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Le shibari, l'art d'attacher une personne...

Rédigé le 19/04/2019 / 0

J'ai assisté à une séance collective de shibari, à Paris. Sensuelle et codifiée, cette pratique japonaise est l'art de libérer l'esprit par la contrainte du corps…

Shibari est le mot qu'a retenu l'Occident pour désigner le kinbaku (l'art d'attacher et de suspendre une personne avec des cordes). Contrairement aux idées reçues, l'objectif n'y est pas forcément sexuel comme dans le BDSMS ou bondage-discipline-sado-masochisme.

Certes, la personne entravée est à la merci de celui qui l'attache ; les cordes et les nœuds stimulent parfois des zones sensibles... Les nœuds nécessitent d'ailleurs un apprentissage puisqu'ils sont censés se détacher simplement en tirant sur la corde. Ils sont plus ou moins élaborés, tout comme les postures finales, dont certaines sont particulièrement esthétiques.

Consentement, communication et confiance

Des règles de conduite dirigent les séances, imposant un consentement mutuel et une grande communication. Dès le départ, il est important de partager ses attentes comme ses craintes, ses envies comme ses limites. Puis la communication ne relève plus forcément du dialogue, c'est aussi l'écoute de la respiration de l'autre, l'observation de ses mouvements, de ses tressaillements, de ses abandons qui en révèlent parfois bien plus que des mots…

Autre ingrédient indispensable au shibari, la confiance. S'abandonner ainsi à un homme ou une femme, même dans un espace collectif, demande de se sentir totalement en sécurité. Attachés, les adeptes du contrôle ne seront pas à l'aise ou ce sera un moyen intéressant de dépasser leur besoin de contrôle… Mais lorsque la confiance est là, l'abandon suit. Un couple est particulièrement sensuel : il lui attache le torse et les mains, elle semble en transe les yeux fermés se laissant guider sans résistance. Ils ont l'air de danser tant leurs mouvements sont harmonieux. Leurs corps se frôlent, leurs lèvres aussi. Les moments de grande douceur alternent avec des mouvements plus secs. Complices, ils rient ensemble.

L'attaché(e) doit être certain(e) que celui qui l'attache respectera ses limites, en premier lieu sa douleur car les cordes sont parfois inconfortables, voire franchement douloureuses. Les limites sont aussi psychologiques car le shibari demande de lâcher prise et d'abandonner son corps un autre… En se laissant aller, en offrant ce pouvoir à celui qui attache, une connexion s'établit et la relation débute. L'incertitude de ne pas connaître le prochain mouvement de l'attacheur participe à l'excitation. Ce soir-là, seules des femmes sont attachées ; certaines femmes attachées gémissent de douleur ou de plaisir selon les cas. 

Un autre duo se distingue, dont l’attacheur est un des organisateurs de la soirée. Il est d’emblée plus tactile, caressant les courbes de sa partenaire tout en nouant les cordelettes et effleurant ses zones érogènes. Il suspend au bambou, accroché en hauteur, les jambes attachées de sa complice dont le dos et la tête reposent sur le sol. Puis c'est sa taille qu'il attache au bambou. Il la prend alors longuement dans ses bras, la cajolant tout en lui parlant. Attachée par les chevilles au bambou, la posture se révèle très esthétique mettant en valeur les longues jambes de la jeune femme

La relation qui se noue entre l'attaché(e) et l'attacheur est vraiment particulière et elle attise la sexualité des couples qui pratiquent le shibari. C'est à la fois une façon de repousser ses limites et un partage avec son partenaire qui sort de l'ordinaire. Une façon de jouer avec les rapports de soumission et de domination, d'abandon et de contrôle...