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Simuler l'orgasme ou ne pas simuler : that is the question !

Rédigé le 14/04/2014 / 1

Il est parfois tentant de faire semblant de grimper aux rideaux… Les Archives of Sexual Behavior font le point avec deux études publiées en avril : une étude a étudié les différentes motivations des femmes et l'autre a évalué à quel point le partenaire évaluait avec justesse (ou non) le plaisir ressenti par le partenaire. Décryptage.

Pourquoi simule-t-on ?

Une étude publiée en avril 2014 dans les Archives of sexual Behavior a déterminé une échelle des motivations d'une femme à simuler un orgasme. L'étude portait sur 481 femmes, âgées en moyenne de 20 ans. Le "FOSW", leFake orgasm scale for women, détermine ainsi 4 motivations dans le cadre des rapports avec pénétration et du sexe oral : par altruisme pour ménager les sentiments de son partenaire ; par peur afin d'éviter les sentiments négatifs ; pour augmenter son excitation et enfin afin de précipiter la fin du rapport. 4 sous-facteurs ont été déterminés dans la catégorie du FOS lors de sexe oral : tromperie altruiste, évitement de l'insécurité pour éviter les sentiments négatifs, augmentation de l'excitation, crainte d'une dysfonction sexuelle et peur d'être anormale.

Ce type d'échelle est censé aider les spécialistes à comprendre pourquoi les femmes simulent et à mettre en place des thérapies plus adaptées…

Que sait-on du plaisir ressenti par notre partenaire ?

Au même moment et dans la même revue, une autre étude porte sur la perception qu'on les hétérosexuels de la satisfaction de leur partenaire. Quel est l'intérêt de le comprendre ? Une théorique classique de la sexualité implique que cette perception influence la capacité à avoir soi-même du plaisir. La sexualité dans un couple est un échange de plaisir, fondé une communication verbale et non verbale qui aident à comprendre ce qui donne du plaisir à l'autre.

Peu d'études ont ainsi étudié comment les partenaires reconnaissaient l'intensité du plaisir ressenti par la/le partenaire et  la justesse de cette perception.

Les auteurs partaient de l'hypothèse que c'était associé à la communication au sein du couple mais aussi à la reconnaissance des émotions. 84 couples hétérosexuels se sont donc prêtés au jeu… Chacun a évalué la satisfaction de leurs partenaires sexuels, la qualité de la relation, celle de la communication sur les questions sexuelles dans leurs relations, et la capacité à reconnaître les émotions.

Hommes et femmes étaient précis dans l'évaluation de la satisfaction du partenaire : les hommes sous-estimaient légèrement le degré de satisfaction de leur partenaire, alors que les femmes étaient  plus précises, même si la différence n'était pas significative.

Les auteurs ont identifié un biais : la qualité de la communication influençant la reconnaissance des émotions.

Au sein des couples communiquant bien sur leur sexualité, la reconnaissance des émotions n'était pas indispensable. En revanche, chez ceux qui parlaient peu, les personnes douées d'un meilleur décryptage des émotions, devinaient avec plus de justesse les sensations de leur partenaire.

Il semble donc inutile de feindre un orgasme avec un partenaire qui nous connaît bien car il devinera ce qu'il en est… C'est l'occasion de rappeler qu'un rapport sexuel n'implique pas forcément un plaisir extrême, l'important étant de partager à deux un moment agréable.

Rappelons le risque de simulations répétées :  le partenaire est alors dans l'incapacité de savoir ce que ressent celle qui partage son lit, la communication sexuelle est biaisée, les façons de donner du plaisir et la femme s'enfonçant dans son mensonge, elle s'éloigne d'autant plus du plaisir…

* The faking orgasm scale for women: psychometric properties. Cooper EB1, Fenigstein A, Fauber RL. Arch Sex Behav. 2014 Apr;43(3):423-35. doi: 10.1007/s10508-013-0212-z. Epub 2013 Dec 18.

** Perceptions of partner sexual satisfaction in heterosexual committed relationships. Fallis EE1, Rehman US, Purdon C. Arch Sex Behav. 2014 Apr;43(3):541-50. doi: 10.1007/s10508-013-0177-y. Epub 2013 Aug 29.