illustrations sont adaptées au public et dans certains cas spécialement destinées à rassurer les enfants ;

–            les nouveautés sont intégrées en temps réel pour les contenus numériques et pour les contenus imprimés par le moyen de QR codes.

 

Organisation et segmentation de l’information

–            l’information est segmentée sous forme de fiches de type question-réponse, à raison d’une question par écran (ou par page) ;

–            les contenus sont actualisés en continu en fonction des nouvelles connaissances scientifiques, sociales ou médicales ;

–            inclusion de vidéos d’interventions d’usagers ou de professionnels ;

–            biographie des auteurs ou des organisations qui contribuent à la rédaction des contenus ;

–            préfaces ou recommandations de personnalités ou d’organismes qualifiés, cautionnant les contenus ;

–            renseignements pratiques sur les structures de vaccination, les associations de patients ou d’usagers, les ouvrages et documents de référence, les sites internet spécialisés et toutes les informations complémentaires utiles comme un annuaire des lieux de vaccination en France ;

 

Diffusion multisupport

–            le contenu numérique est standardisé et optimisé pour la lecture sur tous les écrans (téléviseurs connectés, box internet,  ordinateurs, tablettes, smartphones, bornes…) ;

–            il peut être diffusé via une application dédiée, destinée aux smartphones, aux tablettes ou aux ordinateurs ;

–            la segmentation du contenu en fait la substance mère idéale pour la création de moocs ou de serious game ;

–            le contenu est également adapté à l’impression de livres, guides, dépliants, affiches, flyers, etc.

 

Distribution

L’information de référence peut être acquise dans les librairies conventionnelles sur support papier (livres, guides).

Elle peut être acquise sous forme numérique (ebooks) dans les librairies onlines.

Elle peut être distribuée sous toutes formes par les organisations d’usagers ou de patients, les associations de professionnels et moyennant quelques précautions par les industriels, les mutuelles et assurances.

Elle peut être distribuée à partir des logiciels des professionnels de santé (médecin, pharmacien, établissement de soins…).

Les moocs et serious games peuvent être également distribués par les entités précitées ou par les organismes de formation.

Les centres d'appels (call centers) peuvent également être nourris par cette information de référence et indépendante.

 

La solution : 

 La structure permettant de créer cette information et de la diffuser numériquement est en cours de création. 

Le coût de production de l’information telle que décrite ne dépasse pas quelques dizaines de milliers d’euros (soit à peu de choses près le prix d’une campagne de promotion de la vaccination comme celle actuellement diffusée en Région Centre Val de Loire et financée conjointement par l’Agence régionale de Santé et l’Assurance maladie.

Les prix d’impression, de stockage et de diffusion de l’information sous forme imprimée sont variables en fonction des volumes produits et du mode de distribution. 

Nous aimerions beaucoup savoir si la mise à disposition auprès des professionnels d’une information médicale de qualité sur la vaccination à transmettre aux usagers et au grand public est une dimension que vous avez prise en compte dans votre rapport et quelles sont les solutions que vous préconisez.


En espérant vous avoir intéressée nous vous donnons bientôt RV pour la quatrième piste destinée à améliorer la couverture vaccinale en France. N’hésitez pas à venir dialoguer avec nous sur Vaccinationcentre.

 

Veuillez accepter, Chère Madame, le témoignage de ma respectueuse considération.

 

Éric Chapeau-Åslund