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Porno : un effet négatif sur le cerveau ?

Rédigé le 03/06/2014 / 1

Le porno aurait un impact sur le cerveau. C'est le résultat d'une étude publiée dans le JAMA Psychiatry le 28 mai 2014, après avoir étudié les liens entre consommation de pornographie et cerveau. Avec deux résultats majeurs : la diminution de la taille d'une zone du système de récompense, le striatum, et une baisse de l'activité du système de récompense.

Une équipe de l'Institut Max Planck pour le développement humain s'est posé la question du retentissement de la pornographie sur le cerveau. Ils ont formulé l'hypothèse que la consommation de pornographie relevant d'une addiction, pouvait altérer l'activité du striatum. Précision : le striatum, composé de deux éléments, le noyau caudé et le putamen, joue un rôle majeur dans le système de la récompense (un système bien connu pour son rôle dans les addictions). 

64 hommes, âgés de 21 à 45 ans et en bonne santé, ont ainsi rempli un questionnaire évaluant le temps qu'ils passaient à regarder des films pornographiques, un temps estimé à 4 heures par semaine. Ils ont ensuite passé une IRM afin d'observer les réactions  du cerveau.

Premier résultat : une diminution de la taille du striatum droit (noyeau caudé) chez les plus gros consommateurs, ainsi qu'une moindre réactivité du striatum gauche (putamen) durant la stimulation.

Second résultat, en accord avec l'hypothèse formulée : une altération des connexions du striatum avec le cortex préfrontal, autre zone clé du système de la récompense, puisqu'elle intervient dans la motivation et semble contrôler la poursuite de la récompense.  Autrement dit : le système de récompense était moins actif chez les consommateurs réguliers que chez ceux qui regardaient occasionnellement de la pornographie. Ce qui pourrait expliquer pourquoi ils aient besoin de stimulations sexuelles plus importantes pour obtenir un même niveau de plaisir, un critère de dépendance.

Une interrogation subsiste toutefois : s'agit-il d'une conséquence du visionnage intensif de porno (hypothèse favorisée par les chercheurs), soit d'une cause (les anomalies cérébrales entraîneraient le besoin d'avoir davantage de stimulations pour ressentir du plaisir).

D'autres études, notamment de suivi, sont bien évidemment nécessaires pour élucider les liens entre porno et cerveau…