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Dico sexuel : le binge dating

Rédigé le 16/10/2015 / 0

Un billet léger sur un mot à la mode (je vous parlerai régulièrement de néologismes sexuels)… Vous connaissiez le binge drinking, pour les accros aux ivresses express, le binge watching qualifiant ceux qui ingurgitent les séries à la vitesse grand V, voici le binge dating, dédié à ceux qui enchaînent les amants. Traduction en français  : le sexorcisme… Ou exorciser la peine grâce au sexe.

Certaines se gavent de glace devant des comédies sentimentales, tandis que d'autres restent sous la couette avec des paquets de mouchoir. Les adeptes du binge dating vont se consoler en multipliant les conquêtes : quoi de plus enivrant qu'un regard plein de désir, suivi d'une nuit agitée sous la couette ? Sentir que l'on plaît rassure sur sa capacité de séduction, sur un sex-appeal mis à mal par la perte de l'être aimé. A fortiori si l'on a été quitté(e), la confiance en soi est altérée : on cherche les raisons de la rupture indéfiniment : la "blessure narcissique" que laisse une rupture est terrible et marque parfois à vie.

Combler le vide, se rassurer et s'étourdir de plaisir…

Il n'est pas rare que les "nouveaux" célibataires comblent le vide laissé, par des sorties effrénées et des rencontres multipliées.  Envie de découvrir le monde du célibat sans limite, envie de nouveautés capiteuses, envie de plaisir sans contraintes… Le plaisir justement, qui agite dans le cerveau le "circuit de la récompense", usine à dopamine et à endorphines. Résultat, grâce à une nouvelle conquête, on plane… pile ce que l'on cherchait, en manque de ce que le partenaire procurait avant la rupture. Où est le problème, me direz-vous ?

Le binge dating ne rassure qu'un temps… A trop conquérir, on y laisse parfois des plumes et à force d'enchaîner les galipettes avec des personnes différentes, les plus fragiles finissent par s'y perdre et ne plus savoir ce qu'ils cherchent. Si les premières histoires rassurent sur sa valeur sexuelle (hélas souvent confondue avec la valeur personnelle), les suivantes apportent des remises en questions et des doutes, notamment chez les femmes. Elles ne bénéficient toujours pas de la même indulgence concernant le donjuanisme et vivent parfois mal la multiplication du nombre de partenaires. Oser la liberté et l'assumer est plus difficile qu'il n'y paraît au féminin.

 

Et dans le cas extrême, ce qui apporte un soulagement temporaire peut devenir une drogue : le circuit de la récompense demande régulièrement son dû, en l'occurrence un nouvel amant, une maîtresse différente. Une méthode anodine en apparence se transforme alors en addiction, avec une sexualité compulsive.

Comment se remettre d'une rupture en amoureuse ?

Il n'y a pas de recette magique, ce serait trop simple : à chacun de trouver celle qui lui convient pour panser ses plaies sentimentales. Je consacrerai un jour un article entier à ce vaste thème mais respecter un temps de chagrin en acceptant ses émotions semble important : oui, vous avez le droit de pleurer sous la couette, de regarder 3 fois Bridget Jones ou de siffler quelques cocktails avec des amis (et modération)…

L'étape suivante est plus cérébrale : analyser avec objectivité la rupture. Pourquoi s'est-elle produite ? Comment dois-je l'interpréter ? Quels sont mes éventuels torts (c'est rarement tout noir tout blanc, chacun a une part de responsabilité) ? Les questionnements les plus lourds peuvent être judicieusement aidés par une psychothérapie.

Conseil pratique, listez tout ce que vous ne supportiez pas chez votre partenaire, plutôt que de ressasser avec nostalgie les bons moments… Prenez soin de vous, distrayez-vous et variez les sources de plaisir. Au choix selon les goûts : les copines, les apéros entre amis, le sport (bon substitut d'endorphines), le théâtre ou le ciné, la famille, un cours de peinture (de poterie, de macramé,…).

Et que ce soit sexuellement ou amoureusement, un seul critère est primordial : choisir une personne qui plait vraiment et fait vibrer, et qui n'est pas là pour combler un manque.

PS : si la tristesse perdure, que l'on perd tout attrait pour des activités que l'on aimait, il est recommandé d'en parler à un médecin.