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Islam : la sexualité selon le Prophète, hier et aujourd'hui

Rédigé le 31/01/2020 / 0

Dans le cadre d'une série d'articles consacrés à la place de la sexualité et de l'amour dans les religions, les Drs Michel Canesi et Jamil Rahmani, auteurs du livre Bien portants avec la médecine du Prophète, Ysabel Saïah Baudis, fondatrice d'Orients éditions, et Ghaled Bencheikh, théologien, ont répondu à mes questions

Quelle était la place de l'amour physique dans le monde islamique ?

Dans le monde arabe il y a plus de cent mots pour dire l’amour, plus de mille locutions pour le définir. Tous les amours, de la pensée amoureuse au désir, de la jouissance à l’union mystique avec le divin… Les Arabes louent depuis toujours, ce sentiment humain fondamental qui rapproche du créateur. Les premières poésies vantent ce sentiment. Pour Antar et Abla, amoureux mythiques, l’acte d’amour est irrépressible et naturel. 

Pour l’Islam et son Prophète, l’amour reste naturel, transcendant, mais dans le cadre plus codifié du mariage. L’œuvre de chair est une aumône… L’amour des voluptés tirées des femmes éblouit les hommes, disent les hadiths. L’acte sexuel n’est donc nullement décrié mais fortement recommandé. Il est écrit dans le Coran « Ne déclarez pas illicites les excellentes nourritures que Dieu vous a permises ». On y trouve aussi une superbe définition du mariage qui met à égalité les partenaires amoureux : « Le femmes sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles. »

Qu’a apporté le prophète dans le domaine de la sexualité ?

Mohammed prodiguait des conseils pour conduire la femme au plaisir « Qu’aucun d’entre vous ne se jette sur sa femme comme le font les bêtes… il y aura d’abord des baisers et des douces paroles ».  En Islam, le plaisir féminin n’est pas tabou et l’une des premières musulmanes évoquait avec le Prophète l’éjaculation féminine !

Les Mille et Une Nuits*, ouvrage rédigé au X° siècle en plein âge d’or de l’Islam, sont empreintes d’érotisme. Schéhérazade mène le jeu et, au fil des nuits, sa sensualité, son charme apaisent la brutalité du sultan sanguinaire. 

L’islam a alors totalement intégré l’érotisme à la vie. Au fil des siècles, de nombreux livres ont loué l’acte sexuel. « La Médecine du Prophète » de Jallal Eddine As-Suyuti, best-seller dans le monde musulman depuis le 15ème siècle est un de ceux-là. Ses conseils médicaux ont été repris par Michel Canesi et Jamil Rahmani dans « Bien Portant avec la Médecine du Prophète », publié en 2019 aux éditions J.C. Lattès.

Pour une vie épanouie, peut-on y lire, la sexualité est capitale et, alors que l’Europe de début de la Renaissance, confinait l’acte de chair à la pérennité de l’espèce, le monde islamique reconnaissait le plaisir féminin et concevait que l’acte sexuel puisse être pratiqué pour le seul plaisir. Les préliminaires sont fortement conseillés pour conduire sa partenaire au plaisir. La contraception est admise soulignant avec force l’importance du plaisir qui doit être désolidarisé de l’acte de procréation.

Le Prophète Mohamed ne déclarait-il pas : « Ce que j’ ai aimé dans votre monde, ce sont les femmes et les parfums…»

Que reste-t-il de ces normes dans le monde islamique aujourd'hui ? (réponse de Ghaleb Bencheikh)

On constate aujourd'hui une inversion tragique de compréhension, de rapport à la vie, y compris lorsque l'on considère les propos du prophète. C'était un homme aimant la vie, avec une inclination pour la beauté, l'esthétique mais il y a une annihilation de tout cela aujourd'hui, avec une pudibonderie affectée, une obsession névrotique quant au corps féminin et aux rapports charnels,  on est aux antipodes de ce qui s'est passé dans l'histoire.

Au tournant du 20e, il y a eu une régression civilisationnelle, une crise de la pensée qui s'est traduite par une rétraction au niveau de la civilisation qui durant des siècles, conjuguait hédonisme et humanisme. C'était l'art de vivre, du raffinement , de la jouissance, des plaisirs dans les cours califales et même chez les sujets normaux. Ce qui n'est plus le cas maintenant : il y a une phobie de la femme, de telle crainte et de telles frustrations qui induisent une approche névrotique de la sexualité, des rapports charnels. Ceci explique le fait de vouloir emmitoufler les femmes, les soustraire aux regards.

