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Le blues après l'amour…

Rédigé le 14/12/2015 / 0

Les réactions négatives qui suivent un orgasme ont été peu étudiées. Pourtant, 4 femmes sur 10 auraient ressenti de la  mélancolie, de la tristesse, de l'anxiété ou même de l'agressivité après l'amour, alors que le rapport était réussi. Ces émotions portent le nom de blues post-sexe ou de "dysphorie post-coïtale". Quelle est sa fréquence ? Quelles sont ses causes ? Retour sur quelques études…

Publiée en octobre 2015 dans le Sexual Journal, l'étude[1] souhaite déterminer si les symptômes post-coïtaux sont liés à la façon dont les femmes vivent leur couple. Autrement dit, le type d'attachement à leur partenaire impacte-t-il la fréquence du blues ?

230 étudiantes ont rempli en ligne l'index de fonction sexuelle féminine (FSSI) ainsi qu'un questionnaire sur leur relation intime (Experiences in Close Relationships Scale) évaluant l'attachement en 12 questions. Autre questionnaire déterminant la capacité à équilibrer autonomie et intimité dans les relations de couple : le Differenciation of Self Inventory Revisited.

Anxiété et évitement, 2 paramètres clés de l'attachement

Les chercheurs reprennent la théorie de l'attachement initialement appliqué à l'enfant puis étendu au couple : il peut être sécurisé, anxieux, d'évitement ou désorganisé.

Pour mieux comprendre, les personnes très anxieuses ont tendance à se demande si leur partenaire les aime vraiment et craigne d'être rejetées. Avec un degré d'évitement élevé, la tendance à dépendre du partenaire et à être à l'aise avec lui est réduite.

En mixant les deux concepts, on obtient différents types d'attachement : sécurisé (évitement faible/anxiété faible), d'évitement (évitement élevé/anxiété faible), anxieux (évitement faible/anxiété élevée), désorganisé ou craintif-évitant (évitement élevé/anxiété élevée).

Les "désorganisées", plus touchées

46,2% des participantes avaient vécu un blues post-sexe au moins une fois dans leur vie, tandis que pour 0,5% des participantes, c'était tout le temps ou presque. 5,1% avaient éprouvé ces symptômes plusieurs fois au cours des 4 dernières semaines.

Les auteurs de l'étude ont observée une faible mais significative association entre la dysphorie post-coïtale et le profil désorganisé évoqué ci-dessus (anxiété  et évitement élevés).

Autres facteurs non significatifs : les auteurs suggèrent que les personnes réactives sur le plan émotionnel et ayant plus de mal à s'affirmer présentent plus de risques de blues-post sexe, peut-être parce qu'elles sont plus sensibles et vulnérables aux émotions négatives. Si elles ont l'impressionner de fusionner avec leur partenaire durant le rapport, elles peuvent vivre la fin de celui-ci comme une séparation bouleversante. Une analyse qui semble pertinente à première vue mais qui n'était pas significative.

Une autre étude[2] avait montré une association significative avec la satisfaction de la relation mais surtout un abus dans l'enfance, qui pourraient expliquer la dysphorie, et même une origine génétique.

Plusieurs limites existent dans l'étude : un échantillon non représentatif, limitant l'extension des résultats à l'ensemble de la population ; l'absence de critères précis diagnostiquant la dysphorie post-coïtale ; l'étude étant rétrospective, les données reportées peuvent être inexactes ; enfin, l'absence d'évaluation d'une dépression fait défaut…

D'autres études sont nécessaires pour mieux cibler les causes de la dysphorie.


[1] Postcoital Dysphoria: Prevalence and Psychological Correlates. Robert D Schweitzer PhD. Sexual Medecine Article first published online: 5 OCT 2015. DOI: 10.1002/sm2.74

[2]. An epidemiological survey of post-coital psychological symptoms in a UK population sample of female twins Burry. Twin Res Hum Genet. 2011 Jun;14(3):240-8. doi: 10.1375/twin.14.3.240.