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La dépendance affective, quand l'amour rend dépendant

Rédigé le 27/04/2018 / 0

 

L'absence de l'être aimé les plonge dans des affres d'angoisse. Ils vérifient frénétiquement leur téléphone dans l'attente de nouvelles et n'acceptent aucune sortie au cas où ils pourraient le voir. Les dépendants affectifs vivent une servitude éprouvante au nom de l'amour. Ils nécessitent d'assainir leur façon de vivre la relation affective pour retrouver indépendance et épanouissement…

Les êtres humains sont interdépendants par définition. Cependant, certains sont plus ou moins indépendants que d'autres et il arrive qu'un excès de dépendance soit problématique et occasionne des souffrances. La dépendance affective (ou amoureuse) perturbe le fonctionnement de la personne qui en souffre, ou la stabilité de la relation de couple.

Quels critères ?

La personne dépendante a tendance à exister uniquement à travers sa relation sentimentale ou à travers l'autre. Elle vit en fonction de lui, de son emploi du temps, de ses disponibilités, dans l'attente qu'il lui accorde de l'amour, de la tendresse, du sexe ou encore de la sécurité. L'absence est angoissante, la peur d'un abandon guette, agir et vivre sans l'approbation de l'autre sont difficiles.

Elle accepte des choses qui sont pourtant inacceptables, elle présente souvent des comportements autodestructeurs, elle est incapable de rompre cette relation qui n'est pourtant pas bonne pour elle. Les personnes sujettes à la dépendance affective sont souvent incapables de nouer des relations saines.

La dépendance se définit aussi à travers le manque provoqué par l'absence et le retentissement sur la vie sociale ou professionnelle.

Quels profils ?

La dépendance affective touche majoritairement des personnes présentant des "déficits de construction" durant l'enfance, autrement qui n'ont pas pu acquérir des bases affectives solides, faute d'affection et de communication. Elles ont pu grandir dans un certain type d'environnement, marqué par la violence, l'alcoolisme, l'abus, la négligence, ou dans un milieu ne prenant pas en compte leurs besoins et leurs sentiments. 

Les dépendants ont tendance à avoir peu confiance en eux, et leur estime de soi est faible. Ils acceptent beaucoup de choses, ils font passer les besoins de leur partenaire avant les leurs. Ils pensent par ce biais éviter le rejet dont ils ont souffert enfant, mais c'est une façon inadaptée de combler leurs besoins.

Mais tout le monde peut être concerné un jour ou l'autre, notamment après un évènement qui fragilise comme un deuil, un choc, le vieillissement,…

Les différents types

La dépendance affective prend plusieurs formes, intellectuelle, financière, sexuelle, affective. Il peut s'agir d'un type spécifique de dépendance, comme la dépendance à la relation passionnelle (autrement dit à la première phase de l'amour où passion et sentiments sont intenses. Ce n'est pas à l'autre en tant que sujet dont on est dépendant, mais à cette phase passionnelle) ; la dépendance à l'autre décrit un attachement dépendant à l'autre qui n'est donc pas interchangeable. La drague compulsive peut traduire la dépendance au nombre de conquêtes, qui sont enchaînées, mais ce n'est pas pour cumuler les relations sexuelles mais c'est finalement y trouver une forme d'attachement affectif.

Comment en sortir ?

Quand la souffrance est trop grande, lorsque la dépendance met en péril le couple, il est important de se faire aider. Un travail sur soi est indispensable puisque comprendre l'origine de la dépendance, en analysant son enfance et adolescence pour identifier quelles failles se sont formées, quels besoins n'ont pas été assouvis permettra de mieux répondre à ces derniers.

Il nécessite de faire face à son angoisse et de travailler sur des reformulations pour ne pas se laisser envahir par les pensées erronées (il ne va pas revenir, il doit me tromper,…) en les reformulant de façon positive. Quand l'angoisse survient, différentes stratégies peuvent être mises en place : partir se balader dans la nature, méditer, prendre une douche froide ou chaude pour se concentrer sur des sensations physiques, effectuer une activité manuelle, artistique ou sportive,… Cultiver une vie familiale, amicale, sociale épanouie est un excellent moyen de sortir de la dépendance à une seule personne.

