1. / Blogs
  2. / 100% psycho-sexo

100% psycho-sexo

100% psycho-sexo

Les préliminaires, ces mal-nommés !

Rédigé le 29/03/2019 / 0

Trop longtemps négligés, très mal nommés, les préliminaires font partie intégrante du rapport sexuel. Des baisers au cunnilingus et à la fellation, en passant par la masturbation et les massages érotiques, ils renforcent la complicité sensuelle et l'épanouissement sexuel du couple…

Quoi de plus excitant qu’un long baiser qui fait monter le désir lentement ? Les lèvres mordillent celles de l’autre, les langues s’enroulent, les mains qui errent dans les cheveux du/de la partenaire puis sur tout son corps... Ces instants où l'envie monte doucement est une étape primordiale de la sexualité ; ils offrent une (re-)connexion à l’autre mais aussi à soi et à son corps.

Les caresses de la peau sont extrêmement importantes et elles contribuent à la production d'ocytocine, l'hormone de l'attachement, qui renforce le lien amoureux. C'est une façon facile de l'entretenir sans effort, ou presque !

Le massage érotique offre aussi un moment de grande sensualité aux couples qui savent le savourer. C'est un espace plus doux qui permet aux corps de se retrouver, de se détendre, d'oublier les préoccupations et le stress. Libre au couple de déraper vers d'autres activités, si le cœur et le corps leur en dit...

Des actes sexuels à part entière

La sexualité des couples a longtemps été centrée sur la pénétration, point d'orgue du rapport sexuel. Cette conception phallo-centrée a relégué les préliminaires à un rang mineur et accessoire ! A tort puisque la masturbation (réciproque ou face à face), le cunnilingus ou la fellation, ou encore un 69, font parfois partie des préliminaires décidément très mal-nommés puisque ce sont des actes sexuels à part entière. Ils procurent un plaisir intense, voire amènent à la jouissance...

Et souvent plus facilement que la pénétration ! Toute aussi agréable soit-elle, elle n’est pas le meilleur accès à l'orgasme pour toutes les femmes. Entre 18 à 30% des femmes, selon les études, ont un orgasme avec la pénétration seule.

De nombreuses femmes apprécient les stimulations du clitoris (forcément, c’est l’organe du plaisir !), que ce soit associé à la pénétration ou pas. D’autres femmes raffolent du cunnilingus tandis que de nombreux hommes prennent grand plaisir à la fellation, qu'ils jugent particulièrement excitante.

Varier les plaisirs

Considérer les "préliminaires" comme un véritable rapport, apportera un peu de variété dans la vie sexuelle, qui a tendance à être similaire au fil du temps et à reprendre le même schéma. Le couple par exemple, optera pour une fellation, éventuellement un cunnilingus, et finira systématiquement par une pénétration vaginale. Bousculer le déroulement du rapport rompra les habitudes et offrira davantage de surprise, et par ricochet d'excitation et de plaisir.

Varier le lieu où l'on fait l'amour rompt aussi la monotonie. Si l'on aime le confort, le canapé est une option tentante mais toutes les pièces de l'appartement ou de la maison sont susceptibles d'accueillir les étreintes ! Les plus audacieux se laisseront aller à un petit quickie en extérieur, en prenant soin de ne pas être vus puisque c'est passible d'une amende... L'audace et l'interdit exacerbent bien souvent le désir et le plaisir !

Les jeux érotiques sont aussi là pour injecter de l'amusement dans la sexualité. Interdire la pénétration à son ou sa partenaire et faire monter la température à l'aide de ses doigts ou de sa langue se révèle souvent amusant et plaisant.  Les jeux de rôle sont aussi là pour sortir de son rôle habituel et découvrir de nouvelles façons d'être ; si les deux partenaires parviennent à incarner un autre rôle, ils risquent fort de se découvrir de nouveaux fantasmes et de connaître un aspect d'eux-mêmes insoupçonné. Avec à la clé, encore plus de plaisir.

Alors rendons enfin aux préliminaires leurs lettres de noblesse et savourons-les intensément...

Les mycoses, la rançon du sexe ?