Il n'y avait aucune pudibonderie, y compris dans les textes religieux eux-mêmes et cela prévalait ainsi durant des siècles jusqu'à la régression tragique, au 20e siècle...

* A lire à ce sujet Les milles et une nuits, contes érotiques illustrés par Van Dongen, d'Ysabel Saïah Baudis, Hazan éditions.

 

Le consentement, le livre qui fera enfin bouger la société ?

Rédigé le 24/01/2020 / 0

C’est un livre qui claque comme une fulgurance. Une onde de choc glaçante qui bouscule la société en décrivant implacablement les mécanismes de l'emprise, les ravages de la manipulation, la complexité du consentement chez les mineurs. Que nous livre l'écrivaine Vanessa Springora ? Comment avancer sur le plan juridique ? Deux associations, L'enfant bleu et Stop aux violences sexuelles, confient leurs revendications pour mieux protéger les enfants et adolescents.

Avec la précision d’un scalpel, Vanessa décrit les émois de l’adolescente qu’elle était, dans les bras d’un homme de 30 ans son ainé, le piège qu’il monte pour la transformer en proie, l’emprise qui s’exerce, implacable et inconsciente... D’enfant négligée par son père, la jeune Vanessa devient une jeune femme enfin regardée avec amour par un homme, amoureuse comblée par les lettres pleines d’esprit,  et par cette relation qu'elle croit exceptionnelle. Parce que Gabriel Matzneff sait parfaitement ce qu'il faut dire à la jeune fille pour lui faire croire qu'elle agit de son plein gré. Leur relation se révèle exceptionnelle par sa nocivité et l'habileté de la manipulation, mais non pas par la force de cet amour interdit, comme lui fait croire à l'époque le séducteur pathologique.

Au fil des pages, Vanessa raconte comment une telle relation a été rendue possible et interroge les différents protagonistes. L’entourage, censé protéger les enfants, ne prend pas la mesure de cette relation ; son père absent a créé un vide ne demandant qu’à être comblé, sa mère célibataire connaît les difficultés classiques de ce statut et devant les réponses passionnées de sa fille, cède. Le milieu littéraire dans lequel sa mère évolue influence son raisonnement puisqu'il ne considère pas les agissements de G. Matzneff comme délictueux, mais comme symboles d'une liberté sexuelle poussée à l'extrême. La minutie et la finesse des analyses de l'auteure  aident ses lecteurs à comprendre ce qui tournerait au scandale aujourd'hui.

Vanessa Springora pose toute la complexité du consentement, en analysant les faits sans juger, en décrivant pas à pas ce que vit celle qui est la proie d'un prédateur sexuel et vit sous son emprise. Lorsqu'elle cessera, grâce à un sursaut salvateur, un instinct de survie à la lecture des journaux intimes de l'écrivain, la violence de cette histoire émergera enfin à la conscience.

Dans ce livre qui marquera son temps, l’auteure prend à son propre piège le prédateur sexuel et l’emprisonne définitivement dans son livre de papier. Une place qu’il aurait dû avoir depuis bien longtemps derrière des barreaux...

Alors que dit la loi sur les relations entre un majeur et un mineur ?

Suite à la publication du livre Le consentement, l'association L'enfant bleu a publié un communiqué de presse pour alerter les pouvoirs publics sur la problématique du consentement. "Aujourd'hui, la loi pose le principe de l'interdiction de relations sexuelles entre un adulte et un mineur de moins de 15 ans", détaille Michel Martzloff, secrétaire général de l'association L'enfant bleu.

"Il est impératif de définir clairement la majorité sexuelle à l’âge de 16 ans, moyenne d’âge posée par la majorité des pays sur la planète, estime le Dr Violaine Guérin, gynécologue et présidente de l'association Stop aux Violences sexuelles. Cette majorité sexuelle concerne la capacité non pas à donner un consentement, mais un consentement éclairé de ce qu’une relation sexuelle peut entraîner comme répercussion dans un corps et un cerveau de jeune mineur, dont les repères sont déjà très perturbés par les informations reçues de toute part dont la pornographie."

