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Du vert, du bio, de l'écolo !

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Pour ou contre les OGM ? Comment obtenir la réponse sans recherches indépendantes ?

Rédigé le 26/10/2012 / 1

Aujourd’hui, je marche sur des œufs ! Des œufs génétiquement modifiés. Les plus sensibles… Même dans le petit monde de l’environnement, où l’on aime pourtant les bras de fer virils, il existe peu de sujets qui suscitent autant la polémique que les OGM. Depuis qu’ils existent (1985), ces « Organismes Génétiquement Modifiés » ou PGM (Plantes Génétiquement Modifiés) déchaînent les passions. Pour ou contre les OGM, les pro et anti sont tout aussi réactifs et belliqueux. Résultat, difficile pour le consommateur de se faire son idée sur les risques et avantages des OGM.

Ne comptez pas sur moi pour vous dire ici si les OGM sont dangereux pour la santé ou s’il faut être pour ou contre les OGM. Sincèrement, je n’en sais RIEN. Et ce qui m’embête le plus, c’est qu’on n’est pas prêt de le savoir.

Pour ou contre les OGM : des chercheurs trop impliqués

Depuis que le Pr Gilles-Eric Séralini, président du conseil scientifique du CRIIGEN, a publié son étude il y a quatre semaines, la communauté scientifique est vent debout pour dénoncer les faiblesses de son étude et sa partialité. Le Pr Gilles-Eric Séralini serait militant. Et alors ? La société Monsanto ne l’est-elle pas elle aussi ? Pourtant, ça ne choque personne quand Monsanto publie des études qu’elle finance elle-même et qui affirment toutes que ses OGM sont sans risques pour la santé humaine. Mieux, on la croit sur parole.

En tout cas, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), la croit. Sur les 42 avis émis sur les OGM par l’agence entre 2002 et 2009, tous sont positifs ! Et ça ne fait pas une vague, même pas quand, en 2011, l’Observatoire européen des entreprises dénonce les nombreux conflits d’intérêts qui lient les experts de l’EFSA à l’industrie des biotechnologies (des OGM)…

Pour ou contre les OGM : une foire d’empoigne

Et même nos six prestigieuses académies nationales: (Agriculture, Médecine, Pharmacie, Sciences, Technologies et Vétérinaire) s’y mettent. Le 19 octobre, elles ont réagit de concert : « Il est rare, en France, qu’un non-évènement scientifique de cette nature suscite de telles passions jusqu’à mobiliser aussi rapidement les membres du Parlement. » Affirmer qu’un maïs OGM augmente les risques de tumeurs et de cancers : un non-évènement scientifique ? A bon. Je n’ai rien compris alors ?

Pire. Alors qu’on pourrait attendre de la part de telles instances une réflexion fiable, mesurée et argumentée, bref, qu’elles fassent intelligemment avancer le débat, les 6 académies « reconnaissent toutefois ne pas avoir organisé "une expertise approfondie" de l'étude publiée le 19 septembre dans la revue scientifique Food and Chemical Toxicology. » (source AFP). Oui, oui, vous avez bien lu ! En résumé, elles n’ont pas vraiment lu l’étude, mais ça ne les empêche pas de donner leur avis !

En fait, plus que le fond de l’étude, c’est la forme qui a choqué les académiciens. Deux livres, deux films et un article scientifique… Le Pr Gilles-Eric Séralini en aurait trop fait en terme de com. Peut-être. Et les médias, trop crédules, se seraient fait berner.

Du coup, les académiciens « proposent que le Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel s’adjoigne un Haut comité de la science et de la technologie chargé de lui faire part, de façon régulière, de la manière dont les questions scientifiques sont traitées par les acteurs de la communication audiovisuelle ». Et pourquoi pas un ministre de l’information qui nous dirait ce qu’on doit penser, tant qu’on y ait ! Non mais, on croit rêver !