Rédigé le 25/03/2019 / 0

Après les cystites, j'aborde aujourdhui les mycoses, elles aussi favorisées par les rapports sexuels. Une prise en charge adaptée permet de se réconcilier avec les plaisirs sexuels.

Si les hommes peuvent aussi avoir une infection du pénis (une balanite) suite à un rapport, elle passe habituellement plus rapidement que les mycoses féminines car l'anatomie quasiment fermée et humide du vagin favorise la propagation des germes.

La mycose se manifeste par des pertes blanchâtre, pâteuses et ressemblant à du lait caillé. Elles sont associées à des démangeaisons ou des brûlures au niveau de la vulve et/ou du vagin. La pénétration peut faciliter l'infection du fait des frottements entre le pénis (ou le doigt ou un godemiché), et la vulve et le vagin. Une lubrification insuffisante augmente le risque en facilitant les irritations et les microlésions. De plus, le pénis est porteur d'une flore microbienne qui lui est propre ; elle peut déséquilibrer celle du vagin et favoriser le développement d'une mycose. Une étude a aussi montré que le sperme pourrait contenir une substance facilitant la transformation d'un candida saprophyte en candida pathogène. Ce qui pourrait expliquer les mycoses post-coïtales.

Traiter de façon adaptée...

On prescrit habituellement un antifongique, comme le fluconazole en ovule, toujours associé à une crème au niveau vulvaire. En cas de mycose qui récidive, prendre un comprimé de fluconazole en dose unique est intéressant pour éviter les irritations du fait des utilisations répétées des ovules et de la crème. Et lorsqu'elles se répètent trop souvent (au moins 4 fois par an), les mycoses sont traitées par une gélule de 150 mg de fluconazole par semaine, durant 3 à 6 mois. Ce traitement très efficace permet de profiter sereinement des galipettes !

Attention, il est toujours préférable de vérifier à l'aide d'un prélèvement qu'il s'agit bien d'une mycose, ce qui n'est pas toujours le cas, même devant des symptômes qui paraissent évidents. Il s'agit parfois d'une hygiène intime qui agresse les muqueuses, d'une allergie suite à l'utilisation de lingettes, ou encore d'irritations provoquées par des pertes urinaires. Les traitements de mycose, inefficaces sur les symptômes car inadaptés, assèchent un peu plus les muqueuses et les irritent.

Le préservatif, souvent insuffisamment lubrifié, augmente le nombre de frottements mais il suffit d'ajouter du lubrifiant, en plus de celui inclus dans le préservatif, pour remédier à ce problème. Et même lorsque le couple n'utilise pas de préservatif, une muqueuse bien lubrifiée subit moins de frottements.

La mycose n'est pas contagieuse et elle n'est pas considérée comme IST ; le traitement du partenaire n'est pas systématique mais il est envisagé en cas de mycoses récidivantes qui pourraient créer des irritations chez le partenaire. Les rapports sexuels peuvent faire mal avec une mycose, autant les éviter quelques jours le temps que les lésions cicatrisent...

Certains facteurs de risque favorisent la récidive, comme une perturbation de la flore suite à un traitement antibiotiques, un pH très acide du vagin, un contraceptif très dosé en estrogènes, une infection sexuellement transmissible... Ils doivent également être pris en charge pour améliorer la situation.

Et prévenir...

Il est préférable de laver les sous-vêtements à plus de 60 degrés, de les choisir en coton, d'éviter les vêtements trop serrés, les endroits chauds et humides, de ne pas utiliser de cosmétiques et lingettes parfumées au niveau de la vulve et du vagin. Certains probiotiques vaginaux, peuvent avoir leur intérêt pour équilibrer la flore vaginale, même si les études laissent à désirer.

Mycose et cystite, la rançon du sexe ?

Rédigé le 18/03/2019 / 0

Du fait de leur anatomie, les femmes souffrent davantage de mycose et de cystite suite aux rapports sexuels. Pas de panique pour autant, quelques précautions permettent de diminuer les risques et de continuer à s'amuser.

La majorité des femmes connaissent les brûlures en allant aux toilettes, les besoins urgents, l'émission d'une petite quantité d'urines de façon répétée. Ces symptômes sont ceux de la cystite, qui est favorisée par les rapports sexuels pour plusieurs raisons. L'infection urinaire survient alors dans les heures qui suivent le rapport.