"La loi demande aussi à la victime, en l'occurrence le mineur, de démontrer qu'il y a eu violence, contrainte, menace ou surprise, déplore Michel Martzloff. La loi du 3 août 2018 a ajouté la notion de discernement, en précisant que la différence d'âge entre la victime et l'adulte peut être un élément justifiant la contrainte. Mais elle pose le problème du consentement : si le mineur ne peut pas démontrer qu'il a été victime de violence par contrainte, surprise ou menace, c'est qu'il est consentant ! Le viol, qui est un crime jugé en cour d'assises, est alors requalifié en atteinte sexuelle, qui relève du tribunal correctionnel. Ce qui est inacceptable ! La victime entend qu'elle n'est pas victime d'un viol mais d'une atteinte sexuelle parce qu'elle était consentante... "

Sur quels leviers souhaitent agir les associations ?

"Le concept d'atteinte sexuelle doit être supprimé, car il correctionnalise les viols sur mineurs. C'est un outil de l'omerta institutionnelle ! s'exclame le Dr Violaine Guérin. Ce concept est né soit de l'ignorance de la violence sexuelle, soit de la malveillance des personnes qui ont posé ce concept. En effet, la violence sexuelle sur mineurs est toujours réalisée a minima avec menace (manipulation et emprise), contrainte (manipulation et emprise) et/ou surprise (manipulation) chez un mineur."

"Ce que nous demandons, c'est de renverser la charge de la preuve, détaille Miche Martzloff Et de partir du principe que la surprise, la contrainte, la menace ou la violence sont présumées chez les enfant de 15 ans... Pour nous, c'est à l'adulte de dire stop. Un mineur peut aimer un adulte, la question n'est pas là ; il n'a pas l'éclairage suffisant et ne sait pas dans quoi il s'engage. Les gens ont du mal à l'admettre et ils pensent que des mineurs peuvent avoir des relations sexuelles en toute connaissance de cause mais on oublie totalement qu'à un moment, ils vont se réveiller et que leur construction psychique sera très compliquée, voire leur vie bouleversée, comme le montre le livre de Vanessa Springora."

Pour l'association Stop aux violences sexuelles, "il y a aussi la nécessité d'une qualification claire des infractions entre mineurs, comme les Canadiens l’ont inscrit dans leur code pénal, en l’absence de quoi tout le monde est démuni pour gérer les situations et bottent en touche, là où il y a urgence à mettre en soin jeunes victimes et jeunes auteur/es qui perpétueront la violence de demain."

"Le 119 est le numéro à appeler en cas de suspicion de violences, les gens ne risquent rien en signalant des violences, la seule chose qu'ils risquent, est de sauver un enfant... souhaite conclure Michel Martzloff. Les associations, comme L'enfant bleu, proposent des accompagnements juridiques et des suivis gratuits dans la durée."

Autre numéro d’urgence : 3919 pour « Violences Femmes Info »

Autre association : Allô enfance en danger »

 

Un documentaire pour sensibiliser aux violences gynéco et obstétricales

Rédigé le 17/01/2020 / 0

"Primum non nocere", En premier ne jamais nuire. Un principe fondamental du serment d'Hippocrate, prêté par tous les médecins lors de leur thèse... Lors des 7èmes Assises Internationales sur les violences sexuelles, un documentaire marquant a été projeté pour sensibiliser les professionnels de santé aux violences gynécologiques et obstétricales.  Il s'adresse en réalité à tous, soignants ou pas, victimes ou pas...Violaine Guérin, gynécologue et endocrinologue, auteure de « Comment guérir après des violences sexuelles ? », et organisatrice des Assises, a répondu à 3 questions.

Pourquoi ce documentaire ?

Il y a plusieurs objectifs à ce documentaire, réalisé par Eric Lemasson, à l’initiative de Nadine Knezovic, sage-femme au CHU de Strasbourg. Il est tout d’abord important de faire conscientiser aux praticiens que les gestes effectués « en routine » chez les patientes, peuvent faire revivre un traumatisme vécu pendant une agression sexuelle lors d’un frottis, d’une pose de stérilet, d’un toucher vaginal…

Ces gestes touchant à l’intimité, peuvent être ressentis par les patientes comme dérangeants, intrusifs en absence de toute malveillance intentionnelle de la part du soignant. Il est également essentiel pour les intervenants en gynécologie-obstétrique de savoir qu’un certain nombre de pathologies somatiques sont surreprésentées chez les personnes ayant vécu de la violence sexuelle. Des liens sont par exemple clairement établis aujourd’hui entre endométriose et violence sexuelle (1,2). C’est pourquoi lors de toute ouverture d’un dossier médical, la recherche d’antécédents de violences physiques, morales et sexuelles doit devenir systématique et ensuite lors de l’examen clinique, il est nécessaire d'expliquer les gestes que l'on va faire, en demandant l'accord de la patiente. Il faut aussi savoir ne pas forcément réaliser un frottis, pourtant motif principal de la consultation, lorsqu'une patiente vient de partager son histoire intime.

