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Domination et soumission, de puissants leviers d'excitation

Rédigé le 04/08/2017 / 0

Dans la série des mots du sexe en –isme, j'aborde cette semaine le sadomasochisme. L'occasion d'aborder le rapport de domination et de soumission, levier puissant d'excitation et de plaisir, dans le couple…

Des pratiques injectant de la nouveauté

Fessées, menottes, cordes et mots crus ont envahi l'ébat sexue Et c'est notamment via des romans comme Fifty shade of Grey, faisant l'apologie de pratiques soft de domination et soumission. Elles ont été assimilées au SM, les adeptes estimant qu'elles n'en relevaient pas mais ce n'est pas l'objet de cet article. L'intrigue de ce type de romans, est fréquemment la même : une jeune oie blanche apprend les délices de la transgression, grâce à son puissant et dominateur amant. Un scénario très classique des romans érotiques, relevant souvent de fantasmes masculins mais depuis la parution de Fifty shades of Grey, les ventes des accessoires de jeu SM grimpent aux rideaux ! Ils accentuent en effet les rapports de domination et de soumission, le jeu de contrôle et de perte de contrôle qui existe bien souvent dans les rapports sexuels.

Ce sont des leviers très connus dans la sexualité, qui décuplent l'excitation et le plaisir qui en découle. Pour quelles raisons ? Du côté du soumis (ou de la soumise), ces leviers jouent sur l'abandon à l'autre : il.elle est à la merci de celui.celle qui pourrait tout lui infliger, et qui contrôle son plaisir… Un jeu qui simule l'exposition au danger. Du côté du.de la dominant.e, il.elle obtient la toute-puissance sur son.sa partenaire, avec la possibilité de faire mal ou de faire jouir… En dehors du SM, il s'agit de fantasmes et d'imaginaire, pas de violence infligée chez la plupart des couples. Pour certain.e.s, c'est parfois tout simplement faire une fellation, assis.e aux pieds de l'autre debout : qui est soumis.e et qui domine ? Celui.celle qui est aux pieds de l'autre ? Ou celui.celle qui domine en étant maître ou maîtresse du plaisir de l'autre ?

Ainsi le lit offre-t-il un espace de jeux en dehors du réel et de piquants jeux de rôles. Le besoin de se soumettre ne traduit nullement une faiblesse ou une soumission sociale, tout comme les dominateurs (ou dominatrices) sexuels ne sont pas des despotes dans la vie quotidienne…

Le sadomasochisme, domination et soumission extrèmes

Dans sa forme pure, le sadomasochisme[1] fait partie de ce que l'on appelle les paraphilies, baptisées autrefois les perversions. A l'instar de l'exhibitionnisme, du fétichisme, de la zoophilie,… Ce sont des pratiques qui n'utilisent pas les ressorts sexuels jugés "normaux" par la société (à savoir que la normalité sociétale est variable selon les époques). Le plaisir est obtenu par un schéma répété, en faisant intervenir le sujet ou l'objet de la paraphilie (par exemple les chaussures en cas de fétichisme sur les chaussures).

Le masochiste ne jouira que dans la souffrance et l'humilation ; il n'aura pas d'orgasme dans un rapport classique. Son cerveau produit des endorphines, des antidouleurs naturels, qui sont sécrétés lors du plaisir, de l'orgasme et de la souffrance. Celle-ci est transformée en plaisir sexuel dans le cadre du masochisme. Le sadique, lui, prendra un plaisir à la fois psychologique et physique dans la douleur qu'il impose. Il frappe ou utilise la violence psychologique pour blesser son partenaire de jeux érotiques. Le pouvoir dont il dispose devant sa ou son partenaire, décuple son excitation et son plaisir. Il se confronte au pouvoir dont elle dispose sur un autre être humain et à sa toute-puissance.

Les sadomasochistes utilisent exactement les mêmes ressorts que les adeptes de domination et de soumission, mais à la puissance 100, pour augmenter leur plaisir. Car le plaisir est mutuel et partagé, c'est là tout l'enjeu du rapport SM. Il apporte un apaisement et un épanouissement sexuel aux couples qui le pratiquent.

Il est toutefois indispensable de mettre un garde-fou pour ne pas sombrer dans des pratiques trop violentes, qui mettent en jeu la santé, voire la vie (le SM n'a pas forcément conscience de ses limites). Un simple mot permet d'y mettre fin.


[1] Le sadomasochisme est relatif aux écrits du Marquis de Sade qui racontait les plaisirs ressentis en infligeant une souffrance à ses partenaires, et à ceux de Leopold Van Der Masoch, qui aborda la notion de soumission sexuelle.