L'urètre, le canal par lequel est émis l'urine, est court chez la femme, en comparaison de l'homme chez qui l'urètre s'étend tout du long du pénis. La grande proximité de l'anus, de l'orifice du vagin et de l'urètre, expliquent la fréquence de ces infections : les germes, véhiculés par les mouvements du doigt, de la langue ou du pénis, remontent plus facilement dans l'urètre. Un autre phénomène peut intervenir, si le rapport est un peu long et/ou la vulve un peu sèche, cela provoque un échauffement local de façon mécanique et une inflammation de l'urètre.

Un nouveau partenaire, la reprise des rapports après une période d'abstinence, les débuts d'une relation où l'activité sexuelle est plus intense (on l'appelle alors la cystite de la lune de miel). Le traitement passera de passer le cap des premiers temps, le temps que le corps s'habitue à une autre flore microbienne que la sienne et aux rapports sexuels.

  • Traiter par antibiotique en cas d'infection

L'antibiotique est prescrit s'il y a bien une infection et il n'est pas rare si les cystites se répètent très souvent lors de l'activité sexuelle, de devoir prendre un antibiotique du type fosfomycine trométamol ou de la céfixime juste avant ou après le rapport sexuel (autre possibilité, prendre chaque mois de la fosfomycine à raison d'un sachet par jour pendant 5 jours, à répéter durant trois mois). Les douleurs et spasmes peuvent être soulagés par des anti-inflammatoires, comme l'ibuprofène, et un antispasmodique, comme le phloroglucinol.

  • Prendre en charge sécheresse, carence, constipation

Utiliser de façon systématique un lubrifiant durant le rapport permettra de diminuer les frottements irritants, et il en existe des gels hydratants à longue durée d'action pour hydrater la muqueuse sur plusieurs jours. Autre mesure incontournable : chercher des facteurs aggravants, comme une carence hormonale (lors de la ménopause), la sécheresse vulvaire à traiter par des estrogènes comme la promestriène, ou encore la constipation.

  • La prévention

Même si l'efficacité n'est pas totalement démontrée, certains urologues recommandent d'uriner après le rapport) et de boire beaucoup d'eau (1,5 litre au moins) et d'éviter les boissons irritantes pour la vessie, comme le champagne, le vin blanc, le cidre, la bière, durant 10 jours (source : article du Pr Haab, revue Genesis). Ajouter la prise d'un complément alimentaire comme la cannerberge même si son efficacité reste controversée, à la dose de 36 mg/jour de proanthocyanidine. Le D-mannose peut être recommandé, à la dose de 2 grammes par jour pendant 6 mois (source : Infectiologies).

La cystite n'étant pas contagieuse ni une infection sexuellement transmissible, le ou la partenaire ne doit pas être traité(e).

A suivre vendredi, Mycose, la rançon du sexe ?

L'orgasme, entre pression et intox...

Rédigé le 08/03/2019 / 0

Un sondage IFOP, paru en février 2019, dégage quelques tendances sur la pression de l'orgasme, la simulation et sur le fameux "gap orgasme, terme désignant les différences entre hommes et femmes.

1 210 personnes, représentatives de la population française et âgée de 18 ans et plus, ont répondu à un certain nombre de questions. Un sondage se fonde uniquement sur des déclarations et donc la bonne foi des participants. Toutefois, il donne un "instantané" potentiellement intéressant et dégage quelques pistes de réfléxion...

Simulation, hommes et femmes même combat ?

Près des 2/3 des femmes ont déjà simulé avec leur partenaire actuel(-le), soit deux fois plus qu'il y a 20 ans. 42% des hommes tout de même, même si les femmes le font plus régulièrement que les hommes (37% contre 22%), surtout que les moins de 30 ans plus soumis à la pression de la performance et de l'orgasme. Les raisons sont multiples et diffèrent un peu selon le sexe, mais il faut rappeler qu'en cas de difficultés à jouir, simuler envoie des informations erronées au/à la partenaire qui ne peut pas adapter judicieusement ses stimulations.