Les médecins savent de plus en plus qu'ils ne sont pas bien formés sur le sujet des violences sexuelles et peuvent se trouver démunis devant les réactions de certaines patientes et de la suite à donner si des paroles s’ouvrent. Nous devons aussi nous poser la question de la pertinence de tel geste ou tel examen et évaluer à nouveau nos pratiques, tout en prenant en compte le fait que précisément les personnes à risque de développer des pathologies gynécologiques sont pour beaucoup des personnes qui évitent les actes de dépistage.

Ce documentaire est destiné au corps médical mais de nombreuses personnes victimes l'ont trouvé très intéressant lors de la projection ; il leur a permis de comprendre qu'elles pouvaient refuser un geste. La conscience doit se faire de part et d'autre de la relation intimiste, nous devons être respectueux et dans l'échange...

Il faut dans tous les cas sortir du tabou des violences sexuelles ! Les médecins doivent se sentir aussi à l'aise pour poser la question des violences sexuelles que d’enquêter sur la consommation d'alcool durant la grossesse. Poser la question sauve des vies !

Y a-t-il des spécificités des VS faites par les professionnels de santé ?

Il y en a comme dans tout corps de métier. La relation patient/médecin, n’est pas une relation égalitaire. Les médecins sont en position « d’autorité » par rapport à leurs patients, en référence au « sachant ». Les patients viennent le plus souvent en position de vulnérabilité et de fragilité par rapport à une pathologie, ce qui crée un lien particulier qui peut entraîner le meilleur comme le pire.

Le "chirurgien des Charentes" qui violait les enfants sous anesthésie générale, c'est une facette de certaines violences sexuelles réalisées par des personnes du corps médical. La personne victime n'a pas le traumatisme en conscience en tête mais le corps qui a la mémoire de tout, s’exprimera à un moment.

D'autre part, il est important de réaliser que dans le corps soignant, il y a une surreprésentation de personnes ayant été victimes de ce type de violences. Cela explique pourquoi certains soignants ne sont pas à l'aise, car ils n’ont pas fait de travail thérapeutique sur leurs propres blessures. C'est important de les encourager à suivre un parcours de soins...

Comment faire changer la situation actuelle ?

L'ouverture de la parole des victimes aide à faire sortir le sujet du tabou... Grâce à tous les témoignages, on arrive à faire changer la situation en élevant le niveau de conscience des gens, des victimes, des proches, de la société.

Le corps médical doit aussi avoir conscience des conséquences médicales physiques, autres que psychologiques. Il doit conscientiser la gravité des violences sexuelles sur le plan somatique, presque tous les champs de la médecine sont impactés... La formation initiale est donc fondamentale et il faut faire une large place au dépistage, au diagnostic et au soin des personnes victimes de violences sexuelles dans les programmes des facultés de médecine, mais aussi dans toutes les écoles des soignants : sages-femmes, infirmiers, kiné, …

Quand on entend les débats sur l'affaire Gabriel Matzneff, suite à la publication du livre Le consentement, c'est surréaliste ! Non, « ce n'était pas la période », non ! Des gens avaient conscience que cela ne devait pas se faire, comme Denise Bombardier qui a énoncé une alerte on ne peut plus claire. Il y a eu une omerta et des auteurs de violences sexuelles, en bande organisée, ont manipulé l’opinion en faisant croire que leurs victimes étaient consentantes... Encore aujourd'hui, certains auteurs disent que dénoncer ces violences est un retour du puritanisme, parlent de pulsions sexuelles des enfants et ils le disent tellement fort que cela peut en ébranler certains... En tant qu’endocrinologue, j’insiste pour rappeler qu’il n’existe pas de sexualité mais une génitalité chez l’enfant impubère, ce qui est très différent, et qu’il n’existe pas non plus de rythme biologique « pulsionnel » chez l’enfant, les cycles hormonaux gonadiques ne se déclenchant qu’après la puberté. Un auteur d’agression sexuelle manipule ses victimes mais également l’entourage, voire la science, et l’opinion publique… Réveillez-vous !