OGM, la recherche interdite

Pourquoi, dès qu’on parle d’OGM ou de PGM, les scientifiques sont-ils plus prompts à en découdre, qu’à chercher ? Comment évaluer les risques et les avantages des OGM sans faire de recherches ? Car c’est bien là le nœud du problème. Le manque criant d’études de part le monde.

L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et du travail) en a compté… deux ! Et malgré tout ses défauts méthodologiques, l’étude du Pr Séralini a au moins un mérite : elle a tenté d’évaluer l’impact d’un PGM, le maïs NK 603, sur le long terme. Deux ans. Quand le fabricant de ce PGM, Monsanto, s’est contenté, lui, de 3 petits mois d’études pour obtenir son autorisation de mise sur le marché auprès de l’EFSA.

OGM, à quand une recherche européenne fiable et indépendante ?

Puisque toutes les études semblent insuffisantes, celles de Monsanto, celle du Pr Gilles-Eric Séralini, pourquoi l’Europe ne se donne-t-elle pas les moyens de vérifier par elle-même ? On pourrait enfin avoir une base solide sur les risques et les avantages des OGM. C’est d’ailleurs le sage avis rendu lundi par l’Anses et le HCB (Haut Conseil des Biotechnologies) qui jugent que l’étude du Pr Gilles-Eric Séralini « n’est pas de nature à remettre en cause les précédentes évaluations ». Mais « recommande, dans ce cadre, d’engager des travaux sur ces questions (…). L’Agence appelle à la mobilisation de financements publics nationaux ou européens dédiés à la réalisation d’études et de recherches d’envergure visant à consolider les connaissances sur les risques sanitaires insuffisamment documentés ».

Dangereux ou pas pour la santé, il est temps de le savoir ! En 2011, les OGM représentaient 160 millions d’hectares de cultures, contre presque rien en 1996. Les Etats-Unis, (69 millions d’hectares), le Brésil (30 millions d’hectares), l’Argentine (23 millions d’hectares) et le Canada (10 millions d’hectares) arrivent en tête. Leurs PGM préférés ? Le soja (75,4 millions d’hectares) et le maïs (51 millions d’hectares). Interdits de culture en France depuis 2008, sauf pour l‘expérimentation, trois sont autorisés en Europe : le maïs Mon 810, le maïs T25 et la pomme de terre Amflora.

Et surtout qu’on le veuille ou non, ils sont déjà dans nos assiettes ! Car maïs et soja OGM représentent aujourd’hui la principale source d’alimentation de notre bétail.

Pour en savoir plus, je vous invite à regarder ce reportage que j’ai réalisé en janvier 2010 avec le Pr Gilles-Eric Séralini. Il est toujours d’actualité !

Laetitia Fouque

En savoir plus sur Allodocteurs.fr :

Les OGM dans notre assiette (reportage vidéo du 21 janvier 2010) :

MOOONN blog !

Rédigé le 19/10/2012 / 1

Et voilà ! Mon troisième bébé. Un blog, MOOONN blog entièrement consacré à mon thème de prédilection : l’environnement. Depuis le temps qu’il me trotte dans la tête celui-là. Seulement entre temps, j’ai fait deux autres bébés. Des vrais. Tout beaux, tout sourires, tout potelés. Aujourd’hui, ils sont grands ! 2 ans pour le premier, 7 mois pour le second-:). Je suis donc prête pour cette nouvelle aventure.

Une aventure que je veux partager avec vous. Des coulisses de mes reportages et chroniques en passant par mes bons plans écolos, mon regard sur l’actu, mes coups de cœur ou coups de gueule, vous trouverez ici plein plein d’infos vertes et bien mûres. Pas de discours officiel, ni de militantisme, je suis avant tout une journaliste de terrain, qui a pas mal bourlingué et enquêté dans ce bio monde de l’environnement. A force, je me suis fait ma petite idée sur pas mal de questions. Et j’ai envie de les partager. Ni fataliste, ni catastrophiste, je veux surtout que ça bouge ! Ce blog sera donc un lieu d’échange, pour tous ceux qui aiment leur planète et veulent la soigner. Alors, à vos verts commentaires!

 

Laetitia.