La pression de l'orgasme...

A la question "as-tu joui ?". 19% des hommes et 38% des femmes (dont 48% des moins de 30 ans) ont déjà menti. Mais 68 % et 72% des femmes se sont déjà vues poser la question, preuve que les femmes aussi ont du mal à savoir si leur partenaire a eu un orgasme. 34% des femmes ont déjà caché à leurs amis/ies qu'elles ne jouissaient pas dans leur couple (notamment les plus jeunes 49% de moins de 30 ans). 24% des hommes l'ont tu aussi, dont 72% des moins de 35 ans...

En 2019, il est encore très difficile d'assumer de ne pas jouir, soit par pudeur, parce que l'on a un peu honte, on culpabilise, ou parce que l'on veut renvoyer l'image du couple qui "s'éclate sous la couette", même si ce n'est pas le cas... Or il n'y a pas de honte à avoir ! On n'a pas toujours la tête à jouir et si par ailleurs, la sexualité est source de plaisir, qu'importe ?

Pour François Kraus, directer à l'IFOP, l'importance de la réussite sexuelle du couple a fait de la réciprocité du plaisir un tabou de plus en plus pesant. "Malgré l’exigence croissante de transparence en matière d’émotions intimes, la place décisive accordée à l’orgasme dans la réussite sexuelle du couple freinerait donc la libre-parole sur le sujet, en particulier chez les sujets en phase de construction de leur sexualité et/ou en début de relation. En cela, le succès d’espaces de discussions comme le compte Instagram @tasjoui est sans doute le reflet du besoin profond des femmes de pouvoir libérer leur parole sur le sujet."

Le "gap orgasme", info ou intox ?

On sait que les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant l'orgasme et que les hommes ont plus de facilité à jouir que les femmes, ce que les médias ont qualifié de gap orgasme (fossé de l'orgasme). Mais cette différence est-elle bien réelle ?

Le sondage confirme que davantage de femmes que d'hommes ont des difficultés à accéder à l'orgasme mais les hommes n'en sont pas exempts : 57% des hommes en ont déjà rencontré au cours de leur vie contre 78% des femmes. Et c'est souvent le cas pour 7% des hommes et le double de femmes. Le profil n'est pas le même : les femmes âgées de moins de 25 ans et diplômées du supérieur sont plus concernées, tout comme celles qui sont en relation stable depuis moins de 3 ans (ce qui peut signifier que des ajustements sexuels sont encore nécessaires). A l'inverse, les hommes concernés sont plutôt les seniors ou issus des catégories sociales populaires.

L'écart entre hommes et femmes se creuse si l'on observe les déclarations concernant le dernier rapport : un quart des femmes (26%) et 14% des hommes n'ont pas eu d'orgasme lors de leur dernier rapport (le sondage ne précise s'il y a eu du plaisir et si le rapport était malgré cette absence satisfaisant). Ce qui signifie tout de même que 74% des femmes et 86% des femmes ont joui durant leur dernier rapport et ne justifie pas vraiment l'emploi du terme de "gap orgasme" !

A lire aussi : Sexualité féminine, prenez votre plaisir en main

L'attention au plaisir de l'autre et la performance sexuelle

Excellente nouvelle, 76% des hommes et 87% des femmes trouvent leur partenaire attentif/ve à leur plaisir. 91% des hommes et 92% des femmes se disent attentifs/ves au plaisir de leur partenaire. L'orgasme est un "égoïsme partagé", pour reprendre la formulation du sexologue Sylvain Mimoun : chacun se concentre sur son propre plaisir tout en étant attentif (mais pas centré exclusivement) sur le plaisir de l'autre. 21 des hommes et 24% des femmes ont mis un terme à leur relation parce que le/la partenaire n'était pas attentif à leur jouissance.

44% des hommes (dont 74% des cadres supérieurs) et 26% des femmes ont déjà cherché des informations sur internet pour améliorer leurs performances sexuelles, ce qui est légitime : le coït est inné mais l'érotisme et le plaisir nécessitent un apprentissage. Lire des articles est donc une bonne façon de s'informer, si tant est que les articles soient de qualité et ne divulguent pas d'information erronée...