Autre affaire, avec le prêtre Preynat, dont le procès a débuté cette semaine. Ce monsieur a dit « ne pas avoir imaginé les dégâts que j'ai pu entraîner... ». Il y a à l’évidence un problème de conscience des répercussions pour beaucoup de monde, y compris pour le corps médical.

Fin 2020, après toutes ces ouvertures de parole de personnes courageuses et ce documentaire, plus un citoyen de la terre ne pourra ignorer que la violence sexuelle, c’est grave !

A voir sur Youtube :

Primum non nocere

  1. Harris HR et al. Hum Reprod, 2018, 33 (9): 1657-1668. Early life abuse and risk of endometriosis.
  2. Liebermann C et al. Maltreatment during childhood: a risk factor for the development of endometriosis? Hum Reprod, 2018, 33 (8): 1449–1458

 

 

 

Sexualité : quels bienfaits psychologiques ?

Rédigé le 10/01/2020 / 0

Si la sexualité a des vertus physiques, ses bienfaits les plus immédiats et perceptibles sont avant tout psychologiques. Shoot de bien-être, parfois moins de stress, un meilleur sommeil, ou une meilleure santé ? Qu'en est-il vraiment d'après les études ?

Un shoot de bien-être

Quel bonheur de partager un moment de connexion avec son/sa partenaire et encore plus de ressentir un orgasme, seul(e) ou à deux ! C'est un véritable shoot de messagers chimiques, comme les endorphines, l'ocytocine, la vasopressine, la lulibérine, qui envahissent le corps et provoquent un bien-être appréciable. Mais ce ne sont pas les seules vertus du sexe...

Réduire son stress : baisse du cortisol

Plusisuers hypothèses expliquent les effets de la sexualité sur le sommeil. Elle réduirait le stress, parce que l'activité physique diminue le niveau de l'hormone du stress (adrénaline, cortisol). Elle stimulerait la production d'ocytocine, l'hormone de l'attachement, notamment au moment de l'orgasme, ce qui peut aider à diminuer le stress. 

D'après le chercheur Bondy, le stress pourrait être également diminué par l'activité sexuelle en faisant appel au soutien émotionnel du/de la partenaire. Il modère les effets sur le stress en estimant que cela dépend de la qualité de l'expérience...

Un meilleur sommeil

Durant l'activité sexuelle et l'orgasme (seul ou à deux), plusieurs hormones sont relâchées dans le corps : les endorphines, l'ocytocine, la dopamine, la prolactine, la mélatonine. D'après l'institut du sommeil et de la vigilance, elles contribuent à favoriser l'endormissement. Une étude publiée en mars 2019 sur la perception du sommeil après une activité sexuelle (masturbation ou rapport) avec orgasme précédait un sommeil de meilleur qualité. 

"Les études sont contradictoires, confirme le Dr Desvaux. Cela peut donner un petit coup de pouce pour s'endormir mais l'effet n'est pas énorme. Cela dépend aussi du moment où l'activité sexuelle a lieu : l'après-midi,  on est juste détendu, sans envie de dormir. Le soir, on s'endort directement..."

De plus, si l'activité n'est pas vécue comme satisfaisante, si la relation entre les 2 partenaires n'est pas épanouissante, l'activité sexuelle ne favorisera pas le sommeil...  

Le sexe et l'amour, associé à un sentiment d'être en meilleur santé

D'après une étude portant sur plus de 3000 Américains, ceux dont la santé était la moins bonne était moins actifs sexuellement que les autres, et reportaient davantage de troubles sexuels. Ceux qui se sentaient en meilleur santé étaient plus actifs sexuellement. Et ceux qui étaient mariés ou dans une relation intime, étaient plus nombreux à se sentir en excellente ou très bonne santé... 

"Est-ce que l'on fait l'amour parce que l'on est en bonne santé ou l'inverse ?, s'interroge le Dr Desvaux. Quand on est vraiment mal, on n'a pas envie.... L'activité sexuelle est aussi un marqueur de bonne santé, car on n'est pas empêché  de le faire !"

Estime de soi et sexualité épanouie, l'oeuf et la poule ?

Une bonne estime de soi favorise une sexualité épanouissante, qui va entretenir positivement l'estime. "C'est variable, certains sont confortés dans leur valeur sexuelle par les rapports sexuels, d'autres non, nuance le sexologue. C'est notamment le cas avec un trouble sexuel. Mais c'est propre pour toutes les activités : si tu es un bon cuisiner, les autres s'extasient et cela fait du bien. Si on a une faible estime de soi, on a du mal à aller vers autres par peur de se faire rejeter...."