Un travail sur la confiance en soi est indispensable pour prendre conscience du fait que l'on est réellement aimable (au sens où l'on peut être aimé). C'est la base de toute relation de couple… Le partenaire peut aussi être impliqué dans la thérapie puisqu'il n'est pas simple d'être toujours sollicité par le dépendant affectif et de devoir toujours le rassurer. Cela permet d'améliorer les interactions entre les deux partenaires...

L'importance du regard dans la sexualité

Rédigé le 20/04/2018 / 0

D'après les poètes, les yeux sont une fenêtre ouverte sur l'âme… De la rencontre à l'étreinte, les regards se révèlent tour à tour séducteurs, tendres, excitants ou fusionnels.

La rencontre, qu'elle débouche sur une histoire sexuelle ou amoureuse, débute forcément par un échange de regard. S'il est soutenu, il y a fort à parier que quelques mots seront échangés, voire bien davantage… La magie du regard ne s'arrête pas là et elle joue un rôle tout au long de l'histoire d'amour. Les anglophones parlent d'ailleurs d'amour au premier regard pour désigner le coup de foudre. Les femmes ont bien compris l'impact du regard et si elles s'habillent de façon féminine ou sexy, c'est en vue de se sentir bien mais aussi d'être séduisantes et d'attirer le regard des mâles.

De l'excitation sexuelle à l'étreinte

Se regarder profondément et longuement offre aux amants la possibilité de se connecter à l'autre et de lui indiquer notre envie sexuelle. Les pupilles dilatées sont d'ailleurs un indice imparable de l'attirance (hormis dans les ambiances aux lumières tamisées !).

Les yeux jouent aussi un rôle dans les interactions sexuelles : regarder l'autre se dévêtir lentement, observer ses courbes ou sentir ses prunelles sur notre corps, se révèlent terriblement excitants.

De plus, échanger un regard est un mode de communication à part entière. Il se révèle selon les circonstances tendre, intense, cru, avide, doux, impérieux,... La palette des émotions et sentiments transmis sans mots, est infinie ou presque. Ils nourrissent la relation et ils sont souvent plus révélateurs que des paroles. D'ailleurs, l'échange intense de regard est davantage l'apanage des amoureux que des amants d'une nuit, qui mettront leurs yeux au service du ressenti génital et sexuel, et non du partage d'émotions et de la connexion.

Des différences entre hommes et femmes

Les hommes sont souvent plus visuels que les femmes et ils puisent dans le corps et le visage de leur amante de quoi alimenter leur désir et leur excitation. De nombreuses femmes préfèrent, elles, fermer les yeux durant l'étreinte, pour être plus réceptives à leurs fantasmes et mieux se concentrer sur leurs sensations. Elles gagneraient à ouvrir les yeux de temps en temps pour se connecter visuellement et émotionnellement à leurs amants. Les images sensuelles de leur ébat nourriront alors leur imaginaire érotique.

D'ailleurs, si les positions comme la levrette sont excitantes, elles sont souvent alternées avec d'autres, où les couples peuvent plonger leurs regards l'un dans l'autre. De quoi démultiplier le sentiment d'intimité et de fusion. Les yeux sont un accès privilégié à l'essence de son amant(e), de ses envies à ses plaisirs, de ses émotions à ses passions…

Quel est votre profil amoureux ?

Rédigé le 13/04/2018 / 0

Et si la psychologie nous aidait dans notre vie amoureuse ? C'est le pari de Véronique Kohn, qui a écrit Quel(s) amoureux êtes-vous ? Les cinq profils psychologiques pour aimer et être aimé*.

La psychothérapeute, spécialisée dans la relation de couple, a adapté le travail de Wilhem Reich, psychanalyste du début du 20ème siècle, sur les 5 structures de caractère. En adaptant à la relation amoureuse, elle offre quelques clés de compréhension.

