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Du vert, du bio, de l'écolo !

Du vert, du bio, de l'écolo !

Des truites et de la ciboulette pour sauver la planète!

Rédigé le 20/05/2015 / 0

L'agriculture et la pêche sont essentielles pour nous nourrir, mais ne sont malheureusement pas sans impact sur la planète ! Pesticides, transports des denrées par camions, arrosage, élevage intensif... En France, l'agriculture serait responsable de près de 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Quant à la pêche, les chalutiers auront avalé les derniers poissons des océans avant 2050. Il est donc temps d’agir ! Il y a peut-être une solution…

Évidemment, vous pensez à l’aquaculture…. Vous y êtes presque. Mais le seul problème de l’aquaculture, c’est qu’elle est très polluante. Elle consomme beaucoup d’eau et l’ammoniac contenu dans les déjections de poissons finit par détruire l’écosystème. Car quand on confine les poissons, on concentre l’ammoniac. En Norvège, l’aquaculture de saumon a entraîné une pollution massive des fjords. Et pour être sur que les saumons tiennent le coup jusque dans nos assiettes, ils sont bourrés d’antibiotiques et de médicaments. Beurk.

Avec l’aquaponie, l’eau des poissons nourrit les plantes !

Prenez deux bacs, l’un contenant des poissons (truites, carpes…), l’autre des légumes et aromates cultivés hors sol. Entre les deux, des agents invisibles mais essentiels : des nitrozones et des nitrobacters… Deux bactéries bien connues dans les stations d’épurations. La première transforme l’ammoniac en nitrites, la seconde les nitrites en nitrates. Sous l'action des bactéries, l'ammoniac des déjections des poissons se transforme en nitrates, dont vont se nourrir les plantes. Enfin, l'eau ainsi purifiée retourne dans le bassin des poissons pour l’oxygéner. Un système en circuit fermé, écologique et économique. Résultat : pour produire 1kg de truite, l’aquaponie nécessite 10 fois moins d’eau que l’aquaculture classique. Seulement 5 à 10m3 contre 50 à 100 m3. En plus, la faible quantité d’eau consommée est toujours propre. L’utilisation de pesticides est proscrite, ils risqueraient de polluer les poissons et de les rendre impropres à la consommation.

Ecologique mais productif

1,2 kilo d’aliments à poisson permet de produire 1 kg de truites et 4 kg de végétaux. Tous les trois mois, les poissons peuvent finir dans l ‘assiette, quant aux végétaux ils se récoltent tout au de l’année. Dans le petit monde de l’aquaponie, la ferme aquacole d'Anjou fait partie des pionnières. Pour convertir un maximum d'adeptes, elle a crée des petits bassins d'aquaponie que les particuliers peuvent installer dans une cour ou sur un balcon. On peut donc « aquaponer » en ville. Cette ferme travaille actuellement au développement d'autres aquariums, notamment verticaux, qui permettraient de cultiver des salades, des fraises ou encore des tomates cerises sur plusieurs étages. Le tout mobilisant très peu de place. Le système fonctionne également à grande échelle. En Bretagne, une équipe de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) tente de trouver les bons ratios entre poissons, bactéries, légumes afin de hisser ce système à un niveau industriel.

Et si l'agriculture redevenait citadine ?

L’idée fait des émules. A Paris, elle a séduit la Recyclerie, un café-restaurant installé dans l’ancienne gare Ornano, porte de Clignancourt, qui devrait bientôt monter sa première ferme urbaine avec des bassins d’aquaponie. Mais Pascal Gourmain, qui élève déjà à Cherbourg du saumon français dans la plus grande ferme aquaponique commerciale de France, rêve d’un projet à plus grande échelle. Dans le cadre de la campagne Réinventer Paris, lancée par la mairie, il souhaite implanter une grande ferme aquacole de saumons en plein Paris, dans le 19ème arrondissement, et y élever des saumons de fontaine, une espèce qui vit en eau douce dans la capitale ! Du saumon frais à Paris, qui l’eût cru ? 

Laetitia Fouque