A lire aussi : Boostez votre estime de soi sexuelle 

"L'activité sexuelle aide-t-elle à être bien dans sa tête ? s'interroge le Dr Desvaux. Les personnes qui ont fait vœux de chasteté sont -ils plus mal que les autres ? Non parce qu'ils ont un projet de vie différent qui les épanouit... La relation amoureuse et l'attachement sont aussi une donnée importante dans l'équilibre. Indépendamment des bienfaits de faire l'amour, savoir que l'on est aimé de quelqu'un, fait encore plus de bien.

Les êtres humains ont encore plus besoin d'être amoureux que de faire l'amour... Les deux comptent mais quand tu es amoureux, faire l'amour est encore meilleur !"

 

Sexualité : quels bienfaits physiques ?

Rédigé le 06/01/2020 / 0

De l'orgasme à la spiritualité, le sexe offre une palette enthousiasmante d'émotions,  de sensations, seul et à deux (ou plusieurs dans le polyamour), de sentiments. Mais les études scientifiques confirment-elles les bienfaits allégués de l'activité sexuelle ? Cette semaine, faisons le point sur différents atouts physiques...

Que l'on soit célibataire se masturbant ou profitant des plaisirs d'un sexfriend, en couple de longue date ou tout récent, la sexualité a de nombreux attraits. Si tant est que l'on s'y intéresse et que l'on s'offre le luxe de découvrir ou redécouvrir de nouvelles façons de se toucher ou de toucher, de se caresser ou de caresser, de s'aimer soi ou l'autre...  Elle réconcilie avec son corps, quiconque savoure les plaisirs qu'il offre. Mais que disent les études sur les bienfaits physiques de l'activité sexuelle ?

La santé du cœur et des vaisseaux

Dans un Allodocteurs de 2011, le Dr Claire Mounier-Vehier, cardiologue, expliquait que "l'activité sexuelle est bonne pour le cœur parce qu'on libère des endorphines relaxantes, cela dilate les vaisseaux. Comme toute activité sportive, l'activité sexuelle est bonne. Il est conseillé d'avoir une relation sexuelle une à trois fois par semaine."

Plusieurs raisons expliqueraient les bénéfices cardio-vasculaires de l'activité sexuelle. D'abord, c'est une activité physique qui améliorent les muscles, les tendons et les articulations et favorisent les fluctuations hormonales. Ce que modère le Dr Desvaux : "ce n'est pas un effort intense. A fortiori, les liens entre les deux relèvent davantage d'un ressort psychologique." En effet, l'activité sexuelle avec un(e) partenaire renforce l'intimité de la relation, majore sa qualité et par ce biais, peut avoir des bénéfices sur la santé. Une mauvaise santé physique perturbait la qualité de la relation et la sexualité. Enfin, une relation et une sexualité de qualité pourraient diminuer le stress, qui est un facteur de risque connu sur le plan cardio-vasculaire.

Une autre étude avait conclu que les femmes qui avec des rapports sexuels "de bonne qualité" avaient un risque réduit d'hypertension (pas les hommes). D'après cette étude, une activité sexuelle avec pénétration vaginale serait associée à une meilleure protection cardio-vasculaire au stress.

Le risque de cancer de la prostate

Une étude, parmi d'autres, avait montré que plus un homme éjaculait, moins il avait de risque d'avoir un cancer de la prostate. "C'est vrai avec plus de 21 éjaculations par mois, il faut tenir un bon rythme tout de même, s'exclame le Dr Desvaux. L'accumulation de stress oxydatif de produits de dégradation, contenus dans le sperme, favoriserait l'inflammation de la prostate. Et l'idée est qu'il faudrait drainer les toxines (c'est comme buvez, éliminez...)." Bonne nouvelle, le risque diminue à partir de 13 éjaculations mais l'étude contient des biais, donc pas de panique si vous êtes en dessous...

La sexualité avec un(e) partenaire pourrait booster les défenses immunitaires. C'était la conclusion ambitieuse d'une étude qui avait comparé des femmes sexuellement actives avec d'autres abstinentes depuis plus de 4 mois. Certes, il y avait des différences entre les 2 groupes mais les résultats nécessitent d'être répliqués par d'autres études et seules 32 femmes avaient été incluses.