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La sexsomnie, une sexualité en dormant

Rédigé le 17/05/2019 / 0

Quand Morphée rencontre Eros… Loin de relever du simple rêve érotique, les sexsomnies sont une forme de somnabulisme et entraînant un comportement sexuel involontaire.

Elles se traduisent par des manifestations, comportements ou vocalisations à caractère sexuel durant le sommeil. Elles sont totalement inconscientes, incontrôlables et sont oubliées au réveil

Deux types de sexomnie, également appelée parasomnie sexuelle, sont distinguées par les spécialistes selon la phase de sommeil où elles surviennent : durant le sommeil paradoxal ou pendant le sommeil lent. Elles toucheraient 4% de la population et vont jusqu'à faire l'amour en dormant...
D'après les études, elles prendraient plutôt la forme de gémissements explicites ou de plaisir solitaire chez les femmes, ou d''actes de pénétration et de mouvements de bassin chez les hommes. Si les sexsomnies prêtent parfois à sourire et séduisent les médias, elles peuvent avoir des conséquences juridiques dramatiques, conduisant à un délit et un emprisonnement.

Dans les dizaines de cas recensées dans les revues médicales, on note plutôt des gémissements explicites ou du plaisir solitaire pour les femmes, alors que les hommes ont surtout des mouvements du bassin ou des actes de pénétration, mais tout l'éventail des pratiques sexuelles, y compris orales, est répertorié.

Pour mémoire, une nuit de sommeil est constituée de 4 ou 5 cycles d'environ 2 heures, chaque cycle enchaînant plusieurs phases : nous nous endormons en sommeil lent, qui devient de plus en plus lourd, pour constituer la phase de sommeil profond. Puis c'est le tour du sommeil paradoxal, le moment où nous rêvons, qui occupe en moyenne 20% de notre sommeil.

Les sexsomnie du sommeil paradoxal

Elles vont de l'exhibitionnisme aux troubles du comportement se manifestant par des expériences sexuelles en demi-éveil avec le compagnon de lit (s'il est consentant !).

Autre possibilité : les "dyskinésies paroxystiques nocturnes", une sorte de comportement épileptique. Les crises se manifestent sous la forme d'attitudes, cris ou gestes sexuels et sont parfois impressionnantes.

Des vocalisations sexuelles se font parfois  sous la forme de gémissements parfois très bruyants à caractère sexuel. Ce que les médecins appellent "catathrénie".

Les médicaments sont parfois à l'origine de ces parasomnies, ces effets secondaires étonnants étant encore souvent négligés par le corps médical. Même si certaines affaires médiatiques, comme ce patient ayant porté plainte pour une hypersexualité provoquée par le traitement de sa maladie de Parkinson, les ont pourtant mis en lumière...  Les antidopaminergiques ne sont pas les seuls en cause ; des benzodiazépines ou des morphiniques arrêtés trop rapidement déclenchent parfois des sexsomnies lors du syndrome de manque.

Les sexsomnies du sommeil lent

Le sommeil lent favorise les désinhibitions des instincts basiques, dont fait partie la sexualité. L'amnésie des faits est partielle ou complète.

Attention à l'alcoolisation sévère ou au la prise d'alcool avec des anxiolytiques et somnifères ! Ils amplifient parfois le risque de "somnambulisme" sexuel avec des contacts sexuels allant parfois jusqu'au viol. Là encore, une amnésie partielle est possible au réveil.

Autre cas, l''ivresse confusionnelle (confusion sans consommation d'alcool). Elle est parfois responsable de véritables délits comme des agressions à caractère sexuel. Aussi appelée syndrome d'Elpénor, elle est liée à un éveil incomplet qui peut conduire à des actes sexuels. Elle pose, comme d'autres sexsomnies un problème médico-légal. Maladie rare, le syndrome de Kleine-Levin se traduit par des crises de somnolence qui s'accompagnent souvent de troubles du comportement sexuel et alimentaire notamment. Ces crises durent quelques jours et ce syndrome touche plutôt les jeunes, de préférence les hommes (70%).

Quelles solutions ?

C'est souvent celui qui partage le lit du "sexsomniaque", qui cherche une solution, épuisé par les réveils certes câlins mais intempestifs… 

Consulter un spécialiste du sommeil est le premier réflexe à adopter : il pourra proposer une thérapie comportementale, parfois un traitement par antidépresseur, et sensibiliser à l'importance de l'hygiène autour du sommeil. Avoir des horaires de coucher et lever réguliers, faire du sport dans la journée, adopter des activités calmes (lecture, relaxation, méditation,...) avant l'endormissement, ne pas utiliser d'écran dans les heures qui précèdent le coucher, éviter les excitants -café, thé, cola,... après 15/16 heures, mais aussi le stress, l'alcool, la prise de benzodiazépines, toutes ces règles contribuent à retrouver un sommeil moins sexuel...

Mise à jour d'un article publié le 13/06/2014

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