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Ejaculation prématurée : apprendre à retarder sa survenue

Rédigé le 12/04/2019 / 0

Suite du post sur l'éjaculation prématurée, avec les conseils pratiques du psycho-sexologue Sébastien Landry, auteur du livre L'éjaculation précoce, ce n'est pas une fatalité, aux éditions In press Eds.

"De nombreux hommes veulent contrôler leur éjaculation mais ce n'est pas possible... !" s'exclame d'emblée le sexologue Sébastien Landry. En revanche il est tout à fait possible d'apprendre à la retarder ! Connaître l'éjaculation et son fonctionnement est la base car cela permet de comprendre cette nuance de taille, à la base de la prise en charge...

  • Agir sur l'excitation sexuelle et non sur l'éjaculation

Génétiquement, le mâle est conditionné à éjaculer vite car le coït est une posture délicate, qui met en danger. "Les hommes touchés par l'éjaculation prématurée sont juste normaux à éjaculer vite ! Ceux qui savent retarder leur éjaculer, c'est parce qu'ils contrôlent leur excitation et la durée du rapport, et parce qu'ils ont appris à le faire", détaille le sexologue.

A l'heure actuelle, où la sexualité a revêtu une dimension de plaisir partagé et pas seulement de procréation, une partie des hommes a en effet appris à retarder leur éjaculation pour allonger la durée du rapport et prendre le temps de donner du plaisir à leur partenaire. Ils ont appris que l'éjaculation est un réflexe incontrôlable, qui survient à partir d'un certain seuil d'excitation, et qu'il est donc possible de retarder sa survenue en agissant sur cette excitation, avant que le mécanisme éjaculatoire soit lancé.

"Et les hommes avec une éjaculation prématurée peuvent y parvenir aussi. Mais souvent, ils n'en parlent pas et ils ne consultent pas." Quand cette information sur l'éjaculation n'est pas faite, "il y a une fatalité, ils essaient des techniques mais comme ils ne comprennent pas que c'est l'excitation qu'il faut contrôler, ils vont droit à l'échec, avec la spirale de l'échec, je suis nul..." Les hommes qui disent contrôler leur éjaculation contrôlent en fait leur excitation.

A lire aussi : Ejaculation prématurée, conseils pratiques pour elle et lui

  • La masturbation progressive, pour savourer le plaisir

"Soit ils se masturbent très souvent, mais trop rapidement, pour se décharger, ils veulent la finalité mais ils ne profitent pas du chemin, explique le psycho-sexologue. Soit ils ne se masturbent pas assez, et ils n'éjaculent pas assez souvent : du coup, l'excitation est au taquet et l'éjaculation est très rapide. "

"Je recommande donc l'exercice du stop and go, le plus accessible", explique Sébastien Landry. Il s'agit de se masturber en faisant monter l'excitation et d'arrêter les stimulations dès qu'on sent les signes qui l'annoncent (comme une tension à la base du pénis ou au niveau du gland, une chaleur, etc). Dès que l'excitation est remontée, on recommence à se masturber, puis à s'arrêter à nouveau, puis à reprendre la masturbation. Peu à peu, l'homme commence à mieux se connaître et à durer plus longtemps.

Attention, l'exercice du stop and go est recommandé et possible s'il y a un début de contrôle d'après le Dr Desvaux. Pour Sébastien Landry, il est habituellement efficace, excepté quand il y a des problèmes organiques et médicaux, ce qui nécessite de consulter un sexologue médecin.

"Tant que ce n'est pas maîtrisé seul, on ne le fait pas à deux ! recommande le psycho-sexologue. Passer par la masturbation est plus facile car l'homme n'a qu'à gérer son excitation. Si on met l'autre dans l'exercice, il y a trop de choses à gérer. Mais quand il voit qu'il y arrive un peu en se masturbant, c'est très encourageant. Quand il maîtrise l'exercice avec des pauses, il peut les remplacer par des ralentissements."

Ensuite, le psycho-sexologue recommande de le faire dans les conditions du réel : "quand le stop and go est bien géré, il faut le faire en se masturbant très vite, en étant moins concentré et plus dans l'excitation comme si l'homme voulait éjaculer le plus vite possible. Il faut arrêter juste avant d'éjaculer, faire une pause sans perdre l'érection, puis reprendre la masturbation." A ce moment-là seulement, le ou la partenaire peut rentrer dans le jeu.

Enfin, un autre exercice est intéressant d'après Sébastien Landry, une fois que le stop and go n'est plus un problème : "Pour érotiser tout le corps, je recommande de ne pas toucher son pénis mais de se mettre en érection en fantasmant, en caressant le corps, l'entrejambe, le périnée, le cou, les mamelons. Le but est de décentrer l'excitation du pénis au reste du corps et cela de s'habituer à ce que l'autre le touche.

  • Gérer son excitation durant le rapport

"Je conseille de faire des préliminaires plus longs, plus tournés vers l'autre que vers soi et son pénis, dans le but de s'acclimater à son excitation, détaille le psycho-sexologue. Certaines positions sexuelles sont recommandées, comme l'Andromaque car l'homme est plus détendu et relâché, que dans un missionnaire par exemple."

Il s'agit ensuite de pratiquer le stop and go durant la pénétration : "Je bouge mais quand je sens que ça monte trop, on s'arrête. Souvent quand l'homme maîtrise le stop and go, il arrive déjà à avoir un rapport plus long."  C'est important d'être centré sur ses sensations, ses ressentis sur ce qui se passe dans leur corps. Où en est l'excitation ? Les stimulations sont-elles trop hautes ou tolérables ?

La respiration est intéressante aussi. Allonger sa respiration et pratiquer la respiration abdominale permet de calmer son excitation : "très souvent, l'homme qui souffre d'éjaculation prématurée se contracte et accélère sa respiration, comme s'il armait une arme pour tirer avec tout le corps. La respiration est la base !"

Mais en couple, la communication est elle aussi vitale : "Il faut aussi être capable de parler... Mais chez un couple motivé qui communique bien, on peut demander d'avoir des rapports sans pénétration, de savoir se donner du plaisir sans se pénétrer." Cela diminuera la pression de la pénétration et habituera à être excité et à prendre du plaisir, sans impliquer la pénétration...

Ces conseils sont indicatifs et le soutien régulier d'un sexologue, psychologue, médecin facilite souvent la prise en charge. De plus, lorsqu'il n'y a aucun contrôle de l'éjaculation, l'ajout d'un médicament en parallèle à une thérapie, reprenant également ces conseils, est vraiment préférable.