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Idées reçues sur la sexualité du couple : bis !

Rédigé le 14/08/2015 / 0

Encore des idées reçues qui se glissent sous la couette du couple ! En voici cinq autres préjugés sur les fantasmes, les tabous, l'échangisme qui serait une arme contre l'infidélité, les cris des femmes qui seraient proportionnels au plaisir et la baisse de désir témoin du manque d'amour…

  • Il faut partager ses fantasmes avec son partenaire

Faux

Le fantasme est le moteur du désir, il repose sur l'imaginaire et la transgression d'un interdit. Il est censé rester dans notre jardin secret mais il est parfois tentant de le partager avec la personne dont on se sent le plus proche et espérer en retour qu'elle nous confie les siens.

Ce partage comporte quelques dangers : tout d'abord, le fantasme peut choquer le ou la partenaire. Si par exemple, vous lui confiez que vous rêvez de faire l'amour à 3, il ou elle peut être scandalisé(e) ou rebuté(e), mais aussi penser qu'il ne vous suffit pas. Une fois que les mots sont prononcés, il est impossible de les reprendre… ils restent dans l'esprit de l'autre et ils peuvent le bloquer par la suite. Plutôt que d'en parler sous forme d'affirmation, optez pour la suggestion : et si on faisait cela, cela pourrait te tenter... ?

Autre écueil : la déception. La réalité est parfois inférieure à l'imaginaire. Après avoir tant fantasmé sur une situation et en avoir tiré tant de plaisir, la vivre dans le réel est parfois très décevant. Au bout du compte, on a perdu un fantasme qui fonctionnait bien !

Un autre danger guette les plus loquaces, il est possible de tomber dans l'escalade : un premier fantasme soft peut laisser la place à un autre plus corsé, qui ne suffira plus et entraînera l'assouvissement d'une autre idée plus hard.  

  • L'échangisme est le meilleur moyen d'éviter l'infidélité

Faux mais…

Pour éviter l'adultère, il faudrait mettre son partenaire dans les bras d'une autre femme ou de plusieurs, ou vice-versa sa partenaire dans les bras d'un autre homme. La suggestion est souvent masculine (mais pas toujours !) pour pimenter un peu la vie sexuelle, histoire d'aller voir ailleurs en ayant la bénédiction de l'autre. La nuance entre infidélité et libertinage est subtile : ce serait le fait d'être au courant ou présent(e) qui éviterait la souffrance de la tromperie cachée. La transparence est totale dans l'échangisme mais si une personne est tentée par l'infidélité pour se trouver lui, pour avoir une vie à lui, cette pratique collective en présence de son partenaire ne changera rien à son désir…

Dans certains couples, l'échangisme est parfois un projet qui soude mais il n'est pas sans danger. C'est toujours le projet de l'un plus que de l'autre et après l'avoir réalisé, il peut conduire le couple à la rupture du fait d'attentes différentes. Si fantasmer celui ou celle qui partage son lit faisant l'amour avec un autre homme excite certains, le visualiser en train de prendre du plaisir peut être un choc puissant ! Il n'est pas rare que cela provoque une perte d'érection chez l'homme ou une perte de libido, des conflits dans le couple, des envies d'adultère si l'on a pris davantage de plaisir avec un autre partenaire,...

  • Pour avoir une sexualité harmonieuse, il ne faut pas avoir de tabous

Faux

Un tabou est un interdit puissant, d'ordre moral ou religieux. Les tabous régissent la société et la structurent ; la sexualité en regorge, l'inceste et la pédophilie sont les tabous par excellence et garantissent le bon fonctionnement de la société actuelle.

Les interdits sont aussi présents dans le couple et il est tout à fait normal d'en avoir : ce sont des lignes directrices d'une éthique personnelle, issue de l'histoire personnelle et de l'éducation.

Ils sont plus ou moins puissants suivant les individus. Ce sera la sodomie par exemple ou tout simplement faire l'amour en pleine lumière pour une femme qui n'est pas à l'aise avec son corps. Pour d'autres, ce sera la fellation par dégoût des odeurs ou par peur inconsciente de l'étouffement en prenant le sexe profondément dans la bouche.

Il est important de respecter ses tabous et de les faire respecter à son partenaire (vous avez parfaitement le droit de ne pas vouloir certaines choses, c'est aussi un privilège !). Ils sont aussi libres d'évoluer dans le temps, suivant l'évolution personnelle : ainsi transgresser un interdit ouvre-t-il parfois la porte à une grande jouissance lorsqu'il est assumé. A l'inverse, cela peut être traumatisant quand il a été transgressé par pression de l'autre ou pour lui faire plaisir, sans respecter ses propres peurs.

  • Plus une femme crie fort, plus elle jouit fort

Faux

Ecartons tout de suite cette idée : l'intensité des vocalises n'est pas proportionnelle au plaisir ! Certaines femmes font l'amour en silence, d'autres gémissent ou crient. Elles le font pour se conditionner au plaisir, stimuler le partenaire ou lui indiquer qu'il se rapproche du but, comme l'avait montré une étude qui estimait que c'était une façon de guider l'homme. Ajoutons aussi, dans une moindre mesure  l'influence des films pornographiques où les actrices hurlent dès que l'acteur les touche (les adolescentes se sentent parfois obligées de le faire)…

Mais avant tout, les femmes sont plus habituées que les hommes à exprimer leurs émotions et cette caractéristique se retrouve à l'horizontale. Les gémissements sont donc l'expression de ce qu'elles ressentent. Lors de la montée de l'orgasme, il n'est pas rare qu'elles se taisent, se recueillant sur leurs sensations, pour exploser en quelques soupirs ou cris lorsque le plaisir survient.

La palette des vocalises féminines est donc extrêmement variée, aussi bien d'une femme à l'autre, que d'une étreinte à l'autre chez une même femme.

  • Si on ne désire plus son partenaire, c’est qu’on ne l’aime plus

Faux

J'ai déjà abordé la question de la perte d'érection et de l'amour, passons à la femme. Si une femme a moins de désir pour son partenaire, cela signifie-t-il pour autant qu'elle l'aime moins ? Amour et désir ne vont pas toujours de paire…  Pour désirer, il faut être bien dans son corps, dans sa tête et avec l'autre. Paradoxalement, l'autre n'est donc pas toujours au cœur du désir ! De plus, une femme a souvent besoin d'être libérée de ses contraintes (travail, enfants, courses,  ménage) avant d'être disponible pour des galipettes : si elle se sent acculée dans la gestion des contraintes, elle ne peut pas parvenir à dégager de l'énergie pour un rapport sexuel. De plus, de nombreux facteurs influencent la libido : la fatigue, le stress, des préoccupations professionnelles ou personnelles, une déprime,... Parfois, c'est une prise de poids qui paralyse le désir : lorsque l'on n'est pas bien dans son corps, on n'a pas envie de l'exposer au regard de son partenaire ("comment pourrait-il me désirer ainsi ?").

Et si un désir envers d'autres hommes que le partenaire existe ? Autant réfléchir au calme et avec lucidité sur sa relation : y-a-t-il eu un conflit non résolu qui s'exprime inconsciemment dans le lit conjugal ? Une rancœur envers le partenaire est-elle présente ? Y a-t-il une incompréhension qui n'est pas formulée ? Se poser ces questions et y apporter une réponse à travers un dialogue posé et non agressif permettra de surmonter ce problème passager avant qu'il ne gonfle et prenne des proportions plus graves. L'aide d'un thérapeute peut être la bienvenue si le dialogue n'est pas possible.