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Jamais sans chapeau

Jamais sans chapeau

Ainsi donc, Jean-Luc Delarue a un cancer de l’estomac et VOUS la nausée ?

Rédigé le 04/12/2011 / 19

 

Libération est parfois un journal pitoyable, surtout dans ses pages santé.  Quand ce sont des journalistes spécialisés dans les médias qui s’emparent de la santé de Jean-Luc Delarue sur le site de Libé, cela devient carrément nauséabond.

Frapper un homme à terre devient donc un sport journalistique national.

Après DSK, dont Philipe Batel disait il y a peu «  Laissez- le en paix »,  il faudrait peut être penser à laisser aussi Jean-Luc Delarue en paix.

Le gendre idéal, qui après son coming-out toxicomaniaque bien involontaire, est victime d’un cancer « expiatoire », n’aurait-il pas droit à la présomption de sincérité comme tout être humain ?

Lui qui a permis à bon nombre de personnes, victimes de maladies ou vivant des souffrances indicibles, de délivrer leur message et de relever la tête n’aurait-il pas la liberté d’annoncer sa maladie comme il le veut ?

Il eut le talent, faire s’exprimer des êtres humains pour qui l’échange de paroles a été salutaire. J’ai croisé à Ça se discute des patients atteints de maux aux noms imprononçables, des familles blessées, des témoins riches en humanité ou en dévouement, des professionnels de la santé compétents. J’y ai même côtoyé des personnes vivant avec le VIH ou des associations antisida, tricardes de chez tricardes à Libé, à qui il a tendu micros et caméras.

De l’émotion, de la dignité… parfois même de l’humour ou de l’espoir caractérisaient son émission. J’ai vu des visages s’éclairer, des regards se croiser, des promesses s’accomplir, des souffrances s’atténuer…

Il y a bien des médecins ou d'autres travailleurs de la santé qui pourraient s’inspirer de l’empathie, du respect et de la sympathie qu’il manifestait envers ses invités.

À mes amis et moi, il a aussi tendu la main à une époque où certains médias comme Libération nous censuraient à cause de nos opinions ou de nos prises de position publiques. Il est de ceux qui nous ont aidés à ne pas sombrer dans le désespoir. Et ça, je ne peux pas l’oublier.

 De l’homme lui-même, je ne sais que peu de choses, même si je connaissais certaines de ses faiblesses par des relations communes. Je n’écris pas pour porter un jugement sur lui, mais pour exprimer ma colère contre Libé.

Pour en revenir à l’article de Raphaël Garrigos et Isabelle Robert je voudrais dire que jamais je n’ai vu Jean-Luc Delarue traiter un malade ou une personne en état de faiblesse comme lui-même est traité dans l’article. On ne se mêle pas de santé sans avoir un minimum de respect de l’autre qui est malade… Les mots peuvent tuer !

 Les deux journalistes se croient donc malins de citer leur bonne vieille copine Marie-Dominique Arrighi (alias MDA), dont j’ai déjà relaté les « aventures » dans un article précédent et dont Libération, grand donneur de leçon devant l’Éternel, a « exploité » la mort pour vendre du papier.

Opposer le coming-out de Marie-Dominique au coming-out de Jean-Luc est indécent et hors de propos.  Il y aurait, selon Libération, de bons malades qui sont journalistes à Libé ou amis des journalistes de Libé et qui ont le droit de mettre en scène leur maladie et puis tous les autres sur lesquels on s’empresse à vomir.

Confidence pour confidence, Marie-Dominique n’était pas dupe et partageait mon avis sur la façon dont Libération traite la santé en général.

Voici ce que la « vieille copine » Marie-Dominique m’écrivait le 7 septembre 2009 en citant XXX un journaliste de Libération « Oh, c’est ma bête noire à Libé, le XXX, un jeanfoutre de première, bâcleur de papiers, feignasse avec un carnet d’adresses qui tourne autour de trois personnes, toujours les mêmes. Nous nous sommes engueulés un paquet de fois. Mais ces derniers temps, je ne lui parlais plus. Il a saboté le dossier santé à Libé et les grands chefs ne se rendent compte de rien. J’ai été chef du service Médias (la télé, la presse), puis chef de la page Vous (vie quotidienne, famille, santé (d’où ma connaissance de XXX). Un chef signe de moins en moins de papier et joue à être entre l’enclume et le marteau. J’ai aussi été chef d’édition: relire du XXX à longueur de journée, c’est à se flinguer. »

Marie-Dominique avait également du talent quand elle tançait Jean-Luc Delarue dans les colonnes de Libé au milieu des années quatre-vingt-dix. C’est bien loin de la médiocrité d’aujourd’hui.

La dernière fois que j’ai croisé Jean-Luc Delarue, c’était il y a 5 ou 6 ans, juste à l’angle que fait la rue Dauphine avec la rue Christine (à Paris) , je sortais des sacs de mon coffre de voiture lorsque j’ai entendu « Bonsoir Docteur chapeau», c’était lui.

Un mois après,  par coïncidence, je croisais son père Jean-Claude exactement au même endroit. Je dois vous dire qu’avec Jean-Claude, nous avons essayé d’aider, malheureusement sans succès à ce jour, Marc Casanova, devenu paraplégique à la suite d’un dysfonctionnement des urgences hospitalières. Ceci est une autre histoire que je relaterais en détail dans un prochain article.

Il fut un temps où j’aurais fait cent kilomètres pour acheter mon Libé quotidien. Ce temps est déjà depuis longtemps révolu.

 

Bon vent Jean-Luc et à la revoyure ;-))) 

Et un petit souvenir commun en passant !