Les cinq profils amoureux

  • Il y a le frileux qui préfère rester seul et s'isoler parce qu'il a peur d'être exclu. Son ou sa partenaire devra l'apprivoiser comme un chat sauvage et l'aider à intégrer qu'il mérite d'être aimé, alors qu'il s'est convaincu qu'il n'a pas besoin d'une relation.
  • L'altruiste estime ne pas être suffisamment aimable et il place les besoins de l'autre au-dessus des siens. Il faudra alors l'aider à s'aimer et à trouver sa vie intéressante, en sachant que sa peur principale est d'être abandonné…
  • L'alpha ne veut pas être dépendant ; il s’affiche fort et puissant et est terrorisé à l'idée d'être faible et de faillir. Il doit apprendre à faire confiance tandis que son ou sa partenaire doit lui faire toucher sa vulnérabilité.
  • Le planqué a tellement peur d'être rejeté s'il n'est pas conforme à ce que les autres attendent de lui. Alors il supporte tout et n'affirme pas son point de vue… Ce que celui ou celle qui l'aime devra l'aider à faire.
  • Le clivé sépare le cœur du sexe de peur d'être rejeté s'il offre son cœur et son corps. Il est soit clivé sentimental soit clivé sexuel. Il doit apprendre à s'abandonner totalement et son ou sa partenaire doit rester stable quand il se clive…

Alors 5 types sont-ils suffisants pour couvrir la diversité de la nature humaine ? "C'est la typologie de Reich mais certains en mettent 9 par exemple (le modèle de l’Ennéagramme). Moi je retrouve dans mes consultations ces 5 types." De plus, nous nous retrouvons dans 2 ou plusieurs profils, dans des proportions différentes.

Comprendre son mode de fonctionnement

Selon la psychologue, l'enfance et ses traumatismes expliquent les choix et les comportements amoureux qui se répètent. "Le parcours traumatique, la culture, l'éducation, la mentalité, l'époque, tout cela influence nos comportements amoureux. Mais j'ai orienté le livre selon les stratégies d'adaptation liées aux blessures de l'enfance parce que ces conditionnements nous emprisonnent, on a peu de choix finalement…"

Que les traumatismes soient mineurs ou majeurs, nous en vivons tous durant l'enfance : "la définition d'un traumatisme est qu'à un instant T, la personne se sent en danger (attaquée ou forcée à faire quelque chose) et le cerveau reptilien, socle des réflexes de survie, se met en route. Si je me sens impuissant, je ne peux ni fuir ni attaquer, alors je me fige. Et ce figement est une des conséquences du traumatisme. De nombreux passent comme anecdotiques, comme une claque ou être enfermé dans la voiture, alors que tout cela a une répercussion sur la physiologie, à chaque fois que l'on se sent impuissant. Du coup, on veut maîtriser, on prend le contrôle soit sur soi-même en gérant en maîtrisant ou en se méfiant… ou on a envie de prendre le contrôle sur l’autre en le fliquant, en souhaitant obtenir un changement chez lui."

Et mieux vivre sa vie de couple

Identifier son mode de fonctionnement et ses croyances est la base pour se déconditionner. "Le but est de modifier le "formatage" à cause de son profil et de ses conditionnements qui s'activent malgré nous, reprend la psychologue.. Les disputes s'expliquent par la réactivité l'un à l'autre, parce que selon son profil, il y a des croyances, des émotions et des comportements différents qui nous poussent à réagir." Lorsque l'on se connaît mieux et qu'on apprend à décoder son partenaire, on peut modifier nos comportements, avec plus de tolérance, d'écoute et moins de réactivité.

Travailler sur soi peut se faire seul grâce au développement personnel ou avec un psychothérapeute. C'est l'option recommandée par la psychologue : "ce travail d'introspection permet de mieux se connaître et de mieux connaitre l'autre. La communication sera plus fluide." Il est évidemment préférable de ne pas attendre une grande souffrance pour consulter, et de faire de la médecine préventive, en agissant avant d'avoir des symptômes. On devrait tous consulter pour prendre conscience de ces formatages et pour alléger nos conditionnements, nos croyances sur la vie et les autres. On élargit ses options de comportements et de croyances et on a un cadre plus large. On se donne plus son cœur à l'autre, on arrête de se méfier, de se protéger. On se fait davantage confiance sur sa capacité à gérer une rupture parce que l'on a grandi…"

* Quel(s) amoureux êtes-vous ? Les cinq profils psychologiques pour aimer et être aimé*. Véronique Kohn. Editions Tchou.

Quelle sexualité pour les jeunes autistes ?

Rédigé le 06/04/2018 / 0

Le 2 avril célébrait la journée mondiale de l'autisme. La sexualité des jeunes autistes reste taboue mais pourtant réelle… Comment les accompagner ?

Si tous les parents s'inquiètent un jour à propos du moment où leur progéniture accèdera à la sexualité, ceux d'un enfant autiste le sont à un degré inimaginable. La sexualité relève à la fois des émotions, difficiles à appréhender et surtout à exprimer par les personnes autistes, ainsi que des codes sociaux dont ne disposent pas spontanément les jeunes avec un trouble du spectre autistique. Or les jeunes autistes aussi rêvent de l'amour ! La rencontre amoureuse est pourtant tellement plus difficile pour eux, faute de disposer des codes de séduction et des outils de décryptage du langage verbal et non verbal. Alors comment savoir si la personne en face d'eux a envie d'être davantage qu'un ami ? Ou à partir de combien de rendez-vous embrasser une fille ? Ces moments peuvent être source d'une grande incompréhension et d'une angoisse conséquence chez les jeunes autistes.

L'éducation sexuelle au cœur de l'apprentissage

C'est pour ces raisons multiples que l'éducation sexuelle est encore plus primordiale que chez les adolescents classiques ! La sexualité fait partie de la qualité de vie et les autistes ont des besoins et des désirs comme tout le monde. Pour leur expliquer la sexualité, de la rencontre au rapport, en passant par les codes amoureux ou la masturbation*, les parents et/ou les psychologues sont censés entrer davantage dans les détails qu'avec un adolescent lambda. Ils doivent inculquer les notions de respect, de consentement, avec des exemples concrets et explicites. Or il manque des outils pour accompagner les jeunes autistes dans la découverte de puberté, de la sexualité et de l'amour…

Un pays précurseur

Le Québec est en avance sur les autres pays, qui prennent souvent en compte la sexualité des ados autistes uniquement lorsqu'un problème survient. C'est notamment grâce à une psychologue sexologue, Isabelle Hénault, qui a une approche totalement différente. Elle choisit d'agir en amont grâce à l'éducation sexuelle et à la prévention.

La sexologue a donc créé un programme de formation destiné aux professionnels de santé pour les aider leurs patients autistes et Asperger à répondre aux besoins de leurs patients. Il est composé de 12 ateliers de 90 minutes sur des thèmes spécifiques comme l'amour, la sexualité, la contraception, la violence sexuelle. Les réponses sont concrètes et les professionnels de santé seront mieux armés pour aider leurs patients à identifier les émotions, à les décrypter et à les communiquer également.

Isabelle Hénault recommande de commencer tôt, dès l'âge de 8 ans, à transmettre les informations sexuelles, de façon adaptée à l'âge bien sûr (en distinguant les parties intimes du reste du corps et en apprenant à ne pas se dénuder en public). Plus on commence tôt cette éducation, plus on les aide à comprendre les comportements adaptatifs, les habitudes sociales, les aptitudes à communiquer (verbalement et non verbalement). Il faut leur donner accès à leurs habiletés, à rencontrer des gens et à avoir une vie sentimentale heureuse.

Le couple, axé sur la communication

Les personnes autistes peuvent tout à fait être en couple et d'après Isabelle Hénault, il y a moins de séparation et de divorce dans les couples dont un des partenaires est autiste ou Asperger, que dans les couples classiques ! Marie-Josée Cordeau tient un blog baptisé 52 semaines avec une autiste Asperger. Elle vit en couple avec un homme qui n'a pas d'autisme et elle estime que les autistes et Asperger ont l'habitude de s'adapter au monde qui les entoure et de faire des compromis, des qualités précieuses en couple… De son côté, son amoureux François fait également des concessions et il s'enrichit des différences de sa belle. Il la laisse dans sa bulle et sa routine quand elle a besoin de se ressourcer et ils se retrouvent pour partager confiance, complicité et intérêts communs.

Marie-Josée conclue ainsi son billet sur l'autisme et le couple : " Selon moi, la vie de couple est possible, mais au prix de beaucoup de respect des différences de chacun, des besoins sociaux moindres de la personne autiste, du respect de l’espace personnel de la personne autiste et d’une acceptation entière des différences de fonctionnement de part et d’autre." Mais la communication et au dialogue aplanissent fort heureusement les difficultés, que l'on soit autiste ou pas.

A voir : l'émission de télévision Une pilule, une petite granule sur la sexualité des jeunes autistes

A lire : Autisme, amour & sexualité

Et pour connaître des livres sur ce thème, c'est sur cette page

*voir le livre Ce que Tom aime Un livre sur la sexualité et la masturbation des garçons et des jeunes hommes avec autisme ou troubles assimilés. Kate Reynolds. Editions